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Canton du Valais (Suisse): l'appartenance des élus en question

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Publié par dans Politique ·
Canton du Valais: l'appartenance maçonnique des élus en question

Le Grand Conseil du Canton du Valais (Suisse) a le projet d'obliger les élus valaisans à révéler leur appartenance aux organes de direction ou de surveillance de corporations, entreprises, établissements ou fondations de droit privé ou de droit public ainsi qu'aux clubs services ou loges maçonniques.
Cette obligation de dévoilement (des élus, des magistrats, etc.) est une vieille lune qui repose, en réalité, sur les sentiments antimaçonniques les plus tenaces selon lesquels l'appartenance à une loge maçonnique est en soi un acte nocif susceptible de porter atteinte à l'ordre public.
Dans sa grande sagesse, et parce que c'est aussi le droit, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) de Strasbourg a rappelé, dans un arrêt du 31 mai 2007, que cette obligation déclarative contrevenait directement aux articles 11 et 14 de la convention européenne des droits de l'homme (cf. l'arrêt Grande Oriente d'Italia di Palazzo Giustiniani c/ Italie). Cette obligation déclarative est discriminatoire et n'est fondée sur aucune justification objective et raisonnable si ce n'est sur des fantasmes relatifs aux soi-disant pouvoirs occultes de la franc-maçonnerie. On peut se demander par exemple pourquoi les élus appartenant à des églises ou à d'autres associations sans but lucratif échapperaient à cette obligation déclarative souhaitée par le Grand Conseil valaisan.
Enfin, cette obligation de dévoilement est une atteinte directe au respect de la vie privée et à la liberté d'association également protégés par la convention européenne des droits de l'homme.
Le Canton du Valais, membre de la Confédération Helvétique, ne peut l'ignorer puisque la Suisse est membre du Conseil de l'Europe depuis 1963 et a ratifié la convention européenne des droits de l'homme en 1974.


Philippe Lang, GM do GOS

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Une gousse de vieux fascisme dans la fondue valaisanne

Publié le septembre 5, 2015 par Jean-Noël Cuénod

Il en va toujours ainsi en Suisse. C’est dans les régions où les étrangers sont les moins nombreux que l’on vote le plus xénophobe. C’est dans les villes sans mosquée que l’on craint le plus l’érection des minarets.

Et c’est dans un canton où il y a peu de francs-maçons, le Valais[1], que l’on s’apprête à prendre contre eux des mesures discriminatoires. Inouï dans un pays, la Suisse, qui doit tant à la Franc-Maçonnerie dans la création de ses institutions démocratiques !
Le bureau du Grand Conseil valaisan propose, en effet, de contraindre les nouveaux députés à annoncer leur appartenance à une Loge maçonnique, sous couleur de transparence. Il ajoute les clubs de service (Rotary, etc). Mais ce n’est là que manœuvre.
C’est, en effet, la Franc-Maçonnerie et, elle seule, qui est visée. Ainsi, l’Opus Dei n’est-elle point désignée à notre connaissance. Le Grand Conseil du Valais se prononcera bientôt sur cette mesure discriminatoire. Passons sur le caractère
inapplicable de cette décision, si elle est prise. Et voyons plutôt ce que cette proposition nous révèle.

Cette histoire d’obliger les Francs-Maçons à se dévoiler est vieille comme le fascisme et l’intégrisme papiste, deux larrons qui ont souvent fait bonne entente.
Le chef ouvertement mussolinien des fascistes genevois, Georges Oltramare, avait publié dans les années 1930 des listes de membres des Loges du canton dans son torchon Le Pilori. De même, le colonel Fonjallaz, fondateur du groupuscule Fédération fasciste suisse, avait lancé en 1937 une initiative visant à interdire la Franc-Maçonnerie elle fut balayée par le peuple.

