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Tarek Aziz meurt en homme d’Etat

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Publié par dans Politique ·
Tarek Aziz meurt en homme d’Etat
 
Après douze ans de détention, l’ancien vice Premier ministre et ministre des affaires étrangères de Saddam Hussein, d’abord condamné à mort, décède, le 5 juin, d’une crise cardiaque, à l’hôpital de Nassiriya selon les médias occidentaux, en prison selon Radio Chine Internationale.
Né en 1936 dans une famille chrétienne chaldéenne acquise à la cause du panarabisme, Tarek Aziz épousa les espoirs, gloires et souffrances des élites politiques arabes, durant la seconde moitié du XXe siècle. Dans les années 50, il rejoint les rangs du parti Baas, qui « associe le socialisme au panarabisme, qui lie l’homme à sa culture, à son vécu, à sa civilisation. » Subversif programme que voilà !
Il se livra aux troupes américaines en 2003.
Son décès survient peu après la publication du livre du prêtre Jean-Marie Benjamin : Irak, l’effet boomerang – entretiens avec Tarek Aziz (Balland). L’auteur révèle qu’il avait servi d’intermédiaire entre la DGSE et Tarek Aziz en novembre 2002 : le Président Jacques Chirac était disposé à accorder l’asile politique à Tarek Aziz. Son sens de l’honneur et de l’Etat dissuada le vice Premier ministre d’accepter l’offre française. Le bon côté de Jacques Chirac.
Il vécut donc en captivité, malade, mal soigné, sans bénéficier de la libération que l’ancien Premier ministre Maliki avait, le temps d’une campagne électorale, laissé espérer.
Patrick Denaud et Béatrice Bouvet lui avaient consacré un livre en  2000 : Tarek Aziz, le diplomate de Saddam Hussein (L’harmattan).
A l’heure où l’Irak est à feu et à sang, suite à l’agression conduite par les Etats-Unis en 2003, à la destruction systématique du pays et à une caricaturale politique de « Nation-building », la mort de Tarek Aziz tourne une page d’histoire.
Reste le souvenir de celui qui vécut et mourut en homme d’Etat dévoué à son peuple.
Gabriel Galice – Berne, le 9 juin 2015.



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