Conférence sur la mixité

Déjeuner-débat à Lausanne

(D&DS)

Saison 2015-2016

Vendredi 25 septembre 2015

au

Rue du petit Beaulieu – Lausanne

Nous aurons l’honneur de recevoir

Jean-Michel Mascherpa

Jean-Pierre Augier

sur le thème

La mixité en Franc-maçonnerie

Document:

La Mixité

Ce sujet de planche mais venue à la suite des 5 minutes de symbolisme que j’avais faite sur « les Gants Blancs ».

J’y avais abordé d’une manière anecdotique le sujet, et une idée en entrainant une autre. Je n’ais pas pu résister de vous en parler plus longuement ce soir : « La Mixité ».

Quand la Franc-maçonnerie spéculative est apparue dans nos vertes contrés. Les Loges n’étaient constituées que de Nobles aristocrates, de gentilshommes et de bourgeois. Voir même les deux classes ne se mélangeait pas au début ou que très rarement. A cette époque, les personnes du beau sexe étaient interdites en Loge, nous privant du même coup de leur si ravissant petit minois et de leurs esprits. Comme vous le savez, ce rejet de la femme a pour support théorique les Constitutions d’Anderson de 1723 qui stipulent dans son article III :

« Les personnes admises comme membres d’une Loge doivent être des hommes de biens et loyaux, nés libres et d’âge mûr et circonspects, ni serfs, ni femmes, ni hommes sans moralité ou conduite scandaleuse mais de bonne réputation ».

Ainsi, les femmes sont-elles assimilées aux esclaves et aux hommes sans moralité. Elles venaient dans l’ordre hiérarchique des personnes ne pouvant postulé à être initié, qu’après les esclaves.Pour vous dire à qu’elle point, on considérait la Femme à l’époque. Elle avait moins de valeur qu’un serf enchainé.

Les Maçons qui se disent des hommes Libres et de Bonnes Mœurs. Le sont t’ils vraiment au regard de la mixité. Je ne parlerais pour l’instant que de ces deux termes Libres et Mœurs. Pour le reste on verra après.

Voyons pour le premier terme LIBRE.

Au début de la Maçonnerie, comme on la vue plus haut était pratiqué par la classe dirigeante et supérieur de la société de l’époque on pouvait même y rencontrer des hommes d’églises.

C’était encore le temps ou il n’y avait pas eu la séparation de l’église et de l’état. (Loi inspiré beaucoup plus tard par la Franc-maçonnerie, mais nous y reviendrons plus loin). Donc tout ce joli petit monde était de fervent catholique ou protestant. Tout dépendait de la religion d’état du pays où vous résidiez alors.

Pour faire court, mesdames vous aviez à supporter encore la faute originelle d’Adam et Eve, vous incarniez la faiblesse et la tentation, presque le mal personnifié. Faute que l’église n’a eu de cesse d’alimenter en diabolisant la Femme et en supprimant les milliers d’années où la représentation des Femme était Sacralise au même titre que celles Hommes. Nous étions faits à leurs images. Et j’irais même plus loin, les premières représentations de sculpture représentant une divinité, étaient des femmes enceintes, source de vie. Alors où est la Liberté, quand on se laisse encore influencer et dicter ces conditions d’admissions par des influences judéo-chrétienne ? Maintenant voyons pour le double terme de Bonnes Mœurs.

Vous ne trouvez pas qu’il y a contradiction, entre le fait de ne pas faire entrer des Femmes en Maçonnerie parce qu’elles représentent la tentation et le pêché originel. Et le fait des gens qui se prétendent de Bonne Mœurs. En théorie le Franc-maçon est au dessus des passions de ce monde. Il sait et il a appris à maitriser ces pulsions et ses actes. Rappel de la signification du signe d’ordre au grade d’apprentie. Y a pas comme un défaut là, entre le discourt ainsi que le serment prêté, et la réalité. Je vous laisse conclure.

Maintenant voyons aussi d’autres termes utilisés dans le vocabulaire si important de la Franc-maçonnerie. Et que nous employons à tours de bras dans nos planches, nos discutions en Loge et qui sont inscrit dans tout les Rituels.

