Déjeuner-débat – 10.02.2023

Prochain Déjeuner-débat à Genève

Le 90ème déjeuner-débat de Dialogue & Démocratie Suisse

(D&DS)

Saison 2022-2023

Vendredi 10 février 2023

au

6, rue de la Scie 1207 Genève

Nous aurons l’honneur de recevoir

Brahima Sanou

Brahima SANOU

Ingénieur Télécom, Ancien Fonctionnaire Élu de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT)

sur le thème

L’économie numérique : une nouvelle société ? 

De nationalité burkinabé, M. Sanou a plus de trente-cinq ans d’expérience dans le secteur des télécommunications/TIC pendant lesquelles il a visité 167 pays à travers le monde. Avant son élection au poste de Directeur du Bureau de développement des télécommunications, M. Sanou a été Directeur Régional de l’UIT pour l’Afrique et Représentant auprès de la Commission de l’Union Africaine et de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique (UNECA) pendant plus de 10 ans.

M. Sanou a la conviction que « nous devrions tous travailler ensemble pour donner un visage humain aux TIC, à la science et la technologie ». En tant que directeur du BDT, il a été le fer de lance d’approches collaboratives avec d’autres agences des Nations Unies, telles que l’UNESCO, l’OMS, la FAO et la Banque mondiale, en vue de rationaliser les TIC pour accélérer la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD) dans les domaines de l’agriculture, de la santé, de l’éducation, du genre, du commerce, des infrastructures, de l’environnement et du changement climatique.

Les qualités de leader de M. SANOU sont reconnues par la communauté internationale qui lui a été décerné le «Prix de la Personnalité Africaine de l’année 2017» par le African Leadership Awards.

11h45  Accueil

12h10 Repas

13h00 Déjeuner-débat

Débats réservés aux Francs-maçons et Franc-maçonnes

Soyez les bienvenu(e)s.

Afin de faciliter les questions d’intendance, nous vous prions de bien vouloir confirmer votre présence au plus tard le 8 février 2023 en cliquant sur le lien

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Déjeuner-débat – 09.12.2022

Prochain Déjeuner-débat à Genève

Le 89ème déjeuner-débat de Dialogue & Démocratie Suisse

(D&DS)

Saison 2022-2023

Vendredi 9 décembre 2022

au

6, rue de la Scie 1207 Genève

Nous aurons l’honneur de recevoir

André Moser

André MOSER

Retraité, ancien ingénieur en génie-chimique, ancien Conseiller municipal, président cofondateur de Dialogue & Démocratie Suisse, président du Cercle-Condorcet-Voltaire du pays de Gex et de Genève, président des Cuisines scolaires Pâquis-Plantaporrêts, membre du Forum d’agglomération du Grand Genève.

sur le thème

La démocratie, la guerre et la franc-maçonnerie

La démocratie s’appuie, dans les pays occidentaux, sur des fondamentaux solides qui ne sont nullement remis en question depuis 77 ans . En effet, les principes de liberté, égalité, fraternité, respect et solidarité restent les piliers de notre souverain bien de même que la séparation des pouvoirs tel que le voulait Montesquieu.

Pourtant les trois quart de l’humanité vivent dans des régimes politiques autres que la démocratie et semble y trouver certains réconforts. Alors, qu’en est-il de l’évolution de l’Homme du 21ème siècle ? Que cherche-t-il dans la démocratie ? Qu’attend-t-il encore d’elle pour satisfaire ses besoins fondamentaux ? Doit-il faire fi des profondes mutations de notre société face aux défis gigantesques posés par la démographie, la raréfaction des matières premières, la suppression des énergie fossiles. Enfin, nous tenterons de comprendre les processus politiques d’empires et de souveraineté des nations dans un contexte maçonnique.

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Déjeuner-débat – 11.11.2022

Prochain Déjeuner-débat à Genève

Le 88ème déjeuner-débat de Dialogue & Démocratie Suisse

(D&DS)

Saison 2022-2023

Vendredi 11 novembre 2022

au

6, rue de la Scie 1207 Genève

Nous aurons l’honneur de recevoir

Rémy HILDEBRAND

Rémy HILDEBRAND

Écrivain, président du Comité Européen Jean-jacques Rousseau , rédacteur en chef de la revue Masonica, Membre du Bureau exécutif de D&DS

sur le thème

Le Marquis de la Fayette

Avocat de la démocratie

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Déjeuner-débat – 14.10.2022

Prochain Déjeuner-débat à Genève

Le 87ème déjeuner-débat de Dialogue & Démocratie Suisse

(D&DS)

Saison 2022-2023

Vendredi 14 octobre 2022

au

6, rue de la Scie 1207 Genève

Nous aurons l’honneur de recevoir

Yves MBODA

Yves MBODA

Passionné à la fois par la technologie et l’entreprenariat, sa carrière professionnelle a été construite autour de la création d’entreprises et la direction de projets d’innovations technologiques au sein d’organisations nationales et multinationales.
Il a débuté sa carrière de salarié comme ingénieur puis il a gravi les différents échelons avant d’intégrer le comité exécutif d’une grande organisation en Suisse.
D’autre part, il a également fondé et dirigé plusieurs startups technologiques, et a reçu divers prix d’innovation.
En parallèle, il a participé à la rédaction de plusieurs normes internationales, et poursuit des recherches dans le domaine de l’entreprenariat où il confronte la réalité de terrain aux guides pratiques d’une part, et aux recherches scientifiques d’autre part.

sur le thème

Du salariat à l’entreprenariat

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Déjeuner-débat – 10.06.2022

Prochain Déjeuner-débat à Genève

Le 86ème déjeuner-débat de Dialogue & Démocratie Suisse

(D&DS)

Saison 2021-2022

Vendredi 10 juin 2022

au

6, rue de la Scie 1207 Genève

Nous aurons l’honneur de recevoir

Philippe BONCOUR

Professeur à Sciences Po , Paris – Ancien Haut Fonctionnaire à l’Organisation International pour les Migrations OIM

sur le thème

Migrer: choix, nécessité ou contrainte ?

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Déjeuner-débat – 13.05.2022

Prochain Déjeuner-débat à Genève

Le 85ème déjeuner-débat de Dialogue & Démocratie Suisse

(D&DS)

Saison 2021-2022

Vendredi 13 mai 2022

au

6, rue de la Scie 1207 Genève

Nous aurons l’honneur de recevoir

Jean CHAR

Journaliste- essayiste

sur le thème

Démocratie direct, droit d’initiative dans dans l’Union européenne, une vision suisse

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Déjeuner-débat – 10.02.2017

Déjeuner-débat à Genève

(D&DS)

Saison 2016-2017

Vendredi 10 février 2017

au

6, rue de la Scie 1207 Genève

Nous aurons l’honneur de recevoir

Pierre Aepli

Pierre Aepli

Thème

Occident, hier, aujourd’hui, demain


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Débats réservés aux Francs-maçons et Franc-maçonnes

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Résumé

Livre : OCCIDENT HIER, AUJOURD’HUI, DEMAIN

Auteur: Pierre Aepli

Le livre s’attache dans sa première partie à examiner ce qui explique la suprématie incontestable que l’Occident a acquise sur le reste du monde depuis le 18e siècle, et qu’il conserve toujours en grande partie aujourd’hui.

