CULTURE

Méthode de travail pour la mise en route des chantiers

  • Commençons par l’exploration de chaque labyrinthe
  • Inventorions la place qu’y occupe la Franc Maçonnerie
  • Envisageons celle qu’elle pourrait y prendre pour le bien de la société. Ce qui implique que nos propositions ne soient ni univoques ni manichéennes. Mais toujours adaptées aux réalités et soucieuses du progrès social.
  • Ces échanges peuvent s’effectuer à travers le site de D&DS. Certains thèmes vont attirer plus rapidement que d’autres les SS:. et FF:. C’est dans l’ordre de leur respectif avancement que nous pourrons nous réunir. Ainsi les thèmes exposés ci-dessous et les développements qu’ils auront suscités feront l’objet de Petits livres publiés par les Editions DDS.

Voici une série de labyrinthes culturels.

Ces labyrinthes sont accolés et souvent complémentaires. Si bien que l’on passe volontiers de l’un à l’autre. Ils portent évidemment des noms qui nous sont familiers:

1.- L’EDUCATION avec de prestigieux pédagogues tels que Ferrer, Freinet, Decroly, Pestalozzi, Montessori
2.- L’UNIVERSITE (du bon emploi d’Erasmus, les Grandes Ecoles, les ponts vers les grandes entreprises)
3.- LA FORMATION PROFESSIONNELLE Compagnons du tour de France ( et leur chef-d’œuvre, aboutissement de leur formation)
4.- LA COMMUNICATION, LES MEDIAS ET LA DIFFUSION DE LA PENSEE (La presse écrite, la radio, la télévision, Dazibaos, samizdats, livres, numérisation, Internet)
5.- LES STRUCTURES POLITIQUES INTERNATIONALES (avant et après Yalta, ONU, OTAN, et autres traités interafricains, latino américains et asiatiques)
6.- LES STRUCTURES FINANCIERES INTERNATIONALES (Avant et après Bretton Woods, avec analyse de la crise actuelle)
7.- MEDIATIONS INTERNATIONALES, NATIONALES, REGIONALES et autres
8.- LA CITOYENNETE (Montesquieu, Alexis de Tocqueville, De Gaulle, La Constituante genevoise)
9.- LITTERATURE & POLITIQUE (« J’accuse » d’Emile Zola, « La République » de Pierre Mendes France, etc.
10.-ARTS (Arts dits primitifs, peinture, sculpture, 7ème Art(Cinéma et TV)
11.-COOPERATION avec les pays en voie de développement
12.-L’ENVIRONNEMENT, le réchauffement de la planète
13.-LA SANTE, les pandémies, la grippe A, la grippe H1N1, le paludisme, le sida, Alzheimer
14.-ORIGINE DU MONDE. Les grandes religions, les théologiens.

Le Labyrinthe culturel du XXIème siècle

Si l’on demande à cent personnes ce qu’est la culture, on aura à coup sûr presque cent définitions différentes. Car elles seront fonction du niveau social des individus dont elles émanent. Ainsi que de l’implantation géographique de ceux-ci. Le prisme mental de tout un chacun dépend des spécificités du pays où il vit. Les traditions et les croyances religieuses dominantes, qui peuvent formater les esprits, et la langue. Laquelle est une des deux principales barrières à la libre accession au savoir universel. L’autre étant le niveau économique, généralement exprimé par une donnée fallacieuse (PIB*) qui représente une moyenne entre les ressources des immensément riches et celles des morts de faim (sur)vivant dans une même aire géographique.
Laquelle constitue une sorte de labyrinthe dont seules les principales artères sont identifiables par les étrangers. Car un labyrinthe est un paradigme. Autrement dit, une faculté de percevoir la réalité et de comprendre le monde. C’est ce qui explique l’addiction de Jorge Luis Borges pour les labyrinthes. Car il considérait que si notre monde continue d’exister, c’est qu’il est un labyrinthe. Faute de quoi il n’y aurait qu’un permanent chaos.
Sans doute, sans le formuler, bien entendu ainsi, nos lointains ancêtres attribuaient-ils une signification ésotérique aux labyrinthes. Car on en trouve de nombreux dans sites préhistoriques.
En tous cas, de nos jours, les labyrinthes sont omniprésents dans nos vies. C’est tellement évident que l’on n’y prête pas garde.

Ces labyrinthes sont  accolés et souvent complémentaires. Si bien que l’on passe volontiers de l’un à l’autre. Ils portent évidemment des noms qui nous sont familiers :

– L’EDUCATION avec de prestigieux pédagogues tels que Ferrer, Freinet, Decroly, Pestalozzi, Montessori
– L’UNIVERSITE  (Du bon emploi d’Erasmus, les Grandes Ecoles, les ponts vers les grandes entreprises)
– LA FORMATION PROFESSIONNELLE
– LA COMMUNICATION, LES MEDIAS & LA DIFFUSION DE LA PENSEE (Dazybaos, samizdats, Ruedo Ibérico, papelìgrafos, livres, numérisation, Internet)
– LES STRUCTURES POLITIQUES INTERNATIONALES  (Avant et après Yalta. ONU, OTAN et autres traités interafricains, latino américains et asiatiques)
– LES STRUCTURES FINANCIERES INTERNATIONALES  (Avant et après Bretton Woods, avec analyse de la crise actuelle)
– MEDIATIONS INTERNATIONALES, NATIONALES, REGIONALES et autres.
– LA CITOYENNETE (Montesquieu, Alexis de Tocqueville, De Gaulle, la Constituante genevoise)
– LITTERATURE & POLITIQUE ( » J’Accuse  » d’Emile Zola,  » La République  » de Pierre Mendès France, etc)
– LA COOPERATION  avec les pays en voie de développement.
– L’ENVIRONNEMENT, le réchauffement de la planète
– LA SANTE, les pandémies, la grippe A, la grippe H1N1, le paludisme, le sida et les autres maladies vénériennes
– L’ORIGINE DU MONDE. Les grandes religions, les théologiens les plus éminents et les véhéments contempteurs tels Michel Onfray         et Stéphen  Hawkins.
– LA DECOUVERTE DE L’ESPACE
– L’ENERGIE NUCLEAIRE CIVILE ET MILITAIRE
– ETAT ACTUEL DES CONNAISSANCES SCIENTIFIQUES ET DE LA RECHERCHE FONDAMENTALE.

Cette liste n’étant pas exhaustive, il est évident que la Commission Culture de DDS a du pain sur la planche. Aussi a-t-elle besoin de la collaboration active des SS:. et des FF:. qui sont porteurs de savoirs et d’expériences susceptibles d’animer des débats instructifs.

Les labyrinthes ci-dessus évoqués, et une kyrielle d’autres font partie de l’immense territoire labyrinthique que représente la culture mondiale. Leur agglomérat comporte des aspects similaires et d’autres qui présentent des différences abyssales. On ne sort que trop facilement de ceux qui sont essentiels, contrairement au Dédale crétois. On est fréquemment appelé à abandonner tel labyrinthe (Par exemple celui de la géographie) pour chercher un complément d’information et devoir entrer dans celui d’une autre discipline (Disons, ici, l’histoire). Ainsi sont fréquentes les entrées et les sorties dans les labyrinthes que nous impose la vie. Elles sont momentanées ou définitives. On peut ainsi abandonner  des études, sans aller jusqu’à la sortie normale, celle du doctorat ou d’un diplôme équivalent
Car les émules de Bernard Palissy ne sont pas légion. Mais aussi, souvent, parce que les circonstances sont parfois très hostiles aux vocations les plus affirmées. De sorte que tout ce qui, dans la culture, n’est pas directement utilitaire fait souvent l’objet de la dérision : Qui n’a pas entendu :  » La culture, c’est comme la confiture, moins on en a et plus il faut l’étaler »
Même si la chanson de Georgius est aujourd’hui bien oubliée, la charge contenue dans le  » Lycée Papillon « *1 participe d’un mépris pour le savoir qui n’a pas disparu des chaumières, en dépit du Ministère de la Culture et autres géniales innovations d’André Malraux.
Tout comme il a servi de fer de lance pour instaurer plusieurs dictatures.

Nous avons tous en mémoire la fameuse phrase attribuée à Hermann Göring ou à Joseph Goebbels, alors qu’elle serait en fait une création du  » barde de la SS « , Hanns Johst :  » Quand j’entends le mot culture, je sors mon revolver.  On connaît moins, dans l’aire francophone, l’affrontement tragique qui a obscurci la dernière période de vie du grand philosophe Miguel de Unamuno. Il s’était fourvoyé dans le camp des franquistes, c’est-à-dire l’équivalent espagnol des fascistes et des nazis.
Au cours d’un repas qu’il présidait, à Salamanque, il a été interloqué d’entendre le général Millàn Astray lancer   » Viva la muerte « . Ce qui était le cri de ralliement de la Légion espagnole, dont Astray était fondateur. Alors Unamuno s’est levé et, blême, il a flétri ce qu’il venait d’entendre :  » Un cri imbécile. Ce n’est pas parce que celui qui l’a poussé est handicapé (Astray était borgne) Cervantès l’était…  » Puis il a ajouté, péremptoire,  » vous vaincrez mais vous ne convaincrez pas « . Unamuno s’est référé au fait que Cervantès était manchot, puisqu’il avait perdu un bras à la bataille de Lépante. Mis aux arrêts Unamuno est mort de chagrin. Le franquisme a vaincu, a perduré pendant 40 ans -grâce à la compréhension, pour ne pas dire la complicité de pays démocratiques- et a laissé un pays exsangue du point de vue culturel. Un pays qui porte encore les stigmates  de ces quatre décennies de pensée unique et imposée.

Celle-là même qui contraignait les amants de la démocratie et de la liberté, du temps de l’URSS, à ne pouvoir s’exprimer que par le  biais de samizdat. Celle-là qui imposait aux citoyens chinois le  » catéchisme  » dit Petit Livre rouge du camarade grand timonier Mao Zedong. Ou à leurs voisins Cambodgiens, le Petit livre rouge de Pol Pot.

Certes, les temps ont changé, et la Chine communiste est devenue le plus grand atelier du monde. Ainsi que le plus important créancier des Etats-Unis…et le pays où coexistent des millions de chinois sans feu ni lieu, et le plus millionnaires en dollars que nulle part ailleurs. Ce qui fait que les dirigeants du pays de Confucius tiennent à conserver, intra muros, les structures qu’ils maîtrisent. Aussi font-ils en sorte que leurs concitoyens n’aient pas un libre accès aux médias étrangers, via l’Internet.
Car toutes les dictatures craignent les manifestations de la liberté de pensée, et la contagion démocratique qu’elles peuvent entraîner. Peur de toute forme d’art. Car celui-ci est par essence subversif et pacifique. Il bien des codes esthétiques établis, pour en explorer d’autres. Mais ses seules victimes sont la pensée unique, les  » m’a-tu  » et les pédants au savoir superficiel.

Ces faits établissent combien la culture est indispensable au maintien et à l’approfondissement de la démocratie. Son rôle étant d’enrichir les connaissances de chaque citoyen(ne) pour étayer sa personnalité. De sorte qu’elle génère des véritables laboratoires d’idées pour tout ce qui concerne la vie sociétale. Parce qu’elle est un bien commun à tous, elle conduit à apprécier et à respecter autrui dans ses différences.
Car la culture est indispensable à tout un chacun.

Quelle que soit sa nationalité, tout(e) citoyen(ne) est concerné(e) par la culture. Car ce terme recouvre l’ensemble des connaissances qui peuvent être acquises pour développer le sens critique, le goût et le jugement. Tout comme l’ensemble des connaissances nécessaires à l’exercice d’une profession déterminée. Ainsi que, plus encore, à la compréhension du monde complexe dans lequel nous vivons.

L’aspect majeur et universel de la culture est proclamé par l’UNESCO (Acronyme anglais de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture), sise Place Fontenoy à Paris. Aujourd’hui dirigée par une remarquable femme Bulgare, Irina Bokova, cette institution précise que,   » Dans son sens le plus large, la culture peut aujourd’hui être considérée comme l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, techniques,  intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l’être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances. « . Cette définition cerne parfaitement l’aspect multiple et universel de la culture. Laquelle, s’appuyant sur une sorte d’archéologie du savoir, implique des interactions et des  échanges malgré les différences dans les modes de vie.

Dans le domaine de la philosophie, on considère que le terme culture s’applique à tout ce qui n’est inné mais tressé au fil des siècles par les acquis humains.

Dans notre société actuelle, par la puissance des  » étranges lucarnes « , autrement dit des télévisions, porte le  » panem e circense  » jusque dans les foyers les plus démunis. Tout est marchandisé. Même des émissions qu’un  abus de langage qualifie de « culturelles » servent d’adjuvant pour faire passer les messages des  » fils de pub « , suivant l’expression de Jacques  Séguéla que, si l’on ne peut se payer une Rolex à 50 ans, on a loupé sa vie.   
  