Plus récemment, en Valais, l’actuel conseiller d’Etat UDC Oskar Freysinger, dont on sait la place extrêmement extrémiste qu’il occupe sur l’échiquier politique suisse, avait proposé que les francs-maçons employés dans la fonction publique valaisanne déclarassent leur appartenance. La proposition avait été mise en échec au Grand Conseil du canton grâce à l’intervention du parlementaire radical Tornare.

Aujourd’hui, les anti-maçons valaisans s’y prennent d’une façon plus hypocrite en associant les Loges à un « lien d’intérêt ». Savoir qu’un député soit actionnaire de tel ou tel groupe financier ou économique, qu’il appartienne à tel syndicat, est souhaitable.

Cela relève de la sphère publique. Mais obliger un parlementaire à dire s’il est juif, musulman, athée, pratiquant ou non-pratiquant ou franc-maçon brise cette sphère privée qui est l’ultime rempart contre le totalitarisme.

Personnellement, je n’ai jamais tu mon adhésion à la Franc-Maçonnerie, tant en Suisse qu’en France. Mais une telle décision relève du libre-arbitre de chacun. Pour certains, la Franc-Maçonnerie fait tellement partie de leur sphère intime qu’ils n’entendent pas la transformer en sujet de conversation. Sont-ils indignes, pour autant, d’exercer un mandat politique ?

Cette démarche du bureau du Grand Conseil du Valais a été initiée – si l’on ose dire – par l’UDC et suivie par les catholiques-conservateurs qui ont aujourd’hui pour nom, Parti démocrate-chrétien valaisan. Ce n’est pas un hasard, si ces deux entités mènent la guerre contre la Franc-Maçonnerie.

Elles sont les héritières politiques et culturelles du fascisme et de l’intégrisme papiste de jadis qui se sont toujours opposés à la liberté de conscience. L’UDC et le PDC attaquent aujourd’hui la Franc-Maçonnerie sous l’angle de la transparence. Or, la
transparence absolue, c’est-à-dire celle qui cherche à fouiller les consciences personnelles et la vie privée, est ce que les dictateurs ont toujours imposé à leurs sujets.

C’est cela le totalitarisme, qu’il soit rouge, noir ou brun. Staline a persécuté les francs-maçons au goulag, Hitler les a expédiés en camp d’extermination, Mussolini les a bannis de la vie publique, Franco les a condamnés à mort. Et aujourd’hui, les islamoterroristes du Hamas veulent les anéantir comme ils le promettent dans leur charte.
Ah ça, mesdames et messieurs les blochéro-papistes, on peut dire que vous êtes en belle compagnie !

Pourquoi ces sempiternelles attaques contre la Franc-Maçonnerie par ces entités, en apparence, disparates ? Parce qu’elle propose un cheminement personnel vers une spiritualité sans dogme, par la libre interprétation des symboles ancestraux de la construction. Ce cheminement est intérieur et s’accomplit dans le silence.
Contrairement aux sottises récemment débitées à la radio romande, la Franc-Maçonnerie n’est pas une société secrète. Mais il est vrai qu’elle ne fait pas de prosélytisme actif, contrairement aux institutions confessionnelles, aux partis et
aux associations. On dit d’elle qu’elle est une société discrète. C’est une formule.
Je préfère la qualifier de société tournée vers l’intériorité.
Or, le papisme s’est toujours opposé à ce libre cheminement spirituel sans dogme, dans la mesure où justement, il se proclame gardien des dogmes de la conception vaticane du christianisme. Il est donc logique que cette institution s’oppose à tout ce qui promeut la liberté de conscience.

Tony Blair, faux socialiste mais vrai catholique converti, avec tout le zèle que cela implique, avait tenté, lui aussi, mais sans grand succès, d’obliger les fonctionnaires francs-maçons britanniques à se dévoiler.