Si, au début du 16e siècle, la Chine et l’Empire ottoman sont encore plus avancés dans de nombreux domaines, l’essor de l’Occident va lui permettre de les rejoindre, les dépasser puis les dominer. A quoi est dû cet essor ? Le livre identifie les facteurs clés du succès de l’Occident en les plaçant chaque fois en regard des situations chinoise et ottomane. Parmi les raisons principales de la prédominance occidentale, il souligne que la géographie de l’Europe lui assure d’énormes avantages en termes climatiques, d’agriculture et de facilité des échanges. Elle a aussi un effet déterminant sur sa structure politique puisque le dessin côtier très découpé et les frontières naturelles bien marquées engendrent la diversité et la stabilité de ses Etats. Cette configuration éclatée, à l’inverse de celle des grands empires orientaux, stimule la concurrence des nations, favorise la recherche scientifique, le développement du commerce et de l’industrie, la révolution militaire et l’instauration d’institutions rationnelles étatiques.

C’est sur ce socle que sont édifiés les six éléments qui distinguent l’Occident des autres civilisations et lui procurent les moyens de sa domination :

  • l’idée de progrès impose la vision d’une ascension infinie vers le mieux ;
  • la raison conquiert son autonomie en se libérant des contraintes religieuses et fournit les instruments de compréhension des lois qui régissent le monde et les outils pour agir sur lui ;
  • sa capacité d’autocritique le pousse constamment à se remettre en question ;
  • l’Etat-nation : il permet la subordination de toutes les forces de l’Etat au service de sa politique ; il se distingue des empires multiculturels de l’Orient par sa conception des sources de la loi, de la légitimité, des modes de désignation et de succession des gouvernants, du rôle des citoyens dans l’exercice du pouvoir ;
  • l’art militaire : il soumet la stratégie et la conduite des armées aux impératifs de la raison et, conjugué à la suprématie scientifique et technologique, dote l’Occident des moyens de conquête du monde ;
  • le dynamisme du système économique où une classe de marchands, d’industriels et de financiers, mue par l’idée de progrès, inspirée par les doctrines des économistes libéraux, ouverte à l’application des découvertes technologiques, âpre au gain, mais transcendée par une éthique de travail d’essence calviniste, pérennisée par le droit de propriété qui la met à l’abri de l’arbitraire qui règne en Chine et dans l’Empire ottoman, domine le commerce maritime, conquiert les marchés d’outre-mer et, facteur capital, sait exploiter les avancées technologiques pour accomplir la révolution industrielle qui va creuser l’écart avec les autres civilisations.

La deuxième partie du livre analyse la situation de l’Occident en ce début du 21e siècle à partir des grandes modifications qui remodèlent l’ordre international. Le monde bipolaire, structuré par la rivalité des USA et de l’URSS prend fin en 1991 ; il est remplacé, après une brève période de règne incontesté des USA, par une configuration instable où de nouveaux centres de pouvoirs émergent sans qu’il soit encore possible de discerner les contours du nouveau système de relations internationales qui se met en place, ni les règles qui le régiront. L’évolution démographique, les risques climatiques accrus, le déplacement de la puissance économique vers l’Asie, l’apparition de nouvelles puissances régionales, l’expansion de l’islam fondamentaliste, les effets de la mondialisation et les rejets qu’elle suscite érodent et menacent les positions de l’Occident.

Les instruments de sa puissance apparaissent affaiblis : l’Etat-nation est contesté par le haut en raison de la création d’espaces supranationaux, il l’est aussi par le bas par la multiplication des revendications irrédentistes et particularistes de sociétés devenues hétérogènes à qui la présence de plus en plus affirmée de l’islam pose de graves défis. Les dispositifs militaires des pays occidentaux ne sont plus adaptés aux types de conflits asymétriques qui ensanglantent les zones de crise alors que dans les sociétés développées les menaces de la criminalité et du terrorisme ont succédé à celles des agressions militaires ; les crises économiques et financières ébranlent ses économies ; son avance en matière de recherche scientifique se réduit. Les conditions qui ont favorisé son expansion se modifient. Affaibli démographiquement, essoufflé économiquement, sa suprématie militaire questionnée par les nouvelles formes de conflit, ses institutions politiques peinant à s’adapter aux défis de la mondialisation et aux revendications de sociétés devenues plus hétérogènes, l’Occident doute de ses valeurs, culpabilise sur son passé, s’interroge sur son avenir. Plus grave, l’autocritique constructive qui l’a rendu capable de corriger ses pires excès se transforme en critique destructrice et paralysante dont le politiquement correct n’est que l’une des formes débilitantes.

L’Occident conserve toutefois de grands atouts qui devraient l’aider à maintenir une place de premier plan dans le monde de demain : il n’est pas menacé militairement, son PIB représente toujours une part importante du PIB mondial, ses universités demeurent parmi les meilleures du monde et sa science reste à la pointe. La question qui se pose est de savoir s’il saura mobiliser ses forces comme il l’a fait pour résister au totalitarisme ou si, fatigué et culpabilisé, il renoncera à défendre les valeurs et les institutions qui sont les siennes.

La troisième section de l’ouvrage, en s’appuyant sur les enseignements que peut présenter l’histoire de la fin des empires et des civilisations, et en prenant en compte les lignes de force, les tendances et les facteurs d’incertitude que l’on peut identifier aujourd’hui, établit trois scénarios (optimiste, réaliste, pessimiste) en fonction d’hypothèses sur l’évolution démographique, l’état des ressources, le développement économique et ses conséquences pour les classes moyennes, les risques de conflit et les structures de l’ordre international qui se met en place et dont la stabilité ou l’instabilité dépendront du type de relations qui s’établiront entre la Chine et les USA.

La conclusion pose la question de savoir s’il faut défendre l’Occident et répond qu’il faut défendre ce qu’il représente, c’est-à-dire ce que nient ou combattent ses adversaires : la séparation du politique et du religieux, la liberté d’expression et de croyance, l’égalité des sexes, les choix individuels. Ce combat ne doit cependant pas être l’apanage d’un Occident blanc et chrétien défini géographiquement, il doit être élargi à tous les peuples qui se rattachent à une modernité définie par ces valeurs que l’on doit considérer comme universelles.


Résumé de la conférence




Déjeuner-débat – 14.09.2012

Déjeuner-débat à Genève

(D&DS)

Saison 2011-2012

Vendredi 14 septembre 2012

au

6, rue de la Scie 1207 Genève

Nous aurons l’honneur de recevoir

Marc-Henri Charoton
Chantal Freymond
Alain Marti

Thème

Éthique maçonnique dans la cité et la démocratie


11h45: Accueil

12h10: Repas

13h00: Déjeuner-débat

Débats réservés aux Francs-maçons et Franc-maçonnes

Soyez les bienvenu(e)s.

Déjeuner-débat D&DS du vendredi 14 septembre 2012

Nous proposons d’appeler « éthiques » les principes de comportement qu’une société adopte démocratiquement après les avoir estimés bons pour elle, et nous nommerons « morales » les normes de bonne conduite imposées à une société au nom d’un pouvoir transcendants (Omnis potestas a Deo – Ep. Rom. XIII, 1-7).