Ce qui implique de ne sortir qu’à la bonne porte du labyrinthe sociétal. Celle qui est signalée par le panneau  » Fric « . Pour l’atteindre, il faut payer la série de péages que sont l’abandon de l’esprit critique et l’allégeance sans condition.
Ce qui est une grave manière de déserter le soutien de la démocratie.
Tout comme le serait la critique systématique et la non collaboration aux laboratoires d’idées, tels qu’entend les susciter le Club Dialogue & Démocratie Suisse.
Le cerveau humain est manifestement un vaste palimpseste, en constante expansion pendant la presque totalité de la vie. Chaque découverte que nous faisons, chaque image et chaque idée qui retiennent notre attention paraissent s’être estompées de notre mémoire. Mais elles sont là, entreposées dans notre cerveau, parmi des couches innombrables d’idées, d’images et de sentiments. Il suffira de circonstances apparemment irrationnelles pour faire ressurgir tel détail, telle précision, dont on ignorait qu’ils demeuraient dans notre mémoire.
Un prolongement de cette faculté cervicale de l’humain, se retrouve dans les encyclopédies.
Il suffit, pour s’en convaincre, d’en consulter une.
Prenons l’exemple de l’Encyclopaedia Universalis. Elle propose 60.000 entrées. Elles permettent d’accéder à des points précis de ce vaste labyrinthe. Lesquels, invariablement, invitent à en visiter d’autres, qui sont autant d’entrées que de sorties momentanées.
Nous avons tous fait cet usage du dictionnaire, en ignorant que nous visitions un labyrinthe.
Tout comme M. Jourdain faisait de la prose sans le savoir. Et chacun pourrait dire, à l’instar d’Anatole France qu’il  » a fait l’école buissonnière dans un gros dictionnaire « 

Où intervient le palimpseste linguistique

Nous n’avons jusqu’ici envisagé que la difficulté qu’il y à entrer dans un labyrinthe et à en sortir en tirant un bénéfice culturel de notre périple.
Mais il reste à affronter celle qui est majeure. Elle est née, d’après la Genèse (11,1-9) à Ur, en Mésopotamie (Aujourd’hui, Irak).
Les humains auraient offensé Dieu en construisant une ziggourat dans l’intention de pénétrer les cieux. D’où l’image qui nous est transmise de la Tour de Babel, où l’on s’exprimait dans une langue différente à chaque étage. En tous cas, disent les écritures,  » Tels furent les fils de Japhet, d’après leurs pays et chacun selon sa langue… « 
Certes, nul n’est aujourd’hui tenu d’avoir le génie d’un Champollion parvenant à déchiffrer la Pierre de Rosette. Il existe d’excellents dictionnaires pour parvenir à appréhender le sens général d’un texte…à condition que l’on sache lire les caractères dans lequel il a été rédigé (Cyrillique, arabe, chinois, hébreu, latin) et que l’on ait pu bénéficier d’une immersion linguistique dans un pays où est pratiquée la langue considérée.
Sans entrer dans un fastidieux et impossible inventaire des langues actuellement en usage dans le monde, en voici un bref aperçu :
L’ONU possède 6 langues officielles : chinois, espagnol, anglais, arabe, russe et français (à noter que le portugais et l’hindoustani ne sont pas des langues officielles malgré leur nombre de locuteurs.) Les langues de travail du Secrétariat de l’ONU sont l’anglais et le français.
Il y aurait 6.703 langues parlées dans le monde. Le chiffre variant selon les sources, on ne peut affirmer que ce nombre soit totalement exact. Pour des motifs démographiques, le chinois est la langue la plus parlée.  Traditionnellement considéré comme la langue de la diplomatie, après s’être substitué au latin, le français s’est laissé distancer par l’anglais. Cette langue arrive aujourd’hui en tête au niveau commercial, et, de plus en plus, dans le domaine universitaire ; ainsi que comme langue officielle de nombreux États du Commonwealth. L’espagnol est la troisième langue la plus parlée après le chinois et l’hindoustani, et est parlé en Espagne, en Amérique latine, dans quelques pays d’Afrique et aux Philippines

En ce début du XXIème siècle, les sondages ont permis d’établir que les locuteurs des 21 langues les plus parlées dans le monde représentent 70% des habitants de la planète. On imagine quelle est la place des 6.603 autres langues restantes…et la difficulté de ses locuteurs pour faire connaître leur propre culture.
Ainsi les multiples inclusions et apports de termes étrangers dans chacune des langues existantes.
L’Histoire et la géographie y ont beaucoup contribué. C’est ainsi que le peuple de Malte, en majorité catholique nomme Allah le Dieu auquel il s’adresse pendant les offices religieux. Ce qui s’explique parce qu’il est géographiquement proche du Maghreb. C’est encore ainsi que bien des juifs qui ont été contraints par l’Inquisition à quitter l’Espagne, pour s’installer en Turquie, continuent de parler le Ladino. C’est-à-dire le castillan de Cervantès émaillé de turc.

Sans totalement tomber dans le Volapuk stigmatisé par De Gaulle, tous les médias commentent, par exemple, des concerts  » in live « . Dans tous les pays, les copains qui se séparent se saluent par un sonore  » Ciao ! « 
De là une sorte de palimpseste linguistique que favorisent les voyages internationaux.

Pangloss disait quelquefois à Candide :  » Tous les événements sont enchaînés dans le meilleur des mondes possibles ; car enfin, si vous n’aviez pas été chassé d’un beau château à grands coups de pied dans le derrière pour l’amour de Mlle Cunégonde, si vous n’aviez pas été mis à l’Inquisition, si vous n’aviez pas couru l’Amérique à pied, si vous n’aviez pas donné un bon coup d’épée au baron, si vous n’aviez pas perdu tous vos moutons du bon pays d’Eldorado, vous ne mangeriez pas ici des cédrats confits et des pistaches. « 
On pourrait dire aujourd’hui, suivant le pays du  » Candide  » auquel on s’adresse :
–         Car si tu as survécu  à Hiroshima, tu vis paisiblement à Tokyo
–         même si tu as dû porter l’étoile jaune tu as échappé à la Shoah, tu es maintenant un européen comme un autre
–         même si tu as été envoyé faire ton service militaire en Algérie, et que tu n’as pas eu le sort des Harkis.  
–         Tu as été avec Bigard en Indochine et maintenant te voilà retraité en Haute-Savoie
–       A chacun on pourrait ajouter à notre Candide actuel, à l’instar de Pangloss :  » Sans quoi ta principale préoccupation ne serait pas, actuellement, la fin de la crise. « 
 » Cela est bien dit « ,
répondra votre Candide,  » mais il faut cultiver notre jardin « .


*1   Extrait du  » Lycée Papillon  » :   Élève Labélure ? … Présent !
Vous êtes premier en histoir’ de France ?
Eh bien, parlez-moi d’Vercingétorix
Quelle fut sa vie ? Sa mort ? Sa naissance ?
Répondez-moi bien … et vous aurez dix.
Monsieur l’Inspecteur,
Je sais tout ça par cœur.
Vercingétorix né sous Louis-Philippe
Battit les Chinois un soir à Ronc’vaux
C’est lui qui lança la mode des slips
Et mourut pour ça sur un échafaud.
Le sujet est neuf,
Bravo, vous aurez neuf.
.* Le Centre d’Etudes Contemporaines de Barcelone  (CCCB) et Bancaja ont coproduit l’exposition Por laberintos  conçu par des éminents spécialistes des labyrinthes et étayé par des documents originaux et souvent inédits. Cette expo va en suite voyager vers d’autres cités. Pourquoi pas, un jour, à Genève?

Pour Dialogue & Démocratie
Nicolàs Muñoz de la Mata, ancien président de la commission culture


Déjeuner-débat

Vendredi 9 février 2012

Déjeuner-débat sur l’écriture
Conférencier: 
Chrystel Girod
Titre de la conférence:  « L’écriture… écrire différemment »

L’écriture créative … Écrire différemment

L’écriture : Pourquoi ne nous accompagnerait-elle pas pour le meilleur, pour le plaisir, pour la découverte de soi et des autres, pour approcher parfois l’art et même s’y installer. Pourrait-on reconsidérer l’écriture, non plus communément comme une terre inaccessible ou uniquement une partie récréative anodine ?
Comment déterminer les enjeux et de les mettre en relief ?
Soignons déjà notre premier outil, qui plus est, celui de tous, à l’oral comme à l’écrit : la langue.                                                               
Ce n’est pas le français qui  »  tirerait la langue « , ce sont toutes les langues et les cultures qui
seraient en danger. Agir pour la défense de sa langue et de sa culture, c’est aussi agir et reconnaître
les autres langues et cultures dans leur différence.
Aujourd’hui il est de bon ton de réclamer partout de la créativité, de postuler qu’il est urgent
de créer, de reconsidérer sans cesse les acquis, de ne pas s’endormir sur les succès. Quels efforts supplémentaires ou différents devraient être fournis, pour atteindre d’une part les jeunes (et aussi les
moins jeunes …) qui  ne comprennent pas très bien le pourquoi ni le comment de  » la défense et
illustration de la langue française « , d’autre part les seniors  qui vivent dans la peur de
l’anglais (plus exactement du globish qui est une autre histoire moins grave …)  qui ferait  » disparaître  » leur langue maternelle et de culture, et  enfin  ceux  qui pensent que la culture,  » c’est pour l’autre « ,
pour le privilégié, pour l’intellectuel ?

Réconcilier l’homme et la culture, c’est d’abord faire la démonstration qu’elle existe par
lui, pour lui et non contre lui. N’y aurait-il pas urgence de promouvoir des moyens suffisants pour décomplexer mais non pour simplifier ?
D’où viennent les souvenirs mauvais, les attentes contrariées, les croyances limitantes ?
Il est des ressentis  » de n’être pas à la hauteur par rapport aux autres « , ces autres qui se
serviraient de la culture comme d’une grille d’évaluation (par ex. les fameuses fautes
d’orthographe qui font la différence entre telle ou telle personne quant à son niveau d’études, une sorte d’ascenseur social). Certes  » bien écrire  » est souhaitable mais  » écrire  » l’est autant mais différemment.
Comment faire la démonstration que la langue est un outil qui forcément nous sert ?
Comment en cette langue, y aménager de la place pour de l’ailleurs et de l’autrement sans déclarer
la guerre aux gardiens de la grammaire, du style et des règles, qui sont les colonnes du temple ?
On ose parler (fautes ou pas) pourquoi n’ose-t-on pas toujours écrire ?  Proposons pour effectuer la transmission de ne pas toujours nous conformer au langage d’un groupe en ressassant des expressions prêtes à l’emploi, invitons les usagers du français à oser se servir librement  » dans la langue  » pour amener la rencontre avec la singularité de tous et  que des  » planches « , des écrits offrent la puissance de l’authenticité.
Intervenante :

Chrystel Girod

Pédagogue diplômée, professeur de langue et de civilisation  françaises.
Présidente- Directrice de l’Alliance française de Genève. Elle y crée et dirige notamment le Centre d’ingénierie culturelle. Elle fonde en 2003, le cabinet COCREATION s.a.
En 2008, certifiée par Créa-France et l’Université Descartes-Paris  » Expert en créativité appliquée à l’innovation « .
En 2009 nommée Chevalier dans l’ordre des Palmes académiques.

 » Je me donne des règles pour être libre  » (Georges Perec)

Vendredi 8 juin 2012

Déjeuner-débat sur J.J. Rousseau
Conférencier: Rémy Hildebrand
Titre de la conférence: Fraternité, démocratie: dialogue dans le cadre du tricentenaire de la naissance de J.-J. Rousseau

Document : Jean-Jacques ROUSSEAU : Les difficultés d’une démocratie véritable

Dans ce texte du Contrat Social, Rousseau s’attache à l’analyse de ce que serait une démocratie véritable, satisfaisant à toutes les exigences que semble sous-entendre son sens étymologique. Il pose ainsi pour principe qu’une telle forme de gouvernement relève d’un idéal inaccessible aux hommes, car par trop exigeant.

Pour ce faire, l’auteur commence par une analyse purement quantitative : si  » démocratie  » signifie  » pouvoir du peuple « , elle engage une participation et un engagement constant de celui-ci dans les discussions et les prises de décisions, ce qui s’avère difficile, voir contre-nature.
Par suite, cette implication collective requiert qu’un certain nombre de conditions pratiques soient satisfaites, faute de quoi cet exercice commun de l’autorité politique ne saurait être mis en œuvre : petit état, simplicité de mœurs, égalité sociale, et abolition du luxe.
En outre, ces exigences pratiques ne sauraient elles-mêmes aller sans une exigence morale, car seule la vertu, comprise ici comme qualité éminemment sociale, nous poussant à vouloir et à faire le bien, peut nous permettre de répondre à tous ces impératifs.
Enfin, et parce qu’elle sous-entend un débat d’opinions, lesquelles sont par nature changeantes et diverses, la démocratie nécessite de la part des citoyens beaucoup de volonté, voir de courage, pour être maintenue malgré l’instabilité caractérisant son fondement.
Nous le voyons donc, Rousseau, s’il ne remet pas en question la valeur théorique de la Démocratie, fait cependant de celle-ci un régime politique utopique supposant une nature humaine idéale.
Pourtant, comme tout idéal, le modèle démocratique semble d’un intérêt certain, et il serait dangereux de renoncer à sa mise en œuvre. Peut-être conviendrait-il en effet de réaffirmer avec force et conviction cette formule citée par

Rousseau :  » Mieux vaut une Liberté dangereuse, qu’une servitude tranquille « .