Jadis, l’institution vaticane [2] a usé de la terreur, comme celle de l’Inquisition, pour imposer ses dogmes. Aujourd’hui, loué soit l’Eternel, elle a mis de l’eau dans son vin.
Mais ici ou là, elle tente de ranimer la flamme antimaçonnique dès qu’elle se sent en mesure de le faire. Ainsi, à Paris, au début de cette année, les hordes de Civitas, mouvement catholique intégriste, se sont-ils attaqués rue Cadet au siège du Grand Orient de France. Violemment.

D’une manière générale, toutes les formes politiques et sectaires qui veulent imposer leur conception du monde par la force, fascisme, communisme autoritaire, islamo- terrorisme et autres, vouent une haine sans borne à la Franc-Maçonnerie et l’ont
toujours persécutée.

Les anti-maçons ont pour argument qu’il faut contrer l’affairisme et le copinage, prétendue monnaie courante en Franc-Maçonnerie. Que des brebis galeuses broutent dans les prés de la Franc-Maçonnerie, cela peut arriver. Il y en a dans toutes les catégories de la population et au sein de toutes les associations, des sociétés d’anciens étudiants aux clubs de football. Mais un franc-maçon fautif n’entache pas toute la Franc-Maçonnerie.

De même, les curés pédo criminels ne portent pas atteinte à toute l’institution vaticane.
Dès lors, pourquoi s’attaquer à la Franc-Maçonnerie et à elle seule ? Ne serait-ce pas parce que, partout et depuis quatre siècles, elle constitue l’un des piliers des Lumières et de la Démocratie ?

Bien sûr, entre cette mesure hypocrite proposée par le Grand Conseil valaisan et les camps de concentration, il semble y avoir un abîme. Mais le passé nous a appris à quelle vitesse, cet abîme peut être franchi. On commence par ficher les parlementaires francs-maçons, puis on passera aux magistrats, aux policiers, aux fonctionnaires.

Et on finit toujours par les utiliser, ces listes, sinon pourquoi les ferait-on, je vous le demande.
Au mieux pour discriminer les francs-maçons, au pire pour s’en débarrasser.
Ce qui s’est passé hier, peut se reproduire demain. Il convient donc d’appeler un chat un chat, et la proposition du bureau parlementaire valaisan, une sacrée saloperie !
Puisque certains de nos politicards d’aujourd’hui ont une mémoire de diptère amnésique, il convient de remettre le Temple maçonnique au milieu de l’Histoire helvétique.
Et rappeler que le premier président de la Confédération, Jonas Furrer (illustration) co-rédacteur de la Constitution qui a donné naissance à la Suisse moderne, était Franc-Maçon, vénérable (président) de la Loge Akazia à Winthertour.

Cela nous change des lamentables farces blochériennes.

Jean-Noël Cuénod

Le secret maçonnique étant mal compris, ce blogue publiera une suite de textes sur ce fameux secret dont ceux qui en ignorent tout ne cessent d’en parler à tort, et surtout,

[1] A ma connaissance, ce canton compte trois Loges, toutes installées dans la partie valaisanne du Chablais, terre moins influencée par l’institution vaticane. A comparer à la trentaine de Loges vaudoises et à la grosse vingtaine de Loges genevoises.

[2] C’est à dessein que j’utilise les termes de « papisme », d’ « institution vaticane » et non ceux d’ « Eglise catholique » ou, selon le nom officiel, d’ « Eglise catholique, apostolique et romaine ». L’Eglise catholique, à l’instar des autres Eglises protestantes et orthodoxes, a pour mission de diffuser le message chrétien.
A ce titre, elle n’a pas à être évoquée dans un domaine qui relève de la politique.
En revanche, l’Eglise catholique recèle un autre aspect, celui d’une institution étatique, politique et idéologique avec son monarque, ses agents gouvernementaux, sa force de maintien de l’ordre et sa très active diplomatie.
Dès lors, c’est cet aspect – l’institution politique et non l’Eglise en tant que porteuse du message chrétien – qui est justiciable du débat politique avec toutes les critiques que cela peut comporter.

Jean-Noël Cuénod

Un plouc chez les bobos



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