« La morale commande – l’éthique recommande » (Alain Etchegoyen, « La valse des Éthique »).

La dignité de la personne ne peut se conjuguer avec aucune des ségrégations ou exclusions envisagées par les théories racistes.

C’est ainsi qu’une nouvelle définition de la personne commande tout d’abord :

  • Un respect fondamental pour les personnes de toutes les origines ethniques, en rejetant tout racisme manifesté ou rampant.
  • L’instauration de l’égalité des deux sexes sans dérobades dans des arguties retardatrices. Il n’y a pas une sous-humanité de « féminitude ».
  • Le respect des handicapés, des naufragés sociaux, des diminués par vieillesse ou maladie, des condamnés, des prisonniers et même le respect des personnes qui sont mortes.
  • La dignité de la personne exige la mise hors-la-loi de la torture.
  • Le contrat social doit exiger que la vie de tout humain soit considérée comme sacrée. Cela signifie qu’un châtiment ne devrait jamais prévaloir sur le respect de la vie, même lorsqu’il faut sanctionner l’individu le plus criminel.
  • La peine de mort – encore légale dans de nombreux pays – est une source d’injustices irréparables et une négation ignominieuse de l’inviolabilité de la personne. Finalement, sauf à se profaner dans la barbarie totalitaire ou se laisser réifier par une économie de marché effrénée, l’humanité sera bien obligée de fonder, sur le seul respect d’elle-même, une motivation de la sauvegarde absolue des personnes.


Mais hormis la défense de la dignité et du droit à la vie pour toute personne constituée, il serait hypocrite de prétendre analyser ces valeurs fondamentales sans spécifier aussi les libertés qui leur sont intimement associées :

  • La liberté de vivre de toute personne devrait nécessairement comporter l’accès aux soins médicaux préventifs et curatifs ainsi qu’une demeure décente.
  • La liberté pour toute personne de ne subir aucune mutilation organique ou mentale ou limitant sa vie sexuelle et sa liberté de procréation ou de non procréation sans nuisances pour autrui.
  • La liberté de l’esprit – ce qui exclut l’information tendancieuse ou truquée, la rumeur meurtrière et l’endoctrinement sectaire.
  • La liberté de la croyance mais aussi de la non-croyance, y compris dans les pays où existe une religion d’état. Cela signifie qu’aucune personne ne devrait plus être méprisée, rejetée ou condamnée pour des raisons religieuses.
  • Enfin, la liberté de s’exprimer par la parole, par l’écrit et l’audiovisuel.


La Maçonnerie évolutive veut être un centre de l’union que tout humain de bonne volonté – quelles que soient ses croyances personnelles – est invité à rejoindre.
L’éthique maçonnique ne se borne pas à favoriser la réflexion littéraire ou philosophique sur le symbolisme, mais elle propose d’intégrer des éléments de sagesse dans la pratique quotidienne des personnes et des sociétés humaines.

Pour enrichir le débat:

Franc-maçonnerie au XXIème siècle

La franc-maçonnerie a-t-elle encore un sens au 21e siècle?

En 40 ans, la franc-maçonnerie a perdu presque 50% de ses adhérents aux États-Unis.

En France et ailleurs en Europe le nombre de francs-maçons augmente, mais les dissensions de toute sorte sont fréquentes.Elles contrecarrent les raisons de notre adhésion à ce mouvement. L’influence de la franc-maçonnerie sur la société a régressé partout. N’est-ce pas le moment pour réfléchir sur le sens et le rôle de la Franc-Maçonnerie au 21ème siècle et redémarrer sur d’autres bases?

Introduction

La franc-maçonnerie est un mouvement initiatique que certains confondent avec une religion, d’autres avec un mouvement politique, une occasion de se réunir entre amis pour philosopher, ou bien un organisme de bienfaisance. Enfin, pour de nombreux maçons il s’agit principalement, sinon uniquement, d’un système de moralité à la fois voilé et explicité par des allégories et illustré par des symboles. Toutes ces démarches sont respectables et correspondent en partie au rôle de la franc-maçonnerie, mais elle n’a pas été créée uniquement ou principalement pour elles.

  • Si la franc-maçonnerie s’identifie à une assemblée de croyants, elle cesse d’être unique et irremplaçable.
  • Quand elle tente de jouer le rôle de parti politique ou de syndicat, elle n’accomplit pas non plus sa tâche spécifique. Par ailleurs, elle ne dispose pas d’outils appropriés pour être vraiment efficace dans ces domaines.
  • Ses règles de fonctionnement n’en font pas non plus le meilleur club de débats.
  • En se limitant à la bienfaisance, elle est surpassée par les ONG et autres sociétés caritatives.
  • La « haute valeur morale » étant la condition d’admission en maçonnerie, on peut concevoir que le travail en loge sert à la développer, mais la Constitution d’Anderson,fondatrice, lui assigne encore d’autres tâches.
  • Quant à certaines loges, transformées en instrument de promotion d’intérêts personnels, elles trahissent la franc-maçonnerie.

Certes, la franc-maçonnerie offre à ses adhérents une dimension spirituelle et morale, mais elle n’est pas nécessairement religieuse. Elle les incite à s’impliquer davantage dans la cité, mais ne se substitue pas pour autant aux partis, syndicats, associations, ni à l’université. Enfin, elle ne doit pas être un groupement d’intérêts. Ces confusions réduisent l’impact de la franc-maçonnerie et il n’est pas surprenant que depuis 40 ans elle ait perdu presque la moitié de ses effectifs, notamment aux Etats-Unis.

Cependant, la diminution de son attractivité n’est pas due uniquement à de telles erreurs d’entendement, pas plus qu’à la prétendue baisse d’intérêt des sociétés occidentales pour la spiritualité. Si cette baisse était réelle, les « sectes » et autres nouveaux chemins vers la transcendance ne fleuriraient pas autant, en particulier aux USA.

Il ne faut pas oublier que presque depuis la naissance de la franc-maçonnerie moderne, en 1723, les tenants de pensées centralisatrices et autoritaires expriment leur hostilité, parfois la haine, de sa nature humaniste, égalitaire et de sa liberté d’esprit. La premièreBulle papale date de 1738… Elle a été suivie par plus de deux siècles de calomnies et de tentatives de déstabiliser la franc-maçonnerie qui ont brouillé encore davantage son image. En Europe, les attaques et la persécution des francs-maçons par les nazis et les communistes du bloc soviétique sont dans toutes les mémoires.

Il n’est donc pas étonnant que les non-initiés, et parfois les francs-maçons eux-mêmes ne comprennent plus bien le sens profond et le rôle spécifique de ce mouvement.

La franc-maçonnerie moderne invite ses membres à faire un travail sur eux-mêmes et à assumer vis à vis de l’humanité des devoirs qu’aucune autre organisation ne prend en compte. Elle leur offre une méthode initiatique particulière. Toutefois, pour savoir si la franc-maçonnerie a encore un sens au 21e siècle, il faut revenir à ses fondamentaux.

XVe – XVIIIe siècles: époque charnière de l’histoire occidentale

Pour saisir le sens de la franc-maçonnerie dans le monde actuel il faut d’abord se rappeler les circonstances de sa naissance il y a trois siècles.