Du Grec Démos signifiant le peuple, et cratos, le pouvoir, le terme de Démocratie semble devoir désigner une forme de gouvernement où l’autorité politique ne serait pas l’apanage d’un individu ni même d’une élite, mais bien plutôt la propriété d’un peuple dans son ensemble. Ceci engagerait donc que toute décision soit l’expression, non d’une volonté particulière, mais générale, c’est-à-dire la traduction d’un intérêt commun qui ne peut transparaître qu’au travers de la confrontation des intérêts privés.
 » Il y a souvent bien de la différence entre la volonté de tous et la volonté générale ; celle-ci ne regarde qu’à l’intérêt commun ; l’autre regarde à l’intérêt privé, et n’est qu’une somme des volontés particulières : mais ôtez de ces mêmes volontés les plus et les moins qui s’entre-détruisent, reste pour somme des différences la volonté générale « . Rousseau ; Du Contrat Social.

Aussi semble-t-il nécessaire, pour le respect de l’idéal démocratique, que tous les citoyens participent au débat politique, et ce de façon systématique, faute de quoi les décisions qui pourraient être prises ne seraient plus véritablement adéquates à cette volonté générale ou volonté du peuple, posée comme fondement d’une telle forme d’état.
Cela dit, il semble difficile d’affirmer la possibilité d’une telle constitution.
En effet, l’idée même d’une autorité commune pose problème : en dehors de la société humaine, et de façon générale dans la nature, l’autorité n’est a priori jamais également répartie entre les individus. Certes, nous pourrions ajouter que généralement cette autorité s’acquiert par la force, et ainsi reposer le problème de ce fameux droit du plus fort, supposé dans la nature, et dont certains ont pu s’inspirer pour concevoir un modèle politique. Ainsi Hobbes en vint-il à user de celui-ci jusqu’à en faire l’essence même de ce grand Léviathan, Etat fort et autoritaire,  » pouvoir visible visant à tenir les hommes en respect, et à les lier, par la crainte des châtiments, tant à l’exécution de leurs conventions, qu’à l’observation des lois de nature.  » Hobbes ; Léviathan.

Mais ce serait oublier que ce terme de droit n’ajoute rien à la force, et que pour être légitime, une autorité, même politique, ne peut s’exercer et être maintenue que si ceux qui y sont soumis le sont en vertu d’une obligation morale, c’est-à-dire par devoir. Néanmoins, que cette autorité repose sur la force, ou encore sur un charisme ou une sagesse reconnue, et finalement, quelque soit le principe sur lequel elle s’appuie, elle n’est généralement la propriété que d’un petit nombre, et jamais de l’ensemble de la collectivité, puisque toujours elle renvoie à une caractéristique spécifique.
Par ailleurs, envisager l’exercice commun du pouvoir politique engage de la part des citoyens une disponibilité et une attention de tous les instants. Or, comment envisager qu’un peuple puisse rester incessamment assemblé ? Ce serait supposer une existence exempte de tout impératif particulier, ignore les contraintes de la vie quotidienne : travail pour subvenir à ses besoins, taches domestiques…, mais aussi prétendre un intérêt génral pour la vie politique et les affaires publiques (res-publica), ce qui ne semble pas garanti.
Faute d’une implication effective et constante de l’ensemble des citoyens, grande est la tentation de confier à des commissions, c’est-à-dire des groupes restreints d’individus, la tache de réflexion et d’entente préalable, nécessaire à toute prise de décision. Mais c’est là considérablement appauvrir le débat politique, et par suite dénaturer la démocratie véritable, qui ne peut s’appuyer que sur un débat public : la volonté générale ne saurait être obtenue et suivie dans de telles conditions.

Quoi de plus facile en effet, pour un petit groupe d’individus, que de se mettre d’accord sur une ligne de conduite, et, par suite, de tronquer les débats, d’influencer les décisions, en présentant comme solution raisonnée, des intérêts particuliers, ou bien encore en restreignant volontairement le nombre des choix offerts à des individus qui n’auraient pas pris le temps de la réflexion, et ainsi d’abuser de leur confiance en s’octroyant insidieusement un pouvoir et une autorité accrue, mais non légitime ?
Nous le voyons donc, la Démocratie, au sens étymologique, engage une constitution bien précise, ne souffrant aucune concession.
Or, il apparaît nécessaire qu’un certain nombre d’exigences pratiques soient satisfaites pour qu’un tel régime puisse voir le jour.

Tout d’abord, il ne saurait s’exercer convenablement sur un territoire trop vaste, ni s’appliquer à une population trop importante : assembler un peuple entier engage en effet que celui-ci puisse aisément et rapidement se regrouper et sous-entend donc une certaine proximité. Et dans la mesure où, non seulement chaque citoyen doit pouvoir prendre part au débat, mais encore où les décisions prises doivent viser l’intérêt général, et engagent donc une bonne connaissance des intérêts particuliers, seule une collectivité limitée pourra prétendre à une telle forme de gouvernement.
Secondement, et c’est un fait d’expérience, la multiplicité et l’hétérogénéité des habitudes de vie, la diversité des us et coutumes, favorisent toujours l’apparition de conflits au sein d’une société. Or, plus les difficultés sont nombreuses, plus les solutions sont complexes à découvrir. L’expression d’une volonté générale sera en effet d’autant plus aisée à dégager que les intérêts particuliers à surmonter et à concilier seront en nombre limité. En cela, une grande simplicité de mœurs semble donc bien nécessaire.

Ensuite, tout débat véritablement démocratique suppose que les interventions de chaque citoyen aient autant de valeur les unes que les autres, et donc qu’aucun n’est la possibilité d’acquérir ou d’exercer sur l’autre une plus grande autorité ou influence. Ceci ne semble pouvoir se réaliser que si règne au sein de la collectivité la plus grande égalité qu’il soit possible d’obtenir, tant dans les rangs que dans les fortunes. Car si celui qui dispose d’une certaine aisance financière pourra, sans que son confort en pâtisse, facilement se consacrer à la chose publique, il n’en va évidemment pas de même pour celui qui, pour subvenir à ses besoins, doit exercer une activité professionnelle. Par suite, cette inégalité risque également d’en faire apparaître une autre, puisqu’il est courant que le second dépende financièrement du premier, ou, à défaut, que le premier puisse exercer une influence directe ou indirecte sur le second, soit que l’un soit salarié de l’autre, et fasse preuve d’une certaine retenue, soit que l’autre, ou bien soit plus présent lors des prises de décisions et ainsi obtienne une plus grande influence, ou bien puisse exercer directement son autorité sur le premier.

Enfin, il convient que le luxe soit absent de la société démocratique, en tant qu’il représente, pour cette dernière, un danger. Cette exigence semble d’ailleurs pouvoir se déduire logiquement de la précédente, puisque le luxe, outre son côté inessentiel, et donc la superficialité qu’il engage chez l’individu qui le recherche, suppose également une inégalité sociale : le luxe ne peut être en effet que l’apanage de quelques uns dans la mesure où parmi les choses qui le caractérisent, nous retrouvons la rareté et le côté dispendieux. En sorte que l’objet de luxe peut devenir marque d’appartenance sociale, et donc affirmer les différences et par suite susciter la convoitise et créer les conflits. Cela étant, la recherche du luxe, en tant que recherche de l’inutile et du superflu, peut également amener à une perte des priorités et des valeurs fondamentales dont la Démocratie ne peut s’accommoder, et reste la marque d’un esprit commandé par les passions ou les désirs, et non par la raison. En cela, il est annonciateur bien plutôt d’un règne de l’opinion, que de la réflexion, et est donc nécessairement négatif.

De l’analyse des conditions requises pour l’exercice d’une Démocratie véritable, c’est tout naturellement que nous sommes finalement amenés à postuler chez le citoyen idéal une vertu sans faille, tant les exigences d’un tel régime sont nombreuses. La vertu en effet, parce qu’elle désigne toute qualité humaine nous poussant à vouloir et à faire le bien, semble indispensable à la réalisation et au maintien d’une telle société politique.
A noter cependant que ce n’est point là une spécificité de la Démocratie, mais que de façon générale, tout état, en tant qu’il suppose une forme de contrat, même tacite, et en tant que sa pérennité dépend du respect de ce contrat et par suite de la constitution, suppose ces qualités éminemment sociales que la vertu désigne. Si l’état vise le bien de la société, le fondement de l’état doit renvoyer et s’appuyer sur la volonté des citoyens d’accéder au bien commun.
Mais il est vrai que, parce qu’elle engage le peuple dans son ensemble, et que son essence est la volonté du peuple, la démocratie, plus que tout autre régime, engage cette vertu, faute de quoi la multitude des conflits d’intérêts particuliers rendrait bien vite impossible son fonctionnement ou la rendrait inefficace.

La Démocratie est donc bien un régime exigeant, mais aussi extrêmement fragile et instable, ce qui se laisse aisément expliquer par l’essence même de son fondement, à savoir la volonté générale. Celle-ci en effet n’est pas assimilable à la volonté de tous, mais n’est que le résultat de l’entre destruction des volontés particulières ou opinions qui s’opposent. Or, par définition, les opinions sont changeantes et mal assurées, d’où une volonté générale quelque peu lunatique dont les renversements et contradictions successifs expliquent nécessairement conflits et luttes intestines. Il faut pourtant parvenir à dépasser ces oppositions et sauvegarder la forme de la république, ce qui exige de la part des citoyens courage et constance, mais aussi vigilance, afin de veiller au respect de la constitution et des institutions.
En ces circonstances, l’on pourrait concevoir que parfois les citoyens renoncent et abdiquent face aux difficultés, mais il faut faire un choix : la liberté ou la facilité. Si la démocratie est aussi idéale qu’elle paraît, et si grâce à elle notre liberté et nos droits peuvent être garantis, les efforts et concessions qu’elle demande valent certainement la peine d’être endurés. D’où cette affirmation riche de sens et qu’il conviendrait de toujours méditer :  » mieux vaut une liberté dangereuse qu’une servitude tranquille « . L’homme doit se donner les moyens de sa liberté.

Ainsi la perfection d’un tel régime est évidente, mais semble finalement sérieusement contraster avec notre nature véritable, et il n’est pas certain que l’homme puisse répondre et satisfaire autant d’exigences.
Mais, plutôt que de renoncer à un tel idéal, ne devons-nous pas accorder aux hommes le bénéfice du doute et leurs laisser une chance de l’atteindre ?
© GUICHARD Jérôme.


Vendredi 9 novembre 2012

Déjeuner-débat sur J.J. Rousseau
Conférencière: Yvette Matta
Titre de la conférence: Jean-Jacques Rousseau :  « Génial compositeur ou provocateur avisé parmi les musiciens de son temps »



Vendredi 14 décembre 2012

Déjeuner-débat sur l’initiative Fonjallaz
Conférencier: Alain Marti
Titre de la conférence: Commémoration des 75 ans du rejet de l’initiative Fonjallaz

Résumé: L’initiative Fonjallaz
Une demande d’initiative populaire, portant 56.000 signatures, a été déposée à la Chancellerie fédérale dans le dessein d’obtenir l’interdiction légale des soi-disant «sociétés secrètes» telles que FRANCS-MAÇONS, ODD FELLOWS, UNION, et sociétés similaires. Par un amas de mensonges, de calomnies et d’altérations de toute nature, les Fronts, les Ligues et certains milieux catholiques ont excité un grand nombre de citoyens à tel point que ceux-ci ont fini par apposer leur signature sur les listes. Là où ces manœuvres échouèrent, on eut recours aux épouses qui furent induites, sur la foi d’informations mensongères, à signer pour leurs maris, ce qui constitue naturellement un délit. Par des machinations de ce genre on est parvenu à réunir le nombre de signatures nécessaires et, maintenant, le peuple suisse va être appelé à faciliter la réalisation des projets des Fronts et Ligues en faisant la première brèche dans le droit d’association garanti par la Constitution.
Nous espérons fermement que le peuple saura reconnaître ses véritables ennemis et refusera de diffamer 10.000 citoyens suisses, auxquels, en toute justice, on ne saurait rien reprocher.
Le Conseil fédéral avait chargé le Département de Justice d’établir un rapport sur cette initiative. Celui-ci se livra à une enquête approfondie. Les trois associations incriminées lui avaient fourni spontanément leurs constitutions, statuts, listes de membres et règlements divers ainsi que tous leurs rituels et catéchismes. De même, elles lui ouvrirent entièrement leurs archives, car elles n’avaient rien à dissimuler, quand bien même elles n’avaient point jusqu’ici communiqué ces documents au grand public pour des raisons diverses et naturelles.
Le rapport du Département de Justice, que le Conseil fédéral approuva A L’UNANIMITÉ, aboutit d’ailleurs à la conclusion que, dans les trois associations incriminées, rien n’avait pu être trouvé qui puisse les faire considérer comme illicites ou dangereuses pour l’Etat. Leurs adversaires n’ONT, EN AUCUN CAS, PU APPORTER DE PREUVES DE LEURS. AFFIRMATIONS. Une modification de la Constitution est inutile parce que l’article 56, dans sa teneur actuelle, est suffisamment explicite pour permettre aux autorités d’inter- venir en cas de besoin.
Une nouvelle restriction du droit d’association ne saurait se justifier et constituerait un affaiblissement sensible de l’idée démocratique.
Le Conseil fédéral parvient ainsi à la conclusion qu’il n’y a pas lieu de procéder à une révision de la Constitution, telle que la demande l’initiative Fonjallaz, et propose aux Chambres fédérales de recommander au peuple le rejet de cette initiative.
Le Conseil National et le Conseil des Etats ont tous deux nommé des commissions spéciales chargées d’étudier le rapport du Conseil fédéral. Celles-ci ont procédé à un examen approfondi de la question et décidé à l’unanimité de recommander le rejet de l’initiative. Enfin, les débats du Conseil National de décembre 1936 et juin 1937 ont abouti également à un vote négatif, le Conseil National ayant décidé à l’unanimité moins 2 voix (celle du conseiller national frontiste Tobler et celle du conseiller national Duttweiler) de recommander au peuple le rejet de l’initiative. Le Conseil des États a aussi pris position contre l’initiative Fonjallaz.