Si je vous dis Egalité, cela vous parle. Alors on continu, par Fraternité, vous me suivez toujours. Bien. Alors je vous rajouterais pour faire bonne mesure l’Humilité, c’est pas mal. Je vais m’arrêter là dans mon énumération, sinon on va y passer la nuit. Mais si nous reprenons très vite ces mots, qui on l’air si simple et anodin, mais qui on une valeur inestimable. Et que nous y apposions juste une question à coté de chacun de ces termes comme :

L’Egalité des sexes et des être humain de toute notre planète. Elle est passée où ? La Fraternité, qui veut que l’on accueille son prochain quelle qu’en soi le sexe ou religion, race, idée etc.

Où est t’elle passé aussi ? Et l’Humilité, qui veut que l’on ne se sente pas supérieur aux autres et encore une fois quelle qu’en soi son sexe ou religion, race, idée etc. Où est t’elle passé également ? Ne sont ce que des lettres mortes tout cela ?

Où, est-ce que comme en politique qui dit que les promesses n’engagent que celui qui les écoute.

Mais on est forcé de constater que pour des personnages issus du siècle des Lumières, il y a certaines loupiotes qui sont restés éteintes. Alors vous me direz peut être que tout ces mots ne sont que symbolique et qu’il ne faut pas les prendre au premier degré. Moi je pense que c’est poussé le bouchon un peut loin. Alors je veux bien aussi comprendre qu’à l’époque les us et coutumes étaient comme cela soit.

Mais où je ne me pose des questions, c’est pour notre ère Républicaine né en partie d’idée Révolutionnaire pour l’époque (et c’est le juste mot) et qui on germé au sein des Loges Maçonniques. Et que l’on retrouve gravé dans la pierre des bâtiments de la République trois des mots que j’ai cités plus haut, à savoir Liberté, Egalité, Fraternité. Et j’y reviens maintenant sur cette Loi fondamental de la république, sur la séparation de l’église et de l’état, de l’intemporel sur le temporel. Qui est une des pierres de base de nos Libertés. Cette Loi discuté et préparé dans des Loges, loin des passions politiques et partisanes, pour être ensuite, approuver et voter par une assemblée d’élu du peuple. Ce qui nous a fait passer du grade de bon pratiquant au statut de mécréant, du jour au lendemain et je vous le rappel aussi que cela nous a valu une excommunication, rien que ça. Et de voir encore aujourd’hui, des Maçons, qui se prétendent issus des mêmes Personnages Illustre du siècle des Lumières. Et qui ce revendiqué héritiers des idées, des Révolutionnaires de 1789.

Pour en arriver au Maçons et aux Maçonnes, parce que mesdames vous n’apparaissez en Franc-maçonnerie, en France, que grâce à la Loi cité plus haut. Et vous prétendre encore, les fidèles gardiens d’une Tradition. Des Femmes et des Hommes qui disent Travailler s’en cesse à leurs améliorations avec tout ce que cela comportes, en affirmant tailler leur Pierre. Et qui cherchent la Lumière.

J’ai l’impression moi, qu’ils n’ont toujours pas retrouvé les loupiotes qui sont restés éteintes de notre fameux siècle des Lumières. Il y a de quoi en perdre son Latin et surtout sa Foi en la Franc-maçonnerie. Mais tout ceci n’est que mon humble avis, et n’engage que moi.

On pourrait penser qu’avec, le temps, les progrès de toutes sortes, l’avancée des femmes dans la vie publique, professionnelle et politique, que ce soi au niveau national et même mondial, durant tout le XX siècle. Que tout cela réuni, allaient enfin grandement et durablement faire bouger les choses et les mentalités. Et bien, l’Homme est allé marcher sur la lune et bientôt sur mars. On envoie des satellites aux confins de l’univers.

Grace à l’informatique qui nous facilite la vie et améliore notre quotidien et nous donne accès à une foule d’informations. Et qui sera s’en doute le nouvel outil à rajouter à la panoplie du parfais Franc-maçon et sur nos tableau de loge un jour.