La franc-maçonnerie moderne a surgi à un moment de basculement de civilisation européenne où quatre loges de Londres ont considéré utile, et même nécessaire, de se fédérer et de doter l’initiation maçonnique traditionnelle d’un contenu réactualisé.

  • A la Renaissance, au XVe et XVIe siècles, l’Europe a redécouvert la puissante culture antique gréco-romaine.
  • Le saut technologique des transports maritimes permet de relier les continents et de découvrir de nouveaux territoires. En même temps, les échanges en Europe se développent grâce aux relais postaux, créés au XVe siècle pour les courriers administratifs et militaires, puis ouverts aux privés. L’invention de l’imprimerie les a enrichis.
  • Parallèlement, de nombreuses sciences connaissent un développement radical et de nouvelles disciplines naissent. La recherche s’affranchit d’un bon nombre de préjugés,  ses méthodes deviennent plus fiables, ses résultats vérifiables.
  • Toutes ces avancées approfondissent la connaissance de la plupart des civilisations du monde, passées et présentes, et posent les prémices d’une meilleure compréhension entre les individus et les sociétés éloignées.

L’acquisition de ces savoirs a abouti, entre autres, à la création de l’Encyclopédie.

Cette richesse d’informations et d’expériences, à la fois personnelles et collectives, sans équivalent jusqu’alors, rendait possible un bond dans l’étude de l’homme, de sa place dans l’univers et de l’univers lui-même. Elle posait les fondements d’une nouvelle étape du développement de l’humanité.

Naissance d’une civilisation planétaire

Divisés jusque-là en familles, clans, tribus, villages, pays et divers autres groupements, limités dans le temps et l’espace, les humains ont commencé à se percevoir comme parties prenantes d’entités planétaires durables, économiques, politiques et culturelles. Cela n’a pas dissout les sous-ensembles précités, mais a fait comprendre que les hommes et les femmes étaient aussi des parcelles de l’humanité, sorte d’organisme composé de tous les humains. Ce nouveau concept de l’humanité qui s’inscrit peu à peu dans la réalité « palpable », a abouti, au XVIIIe siècle à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, au XIXe siècle à la Déclaration universelle des droits de l’homme qui place ce dernier sous la protection de l’ensemble de la communauté, puis au XXe siècle à la création de tribunaux supra-nationaux jugeant les « crimes contre l’Humanité ». Quelle sera la prochaine expression de cette philosophie?

Méthodes de création d’une civilisation planétaire

La formation d’une entité planétaire peut s’effectuer soit par la domination d’un pays ou d’une civilisation sur les autres, soit par la construction d’une humanité multiculturelle, basée sur le respect des différences. La première méthode existe et se perpétue depuis la nuit des temps au niveau des clans, pays, religions. La deuxième est utilisée moins souvent.

Les auteurs de la Constitution d’Anderson semblent avoir été convaincus que la mise en commun du potentiel de l’humanité dans sa diversité pourrait être la condition indispensable de réussite de la « mondialisation » qui s’annonçait.

Comment l’ont-ils exprimé ? De quelle manière leur héritage peut-il contribuer au succès de la construction pacifique d’une civilisation planétaire multiculturelle?

Les fondateurs de la franc-maçonnerie moderne faisaient partie des penseurs les plus éclairés de leur temps. Plusieurs appartenaient à l‘Académie Royale de Londres. Scientifiques et philosophes, ils évoluaient parallèlement au mouvement des Lumières en France. Ils avaient l’intuition, et sans doute  aussi les moyens de comprendre rationnellement, l’esprit de leur époque et de le traduire en action. C’est à peu près comme si au XXe siècle la méthode initiatique aurait été repensée par Einstein, Bergson, Freud, Marie Curie, Ghandi et quelques autres de leurs pairs…

Pour faire saisir la merveilleuse richesse des savoirs, accumulés par les générations précédentes, au plus grand nombre de leurs contemporains et de leurs successeurs, ils les ont rassemblés sous forme de rituels et de symboles, régis par les règles spécifiques d’un système initiatique. Ils n’ont pas traité ces connaissances, opinions et pratiques du point de vue historique. Ils ne les ont pas non plus exposés sous forme logique, mais représentés par des images faciles à mémoriser. A  la différence de « vraies » encyclopédies, les symboles et rituels maçonniques ne décrivent pas les connaissances, ils se contentent de les évoquer et de dessiner les liens qui les unissent par-dessus les civilisations. En plus, ces rituels et symboles contiennent le mode d’emploi orientant l’utilisation de tous ces savoirs vers la création d’une « humanité nouvelle ».

L’origine des symboles, rites et rituels maçonniques est étonnamment disparate.

A première vue, mélanger les cultures égyptienne, grecque et romaine, les religions juive et chrétienne, les procédés initiatiques des alchimistes et des templiers, réunir dans un même ensemble des francs-maçons « opératifs » et « spéculatifs », risquait d’aboutir à un kaléidoscope de contradictions. Nos savants prédécesseurs auraient certainement été en mesure d’élaborer un système cohérent sans recourir à ces mélanges, sans anachronismes et contresens apparents. Pourquoi alors, à leurs yeux, pouvait-il paraître nécessaire de nous transmettre leur vision du monde par une telle méthode qui nécessite l’acquisition d’une grille de lecture permettant d’attribuer aux symboles des valeurs en fonction du contexte de leur utilisation ?

La réponse à ces questions se trouve dans la pratique maçonnique. Ce qui précède semble très compliqué, mais dans les temples l’initiation fonctionne sans que l’on soit nécessairement conscient de tous les tenants et aboutissants.

La franc-maçonnerie moderne est une sorte d' »encyclopédie universelle condensée ».

Pour « décompresser » ces savoirs, ses adeptes doivent fournir un intense effort. Le but n’est  pas d’acquérir l’ensemble des connaissances contenues dans les rituels et symboles, chacun acquière les informations qui trouvent un écho dans ses propres connaissances et expériences. Cependant, l’immersion dans l’atmosphère des loges favorise l’étude des idées les plus variées, souvent très éloignées de ce que les francs-maçons rencontrent dans leur vie de tous les jours. Ainsi apprennent-ils assez vite à déchiffrer les symboles, à écouter les opinions les plus contradictoires et à tolérer même celles qui s’opposent à leurs convictions. Il ne s’agit pas de les accepter passivement, pas plus que de renoncer à sa propre personnalité, bien au contraire. Les échanges qui s’ensuivent sont un bon entrainement à étayer ses propres pensées, et aussi à les exposer clairement, sans pour autant tenter de les imposer aux autres. Cet élargissement de l’horizon développe l’imagination. Par extension, l’initiation maçonnique fait comprendre que tout sur la terre est lié, au point d’être interdépendant.

Les fondateurs de la franc-maçonnerie moderne étaient écologistes avant l’heure.