Document: Initiative Fonjallaz Magazine Alpina 2012/12

Auteur: Dominique Freymond
75e anniversaire du refus de l’initiative Fonjallaz : une leçon de courage !

Le 28 novembre 1937, le peuple suisse rejetait l’initiative «Fonjallaz». Nous fêtons aujourd’hui le 75e anniversaire du rejet de l’initiative en faveur de l’interdiction des sociétés maçonniques. Durant la période troublée de l’entre-deux-guerres nos frères menèrent un combat courageux pour éviter la remise en cause de l’Alpina et pour défendre la liberté d’association.
Fils de Charles Fonjallaz et d’Emmy Margaretha Gelzer, Arthur Fonjallaz naît le 2 janvier 1875 à l’asile psychiatrique de Cery (Prilly) où sa mère est internée. Après ses études secondaires, il suit les cours de l’académie militaire de de Modène, où naît son italophilie. Rentré en Suisse en 1895, sa carrière militaire est rapide pendant qu’il effectue en parallèle des études de sciences sociales et politiques à Lausanne où il obtiendra un doctorat en 1922. Toutefois, en 1923, le colonel brigadier Arthur Fonjallaz démissionne, à la suite de divers conflits dans l’armée suisse, notamment l’affaire Estoppey-Bornand. De 1931 à 1933, chargé de cours à la section militaire de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich, il mène parallèlement des affaires financières désastreuses. Politiquement, il adhère au parti des paysans, artisans et indépendants (1927-1932), puis évolue par étapes vers l’extrême-droite. En 1932, il milite à la Heimatwehr avant de fonder une année plus tard, à Rome et en grande pompe, la Fédération fasciste suisse. Condamné en février 1941 pour espionnage au bénéfice de l’Allemagne, le colonel Fonjallaz est emprisonné puis libéré sous condition en avril 1943.

Il mourra probablement d’une insuffisance cardiaque le 24 janvier 1944 à l’âge de 69 ans et sera modestement enseveli au cimetière de Saint Moritz.

Lancement de l’initiative et principaux arguments

Avec l’appui financier et politique de Benito Mussolini, Arthur Fonjallaz lance, avec sa Fédération fasciste suisse, une initiative fédérale qui propose un nouvel article 56 de la constitution fédérale avec la teneur suivante: «Les citoyens ont le droit de former des associations, pourvu qu’il n’y ait, dans le but de ces associations ou dans les moyens qu’elles emploient, rien d’illicite ou de dangereux pour l’Etat. Les lois cantonales statuent les mesures nécessaires à la répression des abus. Cependant les sociétés franc-maçonniques, les loges maçonniques et Odd Fellows, la société philanthropique Union et les associations affiliées ou similaires sont interdites en Suisse. Toute activité quelconque se rattachant directement ou indirectement à de semblables associations étrangères est également interdite sur le territoire suisse». Claude Cantini propose une explication sur les motivations du Colonel Fonjallaz. La récolte des signatures commence le 15 avril 1934. L’initiative est déposée le 31 octobre 1934 à la Chancellerie fédérale qui reconnaît formellement son aboutissement le 10 décembre 1934 avec 56 238 signatures valables sur 57 303.
Dans un tract encourageant à signer l’initiative, nous trouvons les arguments les plus fréquents : «On sent confusément les manœuvres occultes d’un pouvoir secret qui confisque l’Etat à son profit et fait litière de tout scrupule pour protéger des coupables, pour caser des gens incapables et des ambitieux dont le seul souci est de se servir aux dépends de la collectivité… La franc-maçonnerie travaille, sous le couvert d’une prétendue philanthropie, à l’asservissement général…Dans la grande masse, les Francs-Maçons sont évidemment des dupes, enrôlés par naïveté, par cupidité, mais ils obéissent à une redoutable hiérarchie… La franc-maçonnerie est l’arme secrète du piston !».
Soutiens politiques et ambiguïtés
Deux membres du Conseil national ont approuvé l’initiative dont naturellement le Dr Richard Tobler, chef du mouvement frontiste. Plus surprenant fut le soutien de Gottlieb Duttweiler, fondateur de l’Alliance des Indépendants et de la Migros. Voyant le risque que l’initiative soit refusée, il déposa le 8 juin 1937 la motion suivante: «Le Conseil fédéral est invité à déposer dans le plus bref délai un projet de loi ou d’article constitutionnel obligeant tout citoyen qui exerce ou postule une fonction publique à déclarer publiquement s’il appartient à une société secrète (loge maçonnique ou société analogue». Elle fut refusée par 63 voix contre 40. Le Conseiller fédéral Jean-Marie Musy, fribourgeois et PDC, joua un rôle ambigu. Il démissionne le 23 mars 1934 du Conseil fédéral. «Aussitôt certains le voient comme la victime d’un complot franc-maçon. Le pense-t-il également ? C’est possible car, dès cette époque, il se place plus nettement dans le camp des adversaires de la franc-maçonnerie», note Daniel Sebastiani dans sa thèse de doctorat sur J.-M. Musy. Quant à Arthur Fonjallaz apprenant sa démission, il lui tresse sur le champ une couronne de laurier.
De juin 1931 à août 1935, le Duce n’accordera pas moins de dix-huit audiences au fondateur du fascisme vaudois. Au total, depuis octobre 1932, Fonjallaz reçu du ministère des Affaires étrangères la somme colossale de 2 260 000 lires, soit environ 610 000 francs de l’époque, une des plus grosses subventions accordées par le Duce à des mouvements fascistes à l’étranger. En 1936 Rome cessa finalement d’apporter son aide parce qu’il était devenu évident que son mouvement n’avait pas obtenu de résultats concrets, et avait parfois même contribué à accentuer l’opposition contre le fascisme italien en Suisse».
Les défenseurs de la liberté d’association
L’écrivain bernois C.A. Loosli publia en 1935 son rapport officiel d’expert pour le Tribunal de Berne concernant le procès des «Protocoles de Sion». Selon lui, il n’y a que deux points de vue à faire valoir :

1) L’initiative trouble les notions de droit commun et de justice les plus élémentaires et les plus généralement reconnues, en abolissant les garanties constitutionnelle sur un point de droit essentiel, le droit d’association, et, implicitement, la liberté de foi et de conscience ; 2) elle établit à la place des garanties constitutionnelles et légales l’arbitraire despotique et illégal, ce qui reviendrait à l’abolition pure et simple du régime démocratique en Suisse. Donc : «Jeter le trouble dans l’opinion publique, semer la zizanie entre Confédérés, afin de pêcher en eau trouble, fomenter des discordes intérieures, afin de ruiner la constitution démocratique et républicaine au profit d’une dictature omnipotente de la tourbe fasciste et nationale-socialiste, voilà en dernière analyse le but de l’initiative Fonjallaz». Après une analyse détaillées et documentées de la franc-maçonnerie, il conclut : «Bon gré, mal gré, nous sommes obligés de nous rendre à l’évidence que la franc-maçonnerie, du simple fait qu’elle existe, soit qu’elle agisse, soit qu’elle demeure passive, représente l’un des postes les plus avancés de la défense des droits de l’homme et du citoyen et, de ce fait, de la liberté de foi et de conscience, du libre examen – donc de la démocratie dans l’acceptation la plus haute et la plus large du terme».
Positions du Conseil fédéral et des Chambres
Dans son rapport du 4 septembre 1936, le Conseil fédéral à l’unanimité aboutit à la conclusion que «rien n‘établit que la franc-maçonnerie et les autres sociétés nommément énumérées ou indirectement désignées par l’initiative soient illicites, dangereuses pour l’Etat ou contraires aux mœurs. En tout cas, l’abondante documentation que nous avons pu obtenir ne nous a pas apporté une preuve positive du contraire. De leur côté, les auteurs de l’initiative ne l’ont pas fournie non plus». Le Conseil national, après ses débats en décembre 1936 et juin 1937 a décidé à l’unanimité moins 2 voix de recommander au peuple le rejet de l’initiative. Le Conseil des Etats a pris la même position. Résultats du vote du 28 novembre 1937: l’initiative est rejetée par 515 327 non contre 234 980 oui avec un taux de participation de 64,5%. Seul le canton de Fribourg l’accepte avec 53 % de oui (participation de 43%) en raison de « l’influence du corporatisme, la présence de l’université catholique et la croisade antimaçonnique traditionnelle.», souligne l’historien fribourgeois Georges Andrey.
Conséquences de l’initiative : tentative de mise en sommeil de la GLSA. Malgré le vote clair en faveur de la liberté d’association, Alpina subira des conséquences négatives. Edmond Jomini dans son rapport en 1944 sur les loges vaudoises écrira : «Le Comité Directeur a répondu par un Non possumus net et catégorique aux tentatives de mise en sommeil de notre Grande Loge Suisse Alpina, exercée sous la contrainte d’événements politiques et militaires extérieurs à notre Patrie».

Par ailleurs, les coûts de la campagne contre l’initiative Fonjallaz ont été importants : 350 000.- francs de l’époque uniquement pour Alpina, soit environ 1 000.- par membre.
Message du Comité Directeur de l’Alpina
À l’issue de la votation, le Comité Directeur de l’Alpina publia le message suivant : «Le Comité Directeur tient à exprimer sa gratitude à tous les membres de la Grande Loge qui ont pris une part active à la lutte pour la défense de nos libertés (…) Au peuple suisse et à ses gouvernants, nous devons une profonde reconnaissance d’avoir prouvé une fois de plus, par le rejet imposant de l’initiative Fonjallaz, son inébranlable volonté de conserver intactes ses libertés fondamentales.
Cette reconnaissance envers le peuple et la patrie, d’autre part, implique l’obligation d’un accomplissement toujours plus consciencieux de notre devoir en Loge et au dehors, par l’élévation du niveau spirituel et intellectuel de nos travaux, par une prudence redoublée pour les admissions et par un contact plus étroit avec nos concitoyens, afin que nous méritions le vote de confiance prononcé par le peuple suisse le 28 novembre 1937».
Perte substantielle des effectifs
Rappelons qu’en 1935, selon C.A. Loosli, il y avait 8 920 loges maçonniques en Europe. En 1936, le Conseil fédéral estime à environ 5 000 les membres de la franc-maçonnerie suisse, dont 4 200 répartis dans 41 loges bleues, 450 au REAA, 150 au RER et environ 200 dans les loges mixtes. Alpina annonce officiellement 3 687 membres. Il n’y avait aucun franc-maçon au Conseil fédéral et à peu près une demi-douzaine dans l’Assemblée fédérale. L’épreuve laissa des traces comme l’explique Michel Cugnet : «Cette campagne antimaçonnique et les premières victoires de l’Axe Rome-Berlin laissèrent néanmoins de nombreuses cicatrices à la Maçonnerie suisse, qui vit de nombreux frères, en bute aux pressions extérieures, obligés de démissionner des Loges pour épargner autant leur vie familiale que leur vie professionnelle !». Après la Deuxième Guerre mondiale la maçonnerie suisse avait perdu la moitié de ses effectifs en tombant à quelque 2 500 adhérents en 1945.
En conclusion saluons leur courage de nos frères. Rendons hommage à nos frères qui se sont battus pour défendre nos valeurs, la liberté d’association, la liberté d’expression et les autres valeurs liées à la démocratie. «Le courage n’est pas l’absence de peur mais la conviction que l’objectif final est plus important que la peur». Ne jugeons pas les frères qui devaient pour des raisons personnelles se mettre en retrait, voire en sommeil. Chacun est seul juge de son attitude et de sa décision. Restons attentifs et vigilants. N’oublions pas les événements graves qui ont amené la Deuxième Guerre mondiale avec toutes ses conséquences. Cultivons ces souvenirs, non par nostalgie, mais pour demeurer vigilant et être capable d’agir à temps si les circonstances l’exigent. La franc-maçonnerie, de par ses caractéristiques intrinsèques, ne peut pas éviter d’avoir des détracteurs, des opposants et des ennemis. La liberté et la démocratie ne sont pas des acquis. Tout peut rapidement basculer. À nous de rester attentif et soyons prêt à agir directement, publiquement ou en arrière-plan, si les circonstances l’exigent et si nous le pouvons. Gardons confiance dans la force du mouvement maçonnique, son histoire, ses valeurs et ses rituels pour maintenir sa capacité à poursuivre ce combat pour la liberté et la démocratie dans le futur, quelles que soient les circonstances.
Dominique Freymond – loge Liberté, Lausanne


Vendredi 8 novembre 2013

Déjeuner-débat sur « l’identité de genre »
ConférencierIsabelle Collet
Titre de la conférence: Identité de genre

Document: Un concept en voie d’incorporation dans l’ordre juridique

Identité de genre: un concept d’une actualité brûlante,qui permet seul de comprendre les véritables fondements et dangers de l’ouverture du mariage aux homosexuels

Le 31 octobre 2012, le Premier ministre, M. Ayrault, a adopté officiellement un « Programme d’actions gouvernemental contre les violences et les discriminations commises à raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre». Ce programme figure sous le timbre « Premier ministre» sur le site internet du gouvernement.
La presse n’en a quasiment rien dit, alors que ce programme signifie l’investissement par ce concept de tous les domaines de la vie sociale et son irruption juridique dans la loi française! D’où cette affirmation de Mme Taubira, Garde des Sceaux, à propos du mariage homosexuel : « C’est une réforme de société, et on peut même dire une réforme de civilisation. Nous n’avons pas l’intention de faire comme si nous ne retouchions que trois ou quatre virgules dans le Code Civil »

Que dit ce programme ?