Grace à l’internet qui nous permet de savoir en direct ce qui se passe à l’autre bout de la planète et cela s’en bouger de son salon. Et qui nous donne une ouverture à encore plus d’informations et d’échanges. Peut être aussi un jour ferons-nous aussi nos tenus grâce à une webcam. Non, cela serait trop dommage et malheureux quand même.

En ce début de XXI siècle, qui est aussi l’aube de ce nouveau millénaire si riche en promesses et en découvertes. Il faut ce rendre à l’évidence.

Les mentalités elle non pas évolué aussi vite que la technique. Les choses aujourd’hui on quand même heureusement un peu évoluées. Quoique, pas partout, comme on peut le voir dans la presse depuis quelque temps, et qui à fait de la Mixité en Loge son sujet d’article préféré faisant ces choux gras la dessus. Reléguant du même coup, toutes les affaires politico financière qui d’effrayait la chronique habituellement. Car je trouve dommage et dommageable, dans les Loges où la Mixité est proscrite. De ce privé de l’avis, de la réflexion, de la sensibilité, de la moitié de la population de notre planète.

Au départ je n’avais prévus que de faire que 5 minutes de symbolisme. Mais je me suis laissé emporter par ce sujet et je pourrais même dire sans exagération cette Cause. Mais heureusement, chez nous au Groupement Maçonnique de Loges Mixtes et Indépendants, nous n’avons pas ce problème sur la Mixité et c’est tant mieux.

Qu’elle bonheur pour moi d’être né dans cette Loge. Qu’elle chance, car comme dans le dit Maxime Le Forestier dans sa chanson :

« On ne choisit pas ses Parents, on ne choisit pas sa Famille. Etre né quelque part, c’est toujours un hasard ».

Et pour moi qui considère cette Loge comme une deuxième famille. Le hasard à bien fait les choses.

Par W\L\

Source : l’édifice

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Par DDS, il y a

La femme immortelle

woman leaning on her knees

La femme immortelle

Publié par Nicolas Munoz de la Mata


Qui connaît Henrietta Lacks ? Personne, ou à peu près. Et pourtant, nous lui devons tous quelque chose — et pour certains, la vie, ce qui n’est pas rien…
L’Histoire de cette femme, relatée par Rebecca Skloot, est d’abord parue chez Radom House, sous le titre «The immortal life of Henrietta Lacks ». Puis, en janvier dernier, en langue française, chez Calmann-Lévy.

Résumer le destin d’Henrietta Lacks, c’est se condamner à ressasser les mots « femme », « noire », « cobaye », « médecine » sans pour autant communiquer l’essentiel. Car c’est post mortem qu’elle a acquis.

Résumons  cette exceptionnelle histoire: en février 1951, Henrietta Lacks, une pauvre femme noire de 31 ans, qui a longtemps travaillé dans les champs de coton, comme ses ancêtres esclaves, est admise à l’hôpital Johns Hopkins de Baltimore. Créé à la fin du XIXème siècle à la suite d’un legs philanthropique, Johns Hopkins (devenu l’un des plus prestigieux centre de recherche médicale) a obligation, pour respecter la volonté du testateur, d’accueillir des patients indigents, sans distinction de race, qui n’ont pas les moyens de payer leurs soins — id est : des noirs, pour l’essentiel. Henrietta se plaint de douleurs au ventre. On lui diagnostique un cancer de l’utérus. Les médecins, sans lui demander son avis (ce qui, à l’époque, n’est pas illégal), lui prélèvent quelques cellules saines, ainsi que quelques cellules de sa tumeur.
En ce début des années 1950, les laboratoires du monde entier tentent de décrocher le Graal : la culture de cellules humaines, pour développer les expériences in vitro. Mais tout rate, partout : quand par miracle les cellules survivent en éprouvette, elles ne se reproduisent pas. On a pourtant tout essayé pour les nourrir : du sang de fœtus de bovin, du sang de poulet, du sang de cordon ombilical humain… Rien n’y fait.