Tolérance, liberté d’esprit, fraternité

Les membres des quatre loges de Londres étaient tous des fidèles sujets de sa Majesté et des bons croyants protestants mais, pour les raisons déjà exposées, ils ressentaient le besoin d’une liberté absolue de conscience. L’article premier de laConstitution d’Anderson qu’ils ont rédigée exprime clairement cette exigence:

« Un maçon est obligé, selon son Ordre, d’obéir à la loi morale et s’il entend bien l’art, il ne sera jamais un athée stupide ni un profane libertin. Quoique dans le vieux temps les maçons fussent obligés d’être de la religion de chaque pays où ils étaient, cependant on juge maintenant qu’il est plus convenable de les obliger seulement à être de la religion dont tous les honnêtes gens conviennent, en gardant leurs opinions particulières pour eux-mêmes: c’est à dire être des hommes vrais et bons, ou hommes d’honneur et d’honnêteté, peu importe par quel nom ou conviction ils peuvent être distingués; ainsi la maçonnerie devient-elle le Centre de l’Union et le moyen d’établir une étroite et solide amitié parmi des personnes qui auraient dû être à jamais maintenus à distance. »

« …  être de la religion dont tous les honnêtes gens conviennent » ne fait évidemment référence à aucune église ni foi métaphysique car aucune n’est commune à tous. Les fondateurs de la franc-maçonnerie moderne pensaient à la morale « des hommes vrais et bons, ou hommes d’honneur et d’honnêteté », qu’ils espéraient universelle. Elle semble exister, fondée à la fois sur l’instinct de survie et les exigences de la vie en commun. Elle incite, au moins dans les conditions de vie « normales », à la coopération et interdit de nuire aux autres.

Pour rendre « palpables » les liens unissant tous les humains et  »rassembler ce qui est épars », ils ont forgé la notion de « fraternité universelle ». Ils voulaient que les francs-maçons soient le point de départ et le centre de l’union de cette nouvelle humanité.

Ces hommes étaient vraiment admirables. Considérer, après tant de guerres interminables, tous les humains comme frères et vouloir dialoguer avec eux sans préjugés était une idée bouleversante.

Certes, de nombreuses religions sont fondées sur l’idée de fraternité, mais elle diffère en plusieurs points de la fraternité des francs-maçons:

  • La fraternité religieuse est toujours « verticale » car elle relie les humains en tant qu’enfants d’un être supérieur, leur Père.
  • Être issus tous du même père tout puissant est rassurant.
  • La fraternité qui en résulte est fondée sur la soumission à ce père, voire à ceux qui le représentent.
  • Elle est synonyme de l’amour qui, à l’instar des familles de sang, devrait régner entre les membres des églises.
  • Pour les religions la fraternité se limite presque toujours à leurs adeptes et à eux seuls.
  • Certaines églises ont tenté d’imposer leur croyance même aux non-croyants par le feu et l’épée, moyens pas vraiment appropriés pour répandre fraternité et amour…
  • La fraternité maçonnique est « horizontale ». Elle résulte d’une décision individuelle de percevoir les autres comme ses frères et d’être reconnu à son tour comme leur frère.
  • A priori, l’homme se méfie de tous ceux qui diffèrent de lui. Considérer par un choix volontaire,  directement, sans intermédiaire, les autres, tous les autres, comme frèresdemande un grand effort. La « méthode maçonnique » prépare les « initiés » à le fournir et leur offre les outils nécessaires.
  • La fraternité qui en résulte est fondée sur la liberté.
  • Plus que l’amour, elle exprime un lien. Il s’agit de comprendre et de ressentir à quel point les humains sont interdépendants à la fois entre eux et avec tout ce qui les entoure. Le caractère viscéral de ce lien pouvait être supposé depuis longtemps, grâce à l’observation de la nature en général et celle des foetus humains aux différents stades de leur évolution. Au XIXe siècle, ce lien a été prouvé par la théorie de l’évolution des espèces de Darwin, puis re-confirmé encore plus fermement un siècle plus tard par l’écologie.
  • Les observations scientifiques actuelles prouvent que la diversité est la condition indispensable du développement et du maintien de la vie sur la terre. Les fondateurs de la franc-maçonnerie moderne ont eu l’intuition de l’importance vitale de la diversité. Leur concept de la « fraternité universelle » enseigne la compréhension de toutes les visions du monde et, compte-tenu de ce qui précède sur l’évolution, le respect de toutes les formes de vie.
  • Les francs-maçons n’ont jamais voulu imposer par force l’adhésion à leur mouvement. Tous « les honnêtes gens » devraient en faire partie, toutefois cela ne dépend que de leurs libre-arbitre.

La fraternité religieuse et la fraternité maçonnique ne s’excluent pas, elles jouent chacune un autre rôle.

L’homme doit être capable d’être à la fois indépendant et de savoir se soumettre. Son indépendance d’esprit l’aide à apprendre, à comprendre, à développer un regard critique. Par contre, son interdépendance avec les autres, donc la nécessité de vivre en société, l’oblige parfois à obéir. La société lui permet de survivre et également de confronter son savoir avec celui des autres, de vérifier sa pertinence, de l’enrichir et de le rendre utile. Enfin, sa double nature d’individu et de parcelle de divers ensembles l’aide à choisir entre opinions et intérêts (le sien et celui de la collectivité) parfois opposés, puis d’agir en fonction de ce choix. Ces qualités contradictoires et complémentaires, apparemment inconciliables, peuvent coexister en alternance.

Exigence morale

La franc-maçonnerie est une vision du monde, une méthode initiatique d’apprentissage et une exigence morale. Ses concepteurs étaient conscients que, pour arriver à bon port, leur projet devait être fondé sur des « valeurs » et encadré par elles.

Les valeurs de la franc-maçonnerie moderne sont issues de la morale profane et religieuse, notamment protestante, de l’Angleterre du XVIIe et XVIIIe siècles. Elles ont été enrichies par d’autres apports. Bons sujets de sa Majesté et, pour la plupart, croyants fidèles, nos ancêtres ont été sûrs du bien-fondé de leurs convictions, mais ont été capables de relativiser leurs opinions. Ils admettaient que la franc-maçonnerie pouvait évoluer, se transformer et se diversifier suivant les pays. Ils savaient que si le « point ferme » d’Archimède était indispensable pour faire « bouger la terre », il pouvait être situé à divers endroits.

Si elle est maniée correctement, la méthode maçonnique exclue tout dogmatisme. Au contraire, dès ses origines la franc-maçonnerie moderne est vouée à la diversification car chaque maçon, chaque loge, obédience et pays déchiffrent son contenu en fonction de leurs cultures personnelles et collectives. La Constitution d’Anderson prône le respect et la tolérance. L’une des clefs  de ce système se trouve dans le symbole du « pavé mosaïque »…

Conclusion

Commencée à la Renaissance, accentuée au XVIIe siècle, confirmée au XVIIIe, l’unification du monde se poursuit jusqu’à aujourd’hui et continuera demain. Aujourd’hui les États hésitent entre la conquête et l’association. Ils tentent de collaborer pacifiquement, mais  s’arment au point de pouvoir détruire l’humanité entière. Certains pensent être en mesure d’imposer leur domination par intimidation, sans arriver à l’extrémité d’une guerre mondiale, mais ils marchent sur la corde raide, risquant de précipiter dans l’abîme avec eux toute l´humanité.

Cet armement à outrance relève de la folie. Même si une superpuissance arrivait à s’accaparer du monde, les problèmes posés par la construction d’une civilisation planétaire sont tellement complexes qu’un État ou un petit groupe d’États, aussi puissant soit-il, ne peut pas les maîtriser. L’exemple de nombreux très grands empires prouve que, mus par une seule vision, ils ont été voués à la destruction. La difficulté ne consiste pas uniquement dans la quantité de données « objectives » à prendre en compte, mais dans l’incroyable diversité des humains qui leur permet de s’adapter et de survivre dans  pratiquement n’importe quelles conditions. Elle résonne avec l’instinct vital de notre espèce et c’est aussi pour cette raison que chaque groupe défend sa particularité avec énergie.