1. Tout d’abord que l’identité de genre est officiellement désormais un axe prioritaire d’action gouvernemental, et qu’il vient se rajouter à la lutte contre « l’homophobie », et la couronner (en réalité il l’inspire). Tous les domaines sont concernés. Par exemple, les inspecteurs du travail l’incorporeront à leurs évaluations, et il sera au cœur de la Charte de l’égalité dans la fonction publique, qui va être révisée en conséquence (p. 11). Les partenaires sociaux l’incorporeront par avenants aux accords sociaux et la question sera directement à l’ordre du jour de la grande conférence sociale de 2013 (ibid). Un module obligatoire sera ajouté à la formation des infirmiers et des médecins, les maisons de retraite devront également s’adapter. Ces modules traiteront au même titre de l’homophobie, de la lesbophobie, de la transphobie (p. 12).

2. Les institutions représentatives des familles seront recomposées pour accueillir des représentants des familles monoparentales en tant que telles. Les transsexuels bénéficieront d’une modification simplifiée de l’état civil, et il ne pourra plus leur être imposé auparavant une opération: ils pourrons faire un choix subjectif d’état civil et le faire acter ! Un homme pourra donc se dire femme et faire acter cette décision par l’état civil, sans même avoir à prouver un changement matériel de sexe par un biais chirurgical. La commission consultative des droits de l’homme va d’ailleurs être saisie pour mettre la chose au point. Ces « personnes trans» (c’est le terme retenu par le texte lui-même) bénéficieront de manière simplifiée d’un n° de sécurité sociale provisoire en attendant l’officialisation de leur nouvelle condition. 

3. L’identité de genre sera enseignée « de manière adaptée» dès l’école, la circulaire du 17 février 2003 devant être revue en conséquence et à cette fin. Les enseignants auront un module à leur programme de formation initiale, et une ligne d’écoute téléphonique assurée par les associations de lutte contre l’homophobie sera promue largement en milieu scolaire. Un guide pratique sera diffusé dans les universités dès la rentrée 2013. Les fédérations sportives seront mobilisées, de même que les colonies de vacances et autres structures d’accueil pour les jeunes.

4. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel sera chargé d’élaborer avec les radios et télévisions les lignes directrices de l’action contre les « préjugés homophobes ». Et enfin le ministère de la culture sera chargé de « valoriser l’histoire du mouvement LGBT (Lesbien-homo-bi-transsexuel). » (p. 10).

5. Plus important encore sur le plan juridique: la France va faire inclure (p. 14) le concept dans le protocole na 12 de la Convention européenne des droits de l’homme, qui s’imposera y compris face à la loi et à la constitution françaises (conséquence du traité de Lisbonne pour ce qui concerne la constitution’]. Et le droit d’asile sera modifié également en conséquence, les associations LGBT étant chargées de former les personnels de l’office en charge de l’étude des dossiers! (p. 15).

6. Militante à l’ONU dans ce sens, ainsi qu’au Conseil de l’Europe, la France, enfin, organisera dès le début 2013 une grande conférence internationale régionale, et ses ambassades soutiendront les ONG associées dans tous les pays dans leur action en faveur de l’identité de genre (p. 13).

Il est donc clair au vu de ce qui précède que l’incorporation du concept à l’ordre juridique est en cours.

Bien comprendre ce qu’est l’identité de genre 

Deux erreurs à éviter 

Tout d’abord, il y a deux erreurs à ne pas commettre: confondre l’homophobie avec le « refus du genre », et confondre le « féminisme paritaire» avec le « féminisme du genre ».

L’homophobie, dans son acception habituelle, c’est le refus de respecter la dignité des personnes et leur opposer des discriminations injustes à raison de leur pratique, de leur « orientation sexuelle ». En tant que partie du concept du genre, l’homophobie est bien davantage: elle existe dès que l’on établit une différence entre les sexes! Il ne s’agit plus du tout d’exiger un respect d’une différence, il s’agit de poursuivre toute personne exposant qu’il existe une différence. Elisabeth Badinter, qui promeut l’idéologie depuis les années 1980 l’indique clairement dans un livre paru en 1992 :  « L’homosexualité est une étape vers l’hétérosexualité », celle du choix subjectif du sexe auquel on désire appartenir. Du coup, les couples qui se bornent à s’affirmer biologiquement hétérosexuels sont « homophobes » (d. « XY, de l’Identité masculine », p. 233-234). 

De même, alors que le « féminisme» dit « paritaire» cherche à assurer l’égalité des droits entre les hommes et les femmes, lorsque rien ne justifie un traitement inégalitaire, le féminisme « radical» du genre vise à nier toute spécificité de la femme, et remet même en cause la terminologie « femme» et « homme ». quitte à priver les femmes d’avantages dont elles disposaient jusqu’ici à raison de leurs particularités. Deux exemples récents frappants peuvent être donnés à cet égard:

A) Jusqu’en 2004, les femmes ayant porté trois enfants ou plus et ayant exercé leur métier au moins 15 ans pouvaient prendre leur retraite de manière anticipée, avec des droits proportionnels, et 1 Lire absolument sur cette question: Patrice ANDRE, « Mini-traité Européen: la Constitution par la force », éd. François-Xavier de Guibert, préface de Jean Foyer, ancien Garde des Sceaux. jouissance immédiate, sans attendre l’âge légal (60 ans à l’époque, 62 ans aujourd’hui). Au nom de l’identité de genre, la Cour de justice des Communautés européennes a déclaré cet avantage non conforme au droit, en tant qu’il était réservé aux femmes, comme si la femme qui a porté trois enfants était dans la même situation que le père, lequel pouvait d’ailleurs avoir été différent pour chacun des trois! Du coup, l’avantage a été supprimé pour les femmes comme pour les hommes … 

B) A partir de janvier 2013, les assurances ne pourront plus faire bénéficier les femmes de primes d’assurances réduites par rapport à celles des hommes, alors que leur « accidentologie» étant sensiblement plus faible, elles bénéficiaient jusqu’ici de cet avantage. Pour la même raison : peu importe les différences concrètes, seule compte l’indifférenciation absolue, quoi qu’il en coûte aux femmes.

La logique est bien exprimée par une militante du «genre», Christina Hoff Sommers, dans son ouvrage « Who Stole feminism ?», Simon & Shuster, New York, 1994, p. 257 : «Nous pensons qu’aucune femme ne devrait avoir à faire le choix de rester au foyer. On ne devrait autoriser aucune femme à rester à la maison pour s’occuper de ses enfants. La société doit être totalement différente. Les femmes ne doivent pas avoir cette option, car si cette option existe, trop de femmes la choisiront ». 

Quelle définition de l’identité de genre? 

L’identité de genre est promue depuis les années soixante, aux Etats Unis comme en France, mais elle était jusqu’ici beaucoup mieux implantée outre-Atlantique qu’en Europe. Son irruption visible dans les institutions internationales date de la Conférence de Pékin, en 1995, consacrée à la femme, et dont les déléguées présentes ont tout fait pour la transformer en conférence sur le genre. Une résolution officielle officialisant le concept a été adoptée en juin 2011 au Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Une déclaration de même sens a été signée la même année par 85 Etats (le Premier ministre s’y réfère dans son programme d’actions, p. 13). 

Selon ce concept, le sexe biologique doit être séparé radicalement du sexe choisi, le genre. Ce sexe biologique ne doit avoir aucune incidence dans la vie sociale, seul compte le choix libre et subjectif de son sexe par chacun. Il n’y a plus deux sexes, quoiqu’en dise la nature, mais … cinq, indiqués par Rebecca Cook, rédactrice officielle du rapport de l’ONU pour la conférence de Pékin: « les femmes hétérosexuelles, les femmes homosexuelles, les hommes hétérosexuels, les hommes homosexuels, et les bisexuels ». 

A Pékin, la «commission internationale» LGBT a lancé l’appel suivant : «Les Etats doivent reconnaître pour toute femme le droit à déterminer sa propre identité sexuelle, le droit à contrôler son corps, tout particulièrement au moment d’établir des relations d’intimité, et le droit de choisir, selon les cas, quand et avec qui engendrer et élever des enfants. If s’agit de droit fondamentaux pour toute femme, sans distinction d’orientation sexuelle» (cité par Oscar Revoredo, « Lexique des termes de la famille », 2005, Téqui, p. 571).

Une autre militante indique: « Notre but est d’en finir avec la division sexuelle du travail, dans lequel la femme est mère» (Nancy Chodorow, The reproduction of mothering, Berkeley, 1978 p. 215). L’homme et la femme doivent donc être à égalité pour la procréation, d’où les pressions en faveur de la PMA, et des mères porteuses. «La suppression de la famille biologique fera aussi disparaître l’obligation de procéder à la répression sexuelle. L’homosexualité masculine, le lesbianisme, et les relations sexuelles extra-matrimoniales ne doivent plus être considérées de manière libérale comme des options alternatives, hors du pouvoir de réglementation de l’Etat. Au lieu de cela, même les catégories d’homosexualité et d’hétérosexualité seront abandonnées : l’institution même des « relations sexuelles» où l’homme et la femme exercent un rôle bien déterminé, disparaitra. L’Humanité pourra enfin revenir à sa sexualité perverse polymorphe» (Alison Jagger, Political philosophies of Women’s liberation, Feminism and philosophy, Adams & Co, New Jersey, 1977 p. 13). Le mot « perverse» est ici pris dans le sens de « retournée par rapport à la normalité ». Cette proclamation illustre bien l’ampleur de la révolution poursuivie.

Le Wiktionnaire donne enfin aujourd’hui sur le net cette définition: «L’identité de genre est le sentiment profond d’appartenance à une identité féminine, masculine ou autre, indépendamment des caractéristiques bioloqiques (notamment les productions hormonales et les organes sexuels) et de l’orientation sexuelle. Les personnes transgenre souffrent d’une discordance entre l’identité de genre qui leur a été assignée (perception sociétale liée à leur corps) et l’identité de genre qu’elles ressentent». Il faut bien remarquer la triple discordance entre sexe biologique, sentiment intime d’appartenance à un genre et orientation sexuelle: aussi incroyable que cela puisse paraître, cela veut dire qu’un homme (biologique) qui se dit de « genre femme» (subjectivement) mais qui va avec un homme, aura selon le cas soit des relations homosexuelles avec cet homme (si ce dernier a adopté le genre femme lui aussi, car on a alors deux genres femmes indépendamment du sexe biologique constaté) soit hétérosexuelles (si cet homme a adopté le genre homme, faisant coïncider alors le biologique et le subjectif)! C’est logique, puisque « le genre est un produit de la culture et de la pensée humaine, une construction sociale qui crée la véritable ‘nature’ de chaque individu» (Lucy 
Gilber, « Les dangers du féminisme, différences de genre, sociologie de la biologie », p. 14).

Terminons avec cette citation d’un militant, Dominique Rolin, parue dans le Figaro du 18 mars 1994 : « Le top dans la rivalité qui oppose les deux sexes serait que la femme se fasse greffer un sexe masculin – tout en conservant le sien, pour s’autoféconder et devenir ainsi le père et la mère de ses enfants». A rapprocher également de ce cas survenu aux Etats-Unis d’une grand-mère se faisant implanter des ovules fécondés par le sperme de son gendre pour que sa fille puisse avoir des enfants … (cité par Christine Boutin, dans « Une Ethique sans citoyens », Ed Universitaires, p. 18). 

Les militants de la théorie sont conscients que ces « étrangetés» (!) peuvent être mal ressenties, au moins en un premier temps, par des personnes dotées d’un bon sens simplement élémentaire. Mais il ne faut pas se leurrer: le système est en marche, et il avance, aussi incroyable que cela paraisse. Le mariage homosexuel, y compris avec PMA, s’inscrit exactement dans ce cadre, et ce qui est recherché c’est bien l’abandon par l’Etat, à travers celui du mariage fondé sur l’altérité des sexes en vue de la procréation, de toute différenciation entre les sexes! Car, pour ce qui concerne l’égalité totale des droits entre personnes, à supposer cette égalité légitime, rien n’oblige à recourir au mariage ! Un pacs amendé suffirait ! C’est donc bien d’une reconnaissance philosophique et ontologique qu’il s’agit.