C’est donc sans grand espoir que les médecins tentent de cultiver les cellules d’Henrietta Lacks. Ses cellules saines meurent d’ailleurs rapidement. Mais ses cellules malignes survivent. Et, miracle, elles se reproduisent à une vitesse vertigineuse. Le cancer d’Henrietta est lui-même foudroyant. Elle meurt le 4 octobre 1951, dans d’atroces souffrances. Mais, entre-temps, ses cellules ont déjà commencé de conquérir le monde, sous le nom de code HeLa (les deux premières lettres de ses nom et prénom).
Les cellules HeLa iront partout : elles traverseront la Cordillère des Andes à dos de mulet, elles prendront l’avion, le bateau, la voiture… la NASA les enverra dans l’espace… Il est impossible, aujourd’hui, d’estimer leur nombre. Une chose est sûre : il faudrait compter en milliards de milliards. Et elles continuent de se reproduire dans tous les laboratoires, où elles sont employées aussi bien par la médecine que par l’industrie cosmétique. Les cellules HeLa ont servi à percer les mystères du génome humain, elles ont servi à mettre au point le vaccin contre la polio, et j’en passe, et j’en passe. Bref, elles sont devenues, selon le mot de Rebecca Skloot, « la bête de somme de la biologie ».
 Dès les années 1960, des journalistes scientifiques avertis des miracles opérés grâce aux cellules HeLa souhaitaient informer le grand public de cette aventure peu banale. Ils désiraient donc « connaître les éléments fondamentaux liés au côté humain de l’affaire ». En clair : savoir la personne qui se cachait derrière l’appellation HeLa — on savait juste que c’était une femme de race noire. Le laboratoire qui avait prélevé les cellules refusa, de crainte « de s’attirer des ennuis en le révélant » (sic).

En 1973, un chercheur publiait une petite annonce dans la prestigieuse revue Nature : « Cette femme a véritablement atteint l’immortalité, à la fois dans les tubes à essai et dans le cœur des scientifiques du monde entier. Pourtant, nous ne connaissons pas son nom ! Quelqu’un a-t-il la réponse ? » Pour contrer la curiosité grandissante, le laboratoire lança des fausses pistes, évoquant une Helen Lane ou encore une Helen Larson, qui bien sûr n’avaient jamais existé.
 
Ce n’est qu’à la fin des années 1990 que le nom d’Henrietta Lacks fut — timidement — dévoilé. Pour Rebecca Skloot, jeune journaliste scientifique, ce fut une révélation. Le grand œuvre de sa vie : elle allait restituer la biographie d’Henrietta, soldate inconnue morte au champ d’honneur de la science. L’entreprise lui a pris dix ans. Le résultat est admirable par quelque bout qu’on le prenne : c’est un formidable travail d’enquête journalistique, c’est un formidable témoignage humain. Le point d’orgue de l’émotion est sans doute atteint quand, grâce à l’entremise de Rebecca, Debborah, la fille d’Henrietta, est admise dans un laboratoire pour observer les cellules de sa mère au microscope, et que celles-ci se reproduisent sous leurs yeux.

Depuis soixante ans, les cellules d’Henrietta Lacks ont donné lieu à un commerce lucratif, et enrichi nombre de personnes à travers le monde (car bien sûr, les cellules HeLa ne se donnent pas : elles se vendent…). Mais la famille d’Henrietta, elle, est toujours aussi pauvre, et n’a toujours pas les moyens de se payer le médecin…
Ce livre apporte tant de révélations (on est abasourdi, par exemple, d’apprendre que dans les années 1950, les cellules HeLa ont été inoculées à des humains non avertis — de préférence des femmes pauvres ou des détenus…) qu’il pose de multiples questions. Il devrait aussi faire réfléchir tous les eugénistes, car c’est quand même une négresse misérable et souffreteuse, rongée par les maladies vénériennes, qui aura contribué à l’élévation de l’espérance de vie de toute l’humanité…  
 
…Aussi, quelle que soit sa morphologie et la pigmentation plus ou moins prononcée de son épiderme, tout être humain devrait désormais considérer qu’il appartient à la famille d’Henriette Lacks

Nicolas Munoz De La Mata