L’initiation maçonnique ouvre l’esprit à la diversité, à la tolérance, au respect et à l’amour des autres. Elle nous permet de nous débarrasser de nos préjugés et d’imaginer une profonde réorganisation de nos modes de vie dont nous sommes prisonniers. Ainsi, la franc-maçonnerie moderne est-elle l’amorce d’une nouvelle civilisation.

Si pour la survie de l’humanité la diversité des cultures est aussi importante que la bio-diversité, alors la franc-maçonnerie est toujours d’actualité. En sommes-nous suffisamment conscients? Sommes-nous dignes de cet héritage? N’a-t-il pas été dilapidé ou trahi?

Source: http://www.franc-maconnerie-moderne.com


LA FM, laboratoire de l’idée européenne

https://www.canal-u.tv/video/universite_de_nice_sophia_antipolis/embed.1/la_franc_maconnerie_laboratoire_de_l_idee_europeenne.8186?width=100%&height=100%


Éthique maçonnique

Voici un extrait d’une planche intitulée « L’éthique maçonnique. Le Franc-Maçon entre le doute et la certitude » sur l’éthique en général et l’éthique maçonnique en particulier.
Source: Grand Orient de Luxembourg / Curitiba-2002

…… Et nous en arrivons à l’éthique.

C’est par la méditation, la discussion avec les autres, la réflexion que le doute se transforme lentement en certitude et que la certitude devient vérité, devient éthique. Comme Jacques Monod, je dirai donc que l’éthique, c’est la quête incessante de la vérité.
Le terme  » éthique  » est utilisé à tout bout de champ : il y a l’éthique professionnelle, l’éthique de l’environnement, l’éthique militaire, l’éthique de l’information, la bio-éthique, l’éthique sociale, l’éthique commerciale, l’éthique de l’économie, l’éthique maçonnique etc. Ce terme est sans cesse confondu avec ceux de loi, de règlement, de principe, d’interdit fixant des droits et des devoirs.
Il nous faut donc retourner à la source de toute éthique dans la pensée humaine ; la philosophie.

L’éthique implique une réflexion critique sue les comportements. L’éthique est la partie de la philosophie qui étudie les fondements de la morale.
En pratique, la morale ou les morales concernent des valeurs, des principes, des règles, des normes régissant nos comportements.
L’éthique appliquée est ce qu’il convient de faire pour tendre vers le bien dans un champ d’application particulier. Il s’agit d’une démarche individuelle ou de groupe tenant compte et influencée par notre culture, notre religion, les obligations légales, les pratiques sociales de notre communauté et les pratiques institutionnelles, nos règles déontologiques.
Citons  » Ethique et valeurs  » de Suzanne RAMEIX : l’éthique n’est ni une science, ni une technique, ni un système de règles institutionnelles comme le droit ou la déontologie. Pourtant elle est bien l’objet d’un travail rationnel sur les valeurs. (Fin de citation).

Partons rapidement à la recherche de quelques-unes de nos valeurs de notre horizon normatif commun dans notre civilisation.
Citons pour cela quelques extraits de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, adoptée par l’assemblée générale des Nations Unies le 10 décembre 1948 :
 » Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits, sans distinction aucune notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique, etc. Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. Nul ne sera soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels inhumains ou dégradants. Chacun à la droit à la reconnaissance  en tout lieu de sa personnalité juridique. Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ni d’atteinte à son honneur et à sa réputation. Toute personne à droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. « 

Aborder l’éthique, aborder les fondements de la morale :
C’est interroger nos connaissances des choses et des hommes en utilisant nos facultés de jugement et de discernement, faire la différence entre ce qui est juste et ce qui ne l’est pas, entre ce qui est bien et ce qui est mal.
C’est entrer dans le monde de l’action et s’interroger sur ce que nous pouvons faire ou ne pas faire.
C’est entrer dans un espace intérieur, dans notre propre exigence de vérité qui nous fait tâtonner, chercher à comparer et à comprendre.
L’éthique est donc à la croisée de trois domaines :

  • Notre besoin de comprendre une situation ;
  • Notre pouvoir d’agir sur cette situation ;
  • Et notre propre exigence de vérité.

La dimension éthique ou morale est une des spécificités de l’espèce humaine. Les religions ainsi que les philosophies ne s’y sont pas trompées. Etrangement le mot « éthique » est aujourd’hui accepté dans le discours, alors que le terme « moral » est souvent rejeté au nom d’une connotation vaguement religieuse ou bien pensante. Ce sont pourtant deux termes qui étymologiquement sont dérivés de la même idée.
« Ethique » vient du grec « ethos » et « morale » vient du latin « mores » qui tous deux signifient ce qui a rapport aux mœurs, aux comportements humains, à la façon de vivre.

Cela ne nous explique pas la différence entre morale et éthique. Quelle est cette différence ?
La morale se fonde sur la notion de bien et de mal « en soi », c’est à dire : est bien ce qui a été reconnu comme étant bien par la collectivité.
L’éthique se rapporte d’avantage à ce qui peut être bon ou mauvais « pour soi ». Ici la priorité est donné à ce que la personne considère comme étant bon ou mauvais pour elle même.
La morale nous aide à répondre à la question « que dois-je faire ».
L’éthique cherche la réponse à « comment dois-je vivre ».
La morale tend à promouvoir la vertu.  L’éthique tend à favoriser le bonheur. La morale tient pour idéal le bien-être.


L’éthique tient pour but ultime la sagesse.
Pour en finir, je dirai ceci :
L’éthique est universelle. Elle s’énonce donc au singulier. Elle a une visée réflexive et propose un comportement personnel selon la conscience de chacun. L’éthique est cohérente. Elle prend en compte des éléments apparemment sans lien, des paradoxes, pour une cohérence plus élevée que celle envisagée à première vue, par exemple : souhaiter la mort de quelqu’un qu’on aime parce qu’il souffre atrocement. L’éthique réhabilite les fonctions cordiales et symboliques entre les personnes.

Et que dire de l’éthique maçonnique ? Sommes-nous concernés ?…….
……Dans un rituel du Grand Orient de Luxembourg, écrit à l’occasion de l’Assemblée Générale du CLIPSAS qui a eu lieu à Luxembourg le 28 mai 1995, le Vénérable Maître demande au Frère Orateur :
« Frère Orateur, veuillez énoncer les sept piliers de la Sagesse, tels qu’ils furent énoncés le 4 mai 1986 au Palais de l’Europe à Strasbourg et qui constituent les fondements de l’éthique maçonnique libérale. »
Réponse du Frère Orateur :
« Les principes fondamentaux sont :

  • La tolérance.
  • Le respect des autres.
  • L’attachement à la liberté.
  • Le sens de la liberté.
  • Le désir du progrès humain.
  • La pratique de la fraternité.
  • Le principe démocratique.