Par ailleurs, l’idée des fondamentalistes du «genre» (car il s’agit bien d’une sorte d’intégrisme idéologique culturel, au véritable sens du terme) est justement de « déconstruire » complètement l’éducation, de manière à ce que les repères disparaissent pour les enfants. Et il est clair que c’est cette démarche qui est suivie dans tous les médias et, de plus en plus, à l’école » et ailleurs. En outre, dans chaque homme, la volonté utopique et prométhéenne de se défaire totalement de la nature est toujours présente. Il existe donc un véritable terrain pour l’identité de genre, à présent que les repères familiaux et naturels les plus élémentaires ont volé en éclats. 
2 Le ministre des droits de la femme et porte-parole du gouvernement, Mme Belgacem, vient d’annoncer la mise en place en maternelle de séances instituées « ABCD de l’égalité», destinées à « déconstruire les stéréotypes» qui « enferment chaque sexe dans des rôles préexistants» (FC, 14 décembre 2012, p. 17). 

Il est bon de signaler à ce propos la demande de deux députés de l’UMP, Virginie Duby-Muller et Xavier Breton, qui viennent de proposer la réunion d’une commission d’enquête sur la manière dont l’idéologie du genre a été imposée en France (Le Canard Enchainé du 12 décembre 2012). A noter toutefois que la première nommée apparaît en réalité quasiment acquise aux slogans à la mode contre l’homophobie (cf. son «intervention» plus que complaisante lors de l’audition de Mme Belgacem à l’Assemblée Nationale, le 28 novembre dernier, devant la commission des affaires culturelles) … Xavier Breton semble quant à lui conscient des enjeux.

Les arguments à opposer


La première chose à faire est de donner à connaître ce fondamentalisme. C’est l’objet du présent document.

Par ailleurs, il est un argument, important, d’ordre philosophique, qu’il faut bien avoir présent à l’esprit: il consiste à mettre en évidence que le rejet de toute référence naturelle et scientifique conduisent nécessairement à un totalitarisme monstrueux, d’où le terme de «fondamentalisme culturel ». En effet un groupe de lobbying puissant peut imposer ainsi sa vision purement arbitraire et subjective du monde à l’ensemble de la société, par la force s’il le faut, selon un processus qui ne se différencie nullement par sa nature des agissements des totalitarismes du siècle dernier. En effet, si toute référence naturelle et objective est exclue, qu’est-ce qui autorise à faire prévaloir une vision culturelle sur une autre, sinon la force?

Un autre argument peut être avancé, qui concerne les enfants. Le Défenseur des droits, institution officielle présidée par l’ancien maire de Toulouse, Dominique Baudis, vient de s’élever contre l’oubli des intérêts de l’enfant dans l’affaire du mariage homosexuel (AFP, 13 décembre 2012, 16H07). Au- delà, toute action de propagande vers les plus jeunes relève d’une volonté inacceptable d’imposer à ces derniers une vision arbitraire d’adulte » rejetant une nature par ailleurs évidente. Mais, surtout, elle illustre une contradiction fondamentale: car un enfant ne peut se laisser (prétendument) abuser par sa sexualité biologique, en raison d’un prétendu conditionnement éducatif et social lui imposant une vision de lui-même en accord avec cette donnée naturelle, que si ce sexe biologique est vraiment déterminant. S’il ne l’est pas, une prise de conscience à l’âge adulte interviendra nécessairement, quand la personne accèdera à une libre réflexion et à une démarche personnelle. S’en prendre aux enfants et adolescents, c’est avouer que si on laisse faire la nature, elle ne se trompe pas, sauf exception, sur son genre! Et que l’on vise en fait à empêcher la nature de s’exprimer en la bridant et  en pervertissant les mécanismes humains de prise de conscience.

Enfin, argument décisif: si on écarte tout critère de filiation ou de procréation naturelle au profit d’un libre choix de genre et de sexualité, on promeut nécessairement la polygamie et l’inceste, en attendant la pédophilie. En effet, qu’est-ce qui peut s’opposer à des relations à plusieurs ou incestueuses si les prétendus obstacles naturels ne sont que des aliénations et des tromperies d’une 
société écrasante et artificielle?! Voilà donc où mène la théorie du genre! 

André BONNET 
Libre rassemblement des juges administratifs 
Ir-juradm@orange.fr 

3 Il faut saluer ici l’intervention d’un jugement important du tribunal administratif de Paris. Par ce jugement, du 26 novembre 2012, le tribunal a annulé l’agrément conféré à l’association « SOS Homophobie » (qui occupe une place de choix dans le programme d’actions gouvernementales du 31 octobre 2012) pour intervenir dans les établissements d’enseignement, au motif que les modules proposés par cette association étaient contraires tant à la liberté de conscience des élèves qu’au principe de neutralité de l’enseignement public (TA de Paris, n° 12-11193/6). 


Pour compléter le propos lire aussi l’interview d’Annick de Souzenelle par Nathalie Calmé:


Vendredi  9 mai 2014

Déjeuner-débat sur la violence sur les femmes
Conférencier: Willy Pasini
Titre de la conférence: Pourquoi on tue tant des femmes


Vendredi 9 octobre 2015

Déjeuner-débat sur le théâtre et la culture dans le Grand Genève

Conférencier: Michel Favre

Titre de la conférence: le théâtre et la culture dans le Grand Genève

Culture et théâtre dans le Grand Genève


Le théâtre dans le Grand Genève et sa contribution au bien vivre ensemble.
Sachez-le je ne suis pas spécialiste de la question, ni sociologue, ni politicien, mais en ma qualité de metteur en scène, donc de producteur, puisque ce lot échoit à qui veut inventer un spectacle, je pense pouvoir essayer au moins de vous faire une peinture approximative de la réalité transfrontalière et du paysage au moins celui, théâtral, de notre bassin. J’espère ne pas me noyer dans cette tentative et ne pas vous rendre encore plus confuse la situation actuelle.

Préambule :

Ce qu’on entend par « Grand Genève »… Son territoire, ses frontières, ses limites géographiques et la description de ce qui fait cette expression.
On postule qu’avec les moyens de communication routiers, de transport en commun, etc… d’ailleurs déjà mis en place par les Transports publics qui traversent les frontières sans plus marquer cette ligne, et avec des tarifs harmonisés, la ville de Genève n’est plus cette cité fortifiée qui fut attaquée par le Duc de Savoie en 1602. Et c’est bien de cette réalité et des perspectives qui en découlent que nous allons parler aujourd’hui.
Au sens de territoire, il faut comprendre essentiellement ce grand Genève par les connexions avec Annemasse, Saint Julien Saint Genis et Ferney Voltaire. Anciennement considérées comme des ville-dortoirs, aujourd’hui réhabilitées grâce à des infrastructures beaucoup mieux développées et des forces de gestion à la fois sensible et concernée à offrir aux populations des lieux d’échanges et de rencontres.
Ainsi, si nous parlons de territoire, on peut considérer que le grand Genève se dessine du Jura au revers du Salève, qu’il ne s’arrête même pas sur la côte Lémanique avant Nyon puisque cette ville aussi se trouve concernée par la question !
J’ajouterai encore Divonne, par le lien qui n’est pas seulement créé par son Casino, historiquement fréquenté par les genevois depuis son ouverture.
À la lumière de cette précision géographique, Je suis content de pouvoir vous dire comme je le pense depuis un certain temps déjà que Monsieur Sami Canaan confirme avec moi que :

« …notre région représente aujourd’hui un bassin de près d’un million d’habitantes et habitants, avec plus de 500'000 passages à la frontière en 2011 (dans les deux sens, forcément) et près de 500'000 emplois. Cette région représente aussi plus de 1200 équipements culturels, dont moins de la moitié (574) sont situés sur le territoire du Canton de Genève, contrairement aux idées reçues. » (qui persistent aussi à dire que Genève ne compte que 240'000 habitants…) C’te blâgue, De Bleu de bleu !
Genève : - La population a augmenté de 30% en 20 ans. On parle maintenant de 800'000 à 1'000.000 de personnes… (In : Le TEMPS)

Témoignage :

Après ce préambule, je crois que vous attendez de moi un témoignage et un éventuel état des lieux. Cette tâche est énorme, autant vous le dire tout de suite, car bien que je sois un praticien de longue date de la scène locale, il m’apparaît que, très régulièrement, le terrain évolue et change de configuration au gré des impulsions politiques et des nouvelles tendances artistiques.
Il est en effet difficile de cerner ce qu’on veut désigner par culture et si l’on s’en tient à un seul thème, on risque de passer à côté de quelque chose. Pourtant, prenons déjà pour modèle le théâtre et l’Art lyrique.
On peut sans trop s’avancer dire que les échanges inter-frontaliers et inter-régionnaux du bassin genevois existent, se développent et se conjuguent depuis un certain temps maintenant et que bien que les réticences historiques laissent encore des traces et permettent à d’aucuns de rappeler que nous avions des frontières jadis plus imperméables… (Mais je ne ferai pas de commentaire !) les systèmes évoluent et les développements divers de notre région, au-delà des idéologies, des conflits religieux ou politiques, des arrangements fiscaux et logistiques, amènent à des reconfigurations régulières qu’il serait idiot d’ignorer. Nos routes sont bel et bien communes et que ce soit au Nord de la ville du bout du lac, au Sud , à l’Est ou à l’Ouest, il est clair que nous partageons un carrefour d’une immense richesse et d’une diversité qui n’est plus à démontrer.

Lors des Rencontres culturelles du Grand Genève

Il a été fait état de cette situation et de cette particularité dont il va falloir rapidement tirer des conclusions, proposer des schémas de fonctionnement et trouver les moyens de financement qui permettront d’augmenter les synergies entre les diverses régions et communes.
Questions

  • Qu’est ce qui se fait ?
  • Comment se modifient les habitudes ?
  • Qui sont les auteurs ?


Les acteurs (principaux)
Nous pouvons dire avec certitude que Sami Kanaan prend sa tâche de responsable de la culture pour la ville de Genève à cœur et que son action et les liens qu’il entretien avec les voisins de sa ville se renforcent et se précisent. Il est à l’initiative des rencontres culturelles qui s’organisent à l’occasion du festival de la Bâtie depuis 2013. À l’instigation de l’association des communes genevoises et de l’Arc Syndicat mixte qui prend en compte l’arc franco-valdo-genevois et s’attache à générer des synergies entre les acteurs de la région.

Bilan quantitatif des Rencontres 2015
160 personnes ont été accueillies, bien plus que prévu, et bien plus que l’an dernier où 48 personnes avaient été présentes.
Parmi les participants :
• Les élus et responsables politiques des collectivités du Grand Genève,
• Les responsables culturels de ces mêmes collectivités,
• Les porteurs de projets transfrontaliers,
• Des artistes.
Bilan qualitatif
Ce temps de rencontre a permis de présenter des expériences transfrontalières ainsi mises en valeur et démontrant la forte volonté des acteurs locaux de coopérer. Un lien fort et évident est apparu entre la culture et la cohésion sociale, entre les différents intervenants suisses et français.
La culture a ainsi été mise en avant comme vecteur de cohésion sociale et d’un mieux vivre ensemble.
Par sa teneur et ses participants, cet événement témoigne de l’implication des acteurs culturels, du bouillonnement de projets culturels, et de leurs retombées positives auprès des habitants.


En conclusion, tous les élus et participants ont soutenu l’importance de la culture comme
élément de cohésion sociale.


« La culture a un rôle important à jouer dans le Grand Genève, en accompagnant ses changements et en donnant du sens. Dans le Grand Genève, les problèmes sont communs, les solutions qui en découlent sont donc forcément communes ».

Gabriel Doublet, Vice-président de l’ARC, en charge de la communication et de la culture.


« La culture est un vecteur essentiel pour rassembler les gens. Les diversités doivent constituer une richesse, celle de
lutter contre les replis sur soi ».

Gérald Cretegny, Président de Régio nyon.


« Si on ne parle jamais de la culture, c’est parce qu’elle vit très bien dans le Grand Genève ».

Anne Emery Torracinta,. Conseillère d’Etat du canton de Genève, chargée du département de l’instruction publique, de la culture
et du sport (DIP).


Ce que personnellement je dirais à la lecture des éléments qui se présentent à mon analyse, c’est que les Français montrent une réelle volonté de comprendre le fonctionnement de la région, tandis que Genève, sur le volet culturel s’entend, s’occupe à gérer son patrimoine et les moyens offerts aux créations et proposer des lieux de rencontre.
Parenthèse concernant la création :
Il serait aussi très important de mon point de vue, de veiller à la constitution (voire la construction, et là aussi on peut rêver !!!) de lieux de représentation encore plus coordonnés et peut-être, on peut rêver, de lieux assez bon marchés, (voire gratuit), de recherche, de répétition et de préparation de spectacles ou de créations artistiques. Qui puissent offrir à la jeunesse, par exemple des outils réels d’expression et de développements artistiques individuels et collectifs.
Les maisons de quartier à Genève par exemple font de gros effort d’accueil des productions, et offrent souvent un temps d’installation, des infrastructures et une visibilité, par leurs éditions de plaquettes, journaux etc…
Les institutions sont fières de présenter des bilans positifs de la « commercialisation ou de la fréquentation publique des productions » mais pour élaborer le financement, c’est de plus en plus
compliqué et les exigences ne cessent d’augmenter. Et ce, certainement à cause de la pléthore de demandes et de projets présentés par les nombreux acteurs et actrices de la scène.
Mais il reste que les espaces de répétitions sont rares et parfois chers !
Je fais une petite parenthèse : À l’époque des squats dans Genève, temps qu’on peut avoir
applaudi contesté ou déploré, il y a eu par exemple l’épisode du « Garage ». Un garage de
la rue Adrien-Lachenal qui fut occupé pendant une dizaine d’années et qui a vu l’émergence de nombreuses vocations. L’actuel directeur du Théâtre du Grütli Frédéric Polier est « né » dans ce lieu, et Omar Porras dont on connaît la renommée aujourd’hui internationale et qui vient de reprendre la direction du théâtre Kleber-Méleau à Lausanne est également « né » dans ce lieu miraculeusement toléré par les autorités d’alors et le procureur de ce temps… Un espace gratuit, ou presque, dans lequel un groupe associatif avait bâti une unité de créations théâtrales très riches et diverses avec des bouts de ficelles (par exemple, j’ai moi-même assisté à des représentations en hiver durant lesquelles il
fallait discerner le jeu de acteurs à travers la buée et en supportant un froid de canard pendant tout le spectacle…) L’aventure !
C’est bel et bien la gratuité de ce lieu improbable, et un soutien des autorités culturelles de l’époque (A. Vaissade, V-d-GE, M. Ballenegger DIP ) qui ont favorisé ces naissances dont je vous parle… Il fut d’ailleurs, au passage, inventé sur mesure pour l’association du Garage une enveloppe nommée aujourd’hui contrat de confiance ou convention de Compagnie, qui s’est pérennisée au fil des années et qui permet à des associations, des troupes donc, de travailler avec un soutien qui peut aller jusqu’à une centaine de milliers de francs par an. La Parfumerie, et les troupes 100% acrylique ou Le Théâtre Spirale de Patrick Mohr et d’autres en bénéficient encore actuellement.

Ce que nous observons
Grâce à la volonté de notre magistrat responsable de la culture en ville de Genève, Monsieur Sami Canaan, et de l’Arc, ainsi que des organisateurs du festival, des rencontres ont lieu chaque année autour de cette vaste question. Cette année était la troisième du genre et ces questionnements animent un débat riche et plein de bonnes volontés et de perspectives de part etd’autre de la frontière.
Les organismes culturels font de grands efforts pour participer aux échanges que créent les responsables de programmation, les artistes et les responsables politiques locaux. Tous partagent l’avis que les échanges, assez bien pérennisés par le festival de la Bâtie par exemple, et son rendez-vous annuel transfrontalier, boostent la région tout entière et provoquent des déplacements de publics toujours plus conséquents et élargis.
Investir dans la culture
Prendre en compte que la vie culturelle, (dans les grandes lignes), amène des échanges et de la vie sociale harmonieuse, des revenus matériels et des partages fructueux n’est plus à démontrer mais encore : ces paradigmes font partie maintenant des composantes pour la création des infrastructure d’une collectivité. Dans les bourgades de jadis, devenues les soi-disant cité-dortoirs ou villes suburbaines de résidence, on se préoccupe de plus en plus de récréer sa population et de lui proposer des infrastructures qui offrent des spectacles, des concerts et des moments de rencontre non-marchands … Des lieux de forum provoquant une identité locale tout en ouvrant sur le reste du monde par les découvertes qui sont alors proposées.
Je prétends quant à moi que les bagarres pour un parking tendent à se raréfier si on a l’occasion de partager d’autres émotions que celles engendrées par des conflits. Que la force de relativiser les choses s’entretient par le développement personnel et que ce développement passe par l’instruction, la culture générale et la confiance en des valeurs supérieures… Mais là je sais que parmi vous j’enfonce des portes ouvertes…
J’ai utilisé plus haut le terme de non-marchand à dessein. Car vous le savez ou vous vous en doutez, la pulsion artistique ne part jamais d’un intéressement financier. On ne se destine pas à une carrière artistique en se disant qu’on y deviendra riche. Et je veux croire que cette posture se retrouve plus loin dans la rencontre avec les publics qui toujours reconnaissent cette valeur de base quoique puissent donner le résultat final. La source de la création est d’abord et avant tout une préoccupation, un sentiment, une émotion, un point de vue ou une sensibilité à une des facettes de la condition humaine. Ce qui a pour corollaire de toujours questionner les usages, les habitudes les lieux communs et les règles ou l’ordre établi. De cette façon la valeur de l’artistique, de la culture au sens large, même si bien sûr, elle nécessite de l’argent pousse l’esprit à découvrir d’autres dimension, d’autres horizons, à accepter ou reconnaître d’autres perceptions du monde. On parle bien quelques fois de grand’messe à propos d’un rassemblement populaire… N’est-ce pas ? Et pour cela il faut :
Les outils
Genève est la ville suisse qui consacre le plus d’argent à la culture. Loin devant les autres villes et loin devant le canton qui ne joue qu’un rôle subsidiaire dans ce domaine. Ainsi en 2015, plus de 257 millions seront affectés par la municipalité à la culture, presque 22% de son budget. Une somme record.
Un Genevois subventionne chaque année la culture à hauteur de 1532 francs.
Le Temps

Le nerf de la guerre
Oui nous allons parler d’argent… Mais avant, quelques observations…
Genève, vous le savez certainement, chérit son Opéra et entretient avec ce vaisseau-amiral une relation de respect pour la création, d’encouragement envers la jeunesse, et de visibilité culturelle, qui légitime un budget assez extraordinaire. S’il était proposé aujourd’hui, je pense qu’avec les petits esprits comptables de nos divers politiques tous partis confondus, nous n’aurions ni ce bâtiment ni ce Théâtre ! Nous pouvons donc nous féliciter d’avoir cet Opéra, reconnu au cœur de notre cité ! Il offre bien certainement une vitrine à l’Art lyrique, mais il engendre dans son sillage beaucoup d’autres voies de recherche et de création. Un phare de professionnalisme, et d’échanges internationaux.
Je pense vous étonner, puisque je suis, moi, dans la création, bien d’avantage à l’étage du off, et que ceux qui me connaissent savent que je tire le diable par la queue pour boucler les budgets de mes productions… Mais il faut être réaliste et objectif autant que possible et j’admets de très bon gré que le GTG provoque et offre à la fois une assise et des perspectives à tout un ensemble de créations autour de lui.
Benno Besson à l’époque directeur de la Comédie avait produit le même effet sur les productions locales : Un niveau de fantaisie, de recherche, de créativité, d’interprétation pour les acteurs, de rapport à l’espace pour les scénographes, qui fit boule-de-neige… à tous les étages, si j’ose dire.

Quelques chiffre rapidement :
Je ne vous ferai pas le compte de tout ce que couvre la culture comme je l’ai choisi plus haut, mais il va sans dire que les musées, bibliothèques publiques et municipale, etc. sont dans le budget général une part énorme. Mais pour rester sur les Arts de la scène… et en ne considérant que les subventions. Sans compter les résultats des billetteries !
GTG : 17% du budget culture : soit 43 millions plus intervention des communes.
GD Théâtre : À peu près 43+2.5 des communes, 1 (de l’état de GE) millions 36% des abonnés du Grand Théâtre sont domiciliés en ville de Genève, 39% dans les autres communes du canton, soit 75% de genevois, 19% en France voisine ou dans le canton de Vaud et 6% vivent à plus de 100 km de la ville, selon une étude menée par la Ville de Genève.
FAD : (Comédie-Poche) 2% du budget culture : soit 5,4 millions plus les intervention des communes.
Les autres lieux et troupes subventionnés : 4% Soit 10 millions plus intervention des communes.
Pour les troupes qualifiées comme au festival d’Avignon de « off »… :
Le Théâtre du Grütli : 1 Millions pour le fonctionnement et 1 million pour le soutien à la création sans compter ce que chaque compagnie accueillie pourra ajouter par son budget propre.
Le Théâtre du Loup : 1’065.500.- annuel
Le théâtre du Galpon ville : 372’000 annuel
Pour n’en citer que quelques uns… Et selon des chiffres glanés ça et là sur les bilans publiés…
Projets de meilleur partage des responsabilités Canton-Ville
Une «feuille de route pour une politique culturelle concertée» (PDF) a été signée entre la Ville et le canton en 2013. Elle prévoit un engagement financier plus important du canton, notamment à destination de la Nouvelle Comédie, de la Bibliothèque de Genève et du Grand Théâtre.
Ce qui provoque des débats au grand conseil que je vous décrirai plus tard…
Mais :
Le premier volet prévoit un renforcement des engagements financiers du Canton pour répondre aux besoins des grandes institutions culturelles, tant sur le plan des investissements (Nouvelle Comédie) que sur celui du fonctionnement (Grand Théâtre), tout en maintenant ceux de la Ville. Dans le cas du Musée d’art et d’histoire, le Canton apporte un soutien institutionnel au projet de rénovation et d’agrandissement. Ces institutions d’importance régionale ont été définies conjointement par le Canton et la Ville de Genève, dans le cadre d’une stratégie concertée de politique culturelle. Le second volet se concrétiserait alors par un engagement financier à parts égales dans le fonctionnement de la Nouvelle Comédie, ainsi que par un accroissement des engagements cantonaux dans le Grand Théâtre et la Bibliothèque de Genève.
Il pourrait comprendre une participation financière supplémentaire du Canton pour compenser les éventuelles pertes fiscales que le nouveau modèle péréquatif d’imposition entraînerait pour la Ville.
Les deux collectivités publiques souhaitent discuter ces orientations et perspectives en matière culturelle avec les partenaires concernés, notamment les communes et villes genevoises ainsi que l’ACG (association des communes genevoises) et, dans certains cas, les milieux privés. Une nouvelle étape dans la concertation sera franchie en 2014 avec la création du Conseil consultatif de la culture

FEUILLE DE ROUTE : CANTON – VILLE :
Pour comparaison, fonctionnement en France voisine :