Rappelons que le 4 mai 1986 au Palais de l’Europe à Strasbourg a eu lieu l’Assemblée Générale du CLIPSAS, célébrant son 25èmé anniversaire. En réponse aux exclusives de Londres dans ses landmarks, le CLIPSAS donnait ainsi les landmarks de la Maçonnerie libérale.
La liberté, nous venons d’en parler.
La tolérance n’est pas inconditionnelle. Qu’est-ce qui est tolérable pour moi ? Et pour les autres ?
C’est mon éthique qui va me proposer mon comportement après réflexion.
La fraternité entraîne automatiquement la complaisance. Par rapport à qui ? Par rapport à quoi ?
Encore une question d’éthique.

Voici deux citations.
La première est une phrase prononcer par un Frère lors d’une émission radiophonique sur France Culture ayant pour thème la définition d’une Loge. Ce Frère disait :  » Une Loge est l’endroit où l’on se forge son éthique « .

La deuxième est de Mathieu RICARD :  » Les fondements de l’éthique sont très simples. Il n’y a pas de bien et de mal en soi. Il n’y a de bien et de mal qu’en termes de bonheur et de souffrance à autrui et à soi même « .

Le Franc-Maçon doit rester cohérent avec lui-même. Il doit rechercher les bases naturelles de l’éthique, délivrée de toute considération métaphysique. Selon Jean-Pierre Changeux,  » ce n’est somme toute, que réactualiser la démarche des Lumières « .

A la fin de notre rituel au 1er grade, le V M  dit ceci:
« Mes SS  et mes FF , n’oublions pas que notre travail maçonnique ne s’achève pas au moment où se ferment nos tenues. Il se continue, se perfectionne, se développe dans la constante amitié de nos SS  et nos FF , ainsi que par notre exemple, notre action et notre enthousiasme dans le monde profane. »
Il ne s’agit donc pas de gérer le quotidien. Gérer le quotidien, c’est le rôle des parties politiques.

Notre travail, c’est de réfléchir sur l’avenir et le développement de la société. C’est pour cette raison que les obédiences maçonniques ont consacré une grande partie de leur temps à la réflexion sur des projets de société tels que l’accouchement sans douleur, la contraception, le droit de cité de la sexualité, le droit à l’avortement, les dons d’organes et plus récemment le droit de mourir dignement à son heure. Il s’agit donc de conduire au mieux-être des hommes et pourquoi pas, au bonheur.

Les droits de l’homme et du citoyen ont été élaboré en Loge. Ils ont été rédigés dans le but de protéger l’homme contre les abus de pouvoir. Les philosophes du siècle des Lumières ont mûri lentement ces droits, faisant ainsi évoluer la société civile. De la même façon les Francs-Maçons, en demandant à leurs amis politiques de s’inspirer de leurs réflexions dans le monde profane, ont fait que l’éthique se substitue à la souveraineté de la Monarchie d’abord et à l’Église ensuite.

La Franc-Maçonnerie à travailler en sorte pour que le respect de la vie et des droits de l’homme apparaisse comme un grand moment de l’histoire universelle.
Une nation qui se détournerait de l’universel, renoncerait  » à travailler à l’amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l’humanité  » comme cela est dit dans notre rituel.

Source: Curitiba/2002 – Grand Orient de Luxembourg




Déjeuner-débat – 11.11.2011

Déjeuner-débat à Genève

(D&DS)

Saison 2011-2012

Vendredi 11 novembre 2011

au

6, rue de la Scie 1207 Genève

Nous aurons l’honneur de recevoir

Aurélien Witzig

Aurélien Witzig

Droit suisse – droit français: quelles ressemblances, quelles différences ?


11h45: Accueil

12h10: Repas

13h00: Déjeuner-débat

Débats réservés aux Francs-maçons et Franc-maçonnes

Soyez les bienvenu(e)s.

Résumé de la conférence

Différences de constitutionnalité entre la Suisse et la France

1. Constitution fédérale suisse du 18 avril 1999 – Préambule

« Au nom de Dieu Tout-Puissant! Le peuple et les cantons suisses,
Conscients de leur responsabilité envers la Création,
Résolus à renouveler leur alliance pour renforcer la liberté, la démocratie, l’indépendance et la paix dans un esprit de solidarité et d’ouverture au monde, Déterminés à vivre ensemble leurs diversités dans le respect de l’autre et l’équité, Conscients des acquis communs et de leur devoir d’assumer leurs responsabilités envers les générations futures,
Sachant que seul est libre qui use de sa liberté et que la force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres ( … ) »

2. «Bloc de constitutionnalité» français

a. Constitution du 4 octobre 1958
Article 1 : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée. »
Article 2, alinéa 4 : « La devise de la République est « Liberté, Égalité, Fraternité ». »

b. Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789
Article 1 : Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.
Article 2 : Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression.

c. Préambule de la constitution du 27 octobre 1948 – Article 11
Elle (la Nation) garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence

d. Charte de l’environnement de 2004 – Extrait
La préservation de l’environnement doit être recherchée au même titre que les autres intérêts fondamentaux de la Nation.

Annexes

Constitution française 1958


Constitution fédérale de la confédération Suisse


23.04.2010

Séance inaugurale

Divonne-les-Bains le 23 avril 2010

Thème: 
La frontière, un atout ou un écueil pour le bien vivre ensemble dans la région Franco Valdo Genevoise

Conférence-débat public et gratuit

Sous le Haut Patronage 
de
Monsieur le Député maire de Divonne-les-Bains Etienne Blanc, Président du groupe d’études sur les zones et travailleurs frontaliers, Président de l’ARC
et de
Monsieur Claude Haegi ancien Président du Conseil d’Etat de la République et canton de Genève, Président de la FEDRE, Fondation Européenne pour le Développement Durable des Régions

Esplanade du lac, 18h00 — 20h40
181, avenue de la Plage, 01220 Divonne-les-Bains

Programme

18h00 Accueil des invités. Rencontre conviviale dans le foyer de l’Esplanade du lac

18h20 Ouverture de la salle

18h30 Salutations et bienvenue
Présentation de la soirée et de l’association Dialogue & Démocratie Suisse, André Moser, Président de Dialogue & Démocratie Suisse, ingénieur

18h40 Allocution de Pierre Chastanier, Président de Dialogue & Démocratie Française, ingénieur physicien et médecin, ancien doyen de Faculté de médecine

18h50 L’histoire juridique de la frontière, Alain Marti, avocat au barreau de Genève, licencié es lettres mention science de l’antiquité grecque, latin et philosophie, diplômé d’études supérieures en science des religions de l’antiquité

19h10 Intervention de Michel Charrat, Président du Groupement Transfrontalier Européen

19h20 Intervention de Monsieur Claude Haegi, ancien Président du Conseil d’Etat de la République et canton de Genève, Président de la FEDRE

19h30 Intervention de Monsieur le Député maire Etienne Blanc, Président du groupe d’études sur les zones et travailleurs frontaliers, Président de l’ARC

19h50 Débat avec le public: « La frontière, un atout ou un écueil pour bien vivre ensemble dans la région Franco Valdo Genevoise ?»