Château Rouge : 3,4 Millions d’€uros
En 2013, Château Rouge bénéficie via le label Scène Rhône-Alpes d’une subvention de 120 000
€ de la Région, à laquelle s’ajoute une subvention de 10 000 € pour les projets transfrontaliers.
57’000 spectateurs pour des spectacles en accueil essentiellement. Des résidences et
accompagnement de groupes de musique actuelle amateurs avec la mise en place des soirées
«Yrepetochato» , permettant aux groupes qui répètent au Château de se produire sur la scène du
café, et du dispositif «Paye ta galette» permettant à ces groupes d’enregistrer quelques chansons.
Les Lieux
Il faut distinguer les lieux de création des lieux d’accueil, car, bien entendu, il y a entre ces deux pôles des fonctionnements qui diffèrent sensiblement.
Par exemple il est clair que la salle du théâtre du Léman sous l’hôtel Kampinski accueille des spectacles. Ceux-ci ne sont pas subventionnés et fonctionnent sur le mode commercial de l’offre et de la demande. Les spectacles en tournée passent donc par ce lieu et entretiennent l’étiquette de l’ouverture internationale et du reflet des productions grand public avec vedettes connues, ou « vues à la télé »… Ceci n’ôtant rien à la valeur artistique de productions présentées, il ne s’agit pas de la même catégorie que ce que tentent de bâtir les salles environnantes en offrant des possibilités aux artistes locaux, qu’ils soient professionnels ou amateurs, selon les salles.
Ici une nouvelle petite parenthèse :
Nous avons un tissu de troupes amateur dans la région qui animent les communes et occupent souvent les salles communales le temps de se produire et d’attirer un public plutôt ami et sporadique. Ce qui fait une large différence d’avec une salle comme le théâtre de Carouge par exemple, qui doit à la fois créer de nouveaux spectacles – maison, accueillir des productions professionnelles en tournée (du circuit plutôt des théâtres Nationaux français ou autre), et garder sa mission d’employeur local des intermittents genevois ou vaudois…
Le fonctionnement d’une telle institution génère à la fois une compétition artistique locale, des échanges avec les petites productions du circuit « off » en prêt de matériel, costumes etc, et une émulation entre les divers corps de métier de la scène. Et l’on retrouve ce rapport comme avec le GTG !
Il est question et tout le projet est prêt, la maquette est visible, et le coût de réalisation chiffré, de reconstruire le Théâtre de Carouge.
Mais il est aussi question de La Nouvelle Comédie, de Genève ! Pour elle aussi, liée au chantier du CEVA tout est « dans les tuyaux », comme on dit… Mais le budget et le provisionnement ne sont pas encore acquis et les oppositions peuvent encore tomber quitte si l’on en croit les rumeur à passer par le référendum… Et comme vous le savez sans doute, les tuyaux, ça perce, parfois…
Et surtout actuellement, les trous du CEVA ne sont pas que souterrains, mais également financiers… Ça promet !
La polémique concernant cette Nouvelle Comédie, de Genève enfle depuis quelques jours, et la profession et des affiliés se positionnent pour défendre cette construction et les espoirs de développement qu’elle proposera, ou proposerait… Tandis qu’on aura entendu les politiques
s’exprimer pour ou contre avec différents arguments plus ou moins recevables :
Reflet des discussions autour la Nouvelle comédie :
LA NOUVELE COMEDIE… Polémique… etc… 30.09.2015
Au sein de la commission, le PLR Frédéric Hohl, fondateur de la société NEPSA spécialisée dans l’événementiel, a fait entendre sa voix à propos des futures salles de l’institution, jugées trop petites avec 500 et 250 places. «En tant que professionnel du spectacle, je vous assure que c’est inadéquat. À moins de 1000 places, il est impossible de rentabiliser un espace, de faire du théâtre d’accueil.» Le député admet que le lieu sera avant tout dévolu à la création et qu’une salle de 500 places est idéale pour cela, «mais il
serait important de pouvoir la rentabiliser de temps en temps, en accueillant des pièces plus commerciales».
Michael Drieberg, directeur de Live Music Production, abonde: «Aucun producteur privé ne pourra louer les salles de la Nouvelle Comédie. Ce que je déplore, c’est que l’on admet dès le départ qu’il s’agira d’un espace uniquement dévolu à être subventionné.» Selon Frédéric Hohl, la solution aurait pourtant été simple: «N’importe quel architecte est aujourd’hui capable de faire une salle de 1000 places, réductible de
moitié selon les besoins des spectacles.»
Sami Kanaan, ministre de la Culture à la Ville, se défend d’avoir fait le mauvais choix. «Les théâtres de création européens ont des salles qui tournent autour de 500 places. La Nouvelle Comédie nous permettra d’intégrer le réseau des grandes scènes de création, en réalisant des coproductions. C’est vrai, nous n’accueillerons peut-être pas du théâtre de boulevard, mais il y a d’autres lieux pour cela, comme le BFM ou le Théâtre du Léman (ndlr: 950 et 1300 places). Monsieur Hohl propose un tout autre projet.
Malheureusement, vouloir autre chose que ce que l’on a est une maladie typiquement
genevoise.»
Quant à l’établissement du nombre de spectateurs, il a été réalisé en fonction de «critères physiques», note Michel Kullmann, président de l’Association pour la Nouvelle Comédie. «Des études ont montré qu’au-delà de 20 mètres, on ne distingue plus la physionomie des acteurs. Dans ces salles, nous n’aurons aucune mauvaise place. Je tiens à souligner un cas de figure, rencontré il y a quelques années, lorsque Isabelle Huppert s’est produite au BFM, par le biais de la Comédie. La moitié des spectateurs étaient
fâchés, parce qu’ils ne l’entendaient pas ou ne la voyaient pas.»
Vincent Sager, directeur d’Opus One, principale société romande de divertissement avec Live Music Production, n’est pas du même avis que ses confrères Michael Drieberg et Frédéric Hohl. «Genève n’a pas besoin d’un nouveau théâtre de 1000 places. En ville, nous avons le Théâtre du Léman et le BFM. Ce créneau n’est pas à saturation. Pour un lieu de création, une salle de 500 places est idéale et l’apport de la billetterie importe peu. On peut le déplorer, mais c’est une réalité.» Le professionnel ajoute que la jauge de l’Alhambra, 750 places, pose plus de problèmes. «Et en ce qui concerne la musique, des lieux pouvant accueillir un public d’environ 1200 personnes manquent cruellement.»
Quant à la solution d’une salle modulable évoquée par Frédéric Hohl, Jean Liermier, directeur du Théâtre de Carouge, dont la salle principale avoisine les 500 places, la conteste. «Tous les exemples de salles adaptables que je connais sont mauvais. Il y en a beaucoup en France, effectivement, mais le résultat n’est jamais bon. On a toujours l’impression de jouer devant une salle vide. De tels espaces nécessitent d’autres critères en termes d’acoustique, de réception du spectacle, de sécurité. Pour quelques représentations par an, cela n’en vaut pas la peine.»
À la rentrée, les débats autour de la Nouvelle Comédie se poursuivront au Grand Conseil, avant un vote en plénière qui devrait avoir lieu à la fin de l’année. Si la gauche est le PDC sont acquis au projet, le MCG et l’UDC s’y opposent. C’est donc le PLR, au sein duquel les sensibilités s’opposent, qui fera pencher la balance. (TDG 30.09.2015)

CONCLUSION
Vous le voyez, mes tentatives de description et mes exemples nous font déjà voyager de Genève à Carouge, de Carouge à Annemasse, d’Annemasse à Ferney-Voltaire etc. Le plan est vaste, les offres pléthoriques et les personnalités soucieuses de se montrer les plus pertinentes et les plus performantes !
La culture et les échanges transfrontaliers sont une réalité. Les instances culturelles sont à l’œuvre et bâtissent des ponts, tissent un réseau qui tend à s’organiser de mieux en mieux. Les offices des douanes, Suisse et Françaises et les responsables politiques se parlent et cherchent ensemble. Et la perception d’un territoire plus vaste et plus cohérent chemine dans les esprits.
J’ai donc le plaisir de vous rapporter aujourd’hui cette sorte de photographie après une étude intuitive de mon sujet. Il me semble le grand Genève pourra peut-être devenir exemplaire d’un certain lissage des différences dans une région qui se distingue depuis longtemps comme un pôle de recherche en humanisme, en tolérance et en créativité collective pour le bien des citoyens et de leur accès à la culture. Malgré les moyens différents, et malgré une frontière qui n’a pas encore totalement disparu dans les mentalités, les choses avancent, à de nombreux niveaux.
Je rajouterai enfin que mon vœu le plus intime est que :
Le défi prochain ne soit pas tant de vérifier le bon développement des infrastructures qui, de mon point de vue, est en marche, mais d’encourager la population, tout le monde, les jeunes comme les anciens, les autochtones comme les nouveaux arrivants, à consommer de la culture, à profiter au mieux et selon leurs goûts, de ce qui se propose à eux tous, et toutes. Comme moyens de développer leurs connaissances leur ouverture d’esprit, et leur citoyenneté, enfin. Et si j’ai beaucoup parlé des structures concernant le théâtre ou l’opéra, je considère que tout ce qui concerne la culture compte pour une société éclairée et créative.

ET QUELQUES REFLEXION OU ETUDES NON UTILISEES POUR CETTE TENTATIVE DE DESCRIPTION INTUITIVE…

Après rénovation :Bonlieu Scène Nationale Annecy
REPÈRES / DONNÉES TECHNIQUES :
» 1 702m² (+ 23%) de surface neuve construite pour un total de 9 168m².
» 1 400 personnes accueillies dans le théâtre lorsque les 3 salles fonctionnent simultanément.
» 925 places pour la Grande Salle dont 16 places pour les personnes à mobilité réduite (PMR).
» 270 places pour la Petite Salle dont 6 places pour les PMR.
» 199 places debouts ou 150 places assises pour la Salle de Création Gabriel Monet * dont 4
places pour les PMR sur gradins rétractables.
» 13 loges accueillent 60 artistes.

Comédie de Genève (ancienne)
Jauge : 476 places
– Parterre : 322 places (dont 8 places pour les personnes à mobilité réduite)
– Première galerie : 76 places
– Deuxième galerie : 78 places

CENTRE CULTUREL DE CHÂTELAINE
Le futur Centre culturel de Châtelaine (CCC), dont l’idée a germé dans l’esprit de certains politiciens Verniolans il y a des années, vient de trouver sa forme. Une forme imaginée par un bureau d’architectes espagnol, lauréat du concours auquel ont participé 46 candidats. Ce pôle culturel devrait regrouper deux salles de spectacle (l’une de 150 places, l’autre modulable de 400 à 1500 places), une trentaine de salles de répétitions, des ateliers d’arts, une galerie, deux foyers, deux restaurants et un hôtel. Des espaces pourraient être dévolus aux élèves des Arts Appliqués de la section danse, pour l’heure nomades. A ce programme s’ajoutent des logements pour 350 étudiants et l’aménagement de l’espace public alentour. Pourtant, la question du financement, que les responsables du dossier ne souhaitent pas aborder à ce stade, semble loin d’être réglée. Car l’une des spécificités du CCC réside dans le fait que la totalité, ou presque, du budget d’investissement devra être trouvée auprès de partenaires privés.
L’an dernier (lire notre édition du 10 juin 2014), ce montant était estimé à 60 millions de francs, dont 55 proviendraient de mécènes. La donne a changé depuis que la Fondation HBM Emile Dupont, qui devait financer les logements étudiants, s’est retirée, ayant réalisé que cette charge ne faisait pas partie de ses prérogatives. «Dès lors, notre budget devrait être d’environ 100 millions de francs, estime Pierre Ronget.
Il n’était pas question de se séparer de ces logements qui sont une composante essentielle du CCC. Ils permettront de rendre ce lieu vivant de jours comme de nuit.»
Le CCC sera un lieu pluridisciplinaire, de création, de formation, avec énormément d’espaces de répétitions, ce qui manque cruellement à Genève.» La saison culturelle de Vernier, axée notamment sur la danse et la musique baroque, quittera la salle des fêtes du Lignon et sa capacité de 220 personnes pour le futur CCC. Sans faire exploser les frais de fonctionnement, promet Pierre Ronget. Ceux-ci devraient être en grande partie autofinancés par les activités à l’interne.

GRÜTLI
1°Gradin modulable d’une capacité de 150 à 200 places.
2° salle du 2e: salle de répétition utilisée parfois comme salle de spectacle, modulable de jauge maximale de 50 places.
3° Foyer: utilisé parfois comme petite salle de spectacle modulable pour une jauge de 60 places.

ANNEMASSE
CHÂTEAU ROUGE

1 200 places assises, 1 500 places assis/debout.

DIVONNE
Jauge :
459 places assises en gradin, plus 39 places en fosse escamotable.
1000 places debout en configuration salle de concert sans gradin.

NYON :
USINE À GAZ
: 150 -200 Places
Théâtre de Marens : 462 places
Salle communale : 378 places

THONON
THÉÂTRE MAURICE NOVARINA
: 582 places

EVIAN
LA GRANGE AU LAC : 1 180 places places
CASINO D’EVIAN : 220 Places

L’ARC
L’ARC, un acteur majeur de la coopération transfrontalière
Depuis sa création en 2002, l’ARC s’est fixé pour mission de coordonner l’action et la réflexion de ses membres qui ont à traiter, au sein des instances politiques françaises et transfrontalières, de sujets liés à l’aménagement et au développement du Genevois français. Dans ce cadre, l’ARC représente les collectivités locales françaises partenaires du Grand Genève (ex-Projet d’agglomération franco-valdo-genevois), au même titre que la République et canton de Genève et le District de Nyon.
Avec 379 315 habitants (Insee 2014), l’ARC représente l’un des plus importants syndicats mixtes de Rhône-Alpes, et le seul à ce jour à être engagé dans la construction d’une agglomération transfrontalière.
Le 14 janvier 2010, les membres de l’ARC ont entériné son évolution en Syndicat mixte. Outre le fait que ce statut lui procure une sécurité juridique, financière et administrative, cette structuration permet de disposer d’un véritable outil pour la concrétisation du Projet d’agglomération franco-valdo-genevois.

Les études de l’Observatoire statistique transfrontalier l’attestent : le périmètre de l’ARC et du Grand Genève correspond à la réalité de notre bassin de vie et appelle des réponses politiques à cette échelle.

Un territoire à enjeux
De nombreux défis, partagés à l’échelle franco-valdo-genevoise sont encore à relever. Ce territoire transfrontalier connaît de nombreux déséquilibres sociaux, environnementaux et économiques.
Il doit gérer une croissance démographique parmi les plus dynamiques d’Europe (+ 2,1 % par an en moyenne depuis 10 ans dans les territoires français de l’agglomération). Il doit veiller à une meilleure répartition de la production de logements et de la création d’emplois à l’échelle de l’agglomération. Il doit en outre faire face à un développement urbain induisant une pression sur l’environnement et sur les terres agricoles, une explosion de la mobilité avec un phénomène de congestion aux frontières (550 000 passages de douane par jour en 2011 aux frontières du canton de Genève) ainsi que de fortes disparités dans l’accès aux équipements et en matière de services à la population (santé, culture, formation, etc.).
Pour bâtir un projet de territoire, couvrant les différents aspects de la vie quotidienne des habitants, il était essentiel que chacun des acteurs se concertent et se coordonnent. C’est la vocation du Grand Genève. Celui-ci permet de proposer des réponses élaborées à l’échelle du bassin de vie transfrontalier, qui ne pourraient être portées par une seule collectivité. Les axes de travail majeurs portent sur les questions de mobilité, d’aménagement, de politiques de services, avec la volonté partagée de créer une agglomération qui soit à la fois multipolaire, compacte,verte, solidaire, efficace et dynamique.


Nietzche, homme libre

Résumé de la conférence

La  conférence aura pour objectif de flâner autour et au long de cette  pensée dynamique. Elle ne peut se limiter aux frontières stériles de la  rationalisation. Ainsi, permettra-t-elle de stimuler le for intérieur et essayer de sortir des paramètres de référence établis par l’humain pour le confort de ses illusions.

Pour  ce, elle peut s’avérer dérangeante pour quelques-uns et enrichissante  pour les autres. Surtout et dans le même de loyauté, elle ne prônera  aucune vérité absolue et n’apportera point de réponses aux  questions métaphysiques, mais essayera de libérer l’humain de son  besoin destructeur et obsessionnel de réponses afin de vivre avec la  beauté


Intervenant:

Vicken Bayramian