Modérateur et Introduction du débat: Roland Ray, Editeur de presse, dont Affaires Publiques

Participants

  • Etienne Blanc, Député maire de Divonne-les-Bains
  • Claude Haegi, Président du FEDRE
  • Pierre Chastanier, Président de Dialogue & Démocratie France
  • Alain Marti, avocat, licencié es lettres
  • Franck Ferrier, politologue, psychanalyste, écrivain
  • Michel Charat, Président du Mouvement Transfrontalier Européen


20h30 Conclusion et clôture des débats

20h40 Boissons et en-cas dans le foyer de l’Esplanade du lac


Discours du Président de D&DS

Discours de bienvenue de André Moser, Président de D&DS

Monsieur le Député maire de Divonne-les-Bains, cher Monsieur Etienne Blanc
Monsieur le Président du conseil d’état du canton de Genève, cher Monsieur Haegi,  
Mesdames et Messieurs les représentants des autorités régionales, cantonales et municipales de France et de Suisse, 
Monsieur le président de Dialogue & Démocratie Française, cher Pierre,  
Monsieur le président du Groupement des Frontaliers Transeuropéens, cher Monsieur Charrat, 
Mesdames et Messieurs les membres de Dialogue et Démocratie Suisse,  Mesdames et Messieurs, amis et amies de la Suisse et de la France et de la région franco Valdo Genevoise


Je suis extrêmement heureux ce soir d’ouvrir la séance inaugurale du club de réflexion politique et philosophique pour la démocratie Dialogue & Démocratie Suisse devant une assemblée aussi nombreuse.
Je  remercie tout d’abord Monsieur le Député maire de Divonne-les-Bains Etienne Blanc, Président de l’ARC et en mission parlementaire consacré aux questions transfrontalières pour son accueil et son hospitalité. Je tiens à remercier également tous les intervenants qui ont accepté notre invitation pour débattre d’un thème qui nous touche tous très directement depuis très longtemps et que nous avons intitulé : la frontière, un atout ou un écueil pour le bien vivre ensemble dans la région Franco Valdo Genevoise. 
Quelques mots si vous le voulez bien sur notre association. 

Dialogue & Démocratie Suisse est un club de réflexion politique et philosophique pour la démocratie créé à Genève selon l’article 60 du code civil suisse. Il est indépendant des partis politiques, travaillant par le dialogue dans un esprit d’ouverture et de tolérance, au rapprochement des hommes, pour une meilleure compréhension mutuelle dans le respect des opinions et des croyances de chacun. Il travaille sur le long terme et se veut le gardien des valeurs démocratiques

Son but est de

–   De proposer des solutions concrètes aux problèmes sociétaux des hommes et des femmes d’aujourd’hui et les proposer aux institutions politiques
–   D’être disponible pour toutes les demandes de consultations des organes politiques
–   De communiquer nos réflexions à toutes celles  et ceux qui le demandent 

Notre objectif à long terme est de :

–   Promouvoir et défendre la démocratie et le dialogue  
–   Lutter contre la tyrannie sous toutes ses formes 
–   Enrichir d’une façon générale par l’éthique la politique de la cité 

Les organes de travail de notre club sont les Commissions thématiques qui traiteront de l’éducation, des institutions, du développement durable, du tourisme, des outils et moyens de promotion du dialogue et de la démocratie, de la santé, de l’économie et de la finance, du social, du logement, de la jeunesse, de l’Europe, de  la justice, relations transfrontalières, etc.. La liste n’étant bien sûr pas exhaustive. 
Les membres de notre club vont travailler dans le respect mutuel,  l’écoute de l’autre et une dialectique bienveillante au service des causes et d’une recherche consensuelle des problèmes. 


Ce Club né en Suisse s’est profondément inspiré de Dialogue & Démocratie Française, dont Pierre Chastanier son Président est parmi nous et que je salue très chaleureusement.  D’une certaine manière la naissance de notre association est un exemple de coopération transfrontalière puisque nos deux associations sont distinctes par les lois françaises et suisses qui régissent le droit des associations mais unis par l’esprit et l’éthique qui sont universel et qui transcendent les intérêts particuliers.  Cette coopération est pour nous essentiel puisque l’objectif commun est de remettre l’homme au centre du débat et de redonner au mot politique sa noble origine qui est l’art et la manière de gouverner la cité. Notre club ne fera pas de politique partisane et ne donnera pas de mot d’ordre mais au contraire apportera le fruit de ses études d’une façon désintéressée à tous les organes politiques de la cité à la fois pour servir la politique mais aussi dans l’espoir que les citoyens respectent leurs élus en pratiquant une dialectique constructive au service de l’intérêt général.   


Le thème que D&DS a choisi ce soir pour sa séance inaugurale est la frontière franco Valdo genevoise.  Pourquoi me direz-vous un tel thème ? Tout d’abord, parce qu’elle délimite par sa nature deux pays étroitement liés par une histoire commune et un destin à partager.  Maître Marti nous en parlera tout à l’heure.  Mais aussi parce qu’elle traduit dans la réalité l’extraordinaire possibilité de construire ensemble si nous regardons en priorité ce qui nous unit plutôt que ce qui nous divise. La frontière reste un lieu de séparation, mais pas un lieu de division comme beaucoup aime à le dire. Elle peut devenir un dénominateur commun sur lequel pourra se construire un intérêt bien entendu.
Jadis, les frontières étaient délimitées par la topographie des terrains séparant les pays, ainsi que par les cours d’eau.


Mais la nature de notre région semble avoir toujours fait en sorte de transgresser l’arbitraire des hommes. C’est ainsi que le Rhône né dans les Alpes suisses, traverse tout le lac Léman, d’est en ouest, sur 70 km, pour se lancer, à Genève, vers son destin Méditerranéen. Ou, plus ironique encore, l’Arve, qui vient de Haute Savoie et traverse quelques kilomètres de Suisse, pour retourner  en France, via le Rhône.
Ainsi ces cours d’eau communs pourraient symboliser l’osmose qui existe depuis des siècles entre la Suisse Romande et la France voisine.


Les frontières ont présenté un réel avantage en période de  belligérance. Ou lorsqu’il s’agissait de préserver l’économie nationale.  Survivances d’un passé aujourd’hui révolu, les frontières séparant la France et la Suisse Romande tendent à n’être que virtuelles. Elles n’ont guère plus d’importance que celles qui délimitent les Cantons. Certes, il demeure des obligations crées par les Administrations respectives. Ainsi que les  » tracassins  » que suscitent certains hommes publics, Mais, de multiples possibilités de collaboration animent les adhérents de  » Dialogue et Démocratie Suisse ». Ces travaux ne démarrent pas ex nihilo. L’osmose agit déjà depuis longtemps. Il n’est pour s’en convaincre que d’évoquer le retentissement récent des travaux scientifiques que des savants effectuent à l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN) dont le tunnel Large Hadron Collider, serpente dans le sous-sol des deux pays.


Je vous remercie de votre attention. Je donne maintenant la parole à M Pierre Chastanier, Président de Dialogue & Démocratie Française venu spécialement de Paris honorer par sa présence notre débat d’aujourd’hui. 

André Moser, Président de D&DS 


Conférence de Me Alain Marti

Conférence de Me Alain Marti, prononcée lors de la soirée inaugurale de D&DS à Divonne-les-Bains, le vendredi 23 avril 2010


Histoire juridique de la frontière

Photos

Vidéo

André Moser – Pierre Chastagnier – Michel Charrat – Claude Haegi – Etienne Blanc – Alain Marti

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