Conférence de Brigitte Kehrer

Déjeuner-débat à Genève

(D&DS)

Saison 2012-2013

Vendredi 11 janvier 2013

au

6, rue de la Scie 1207 Genève

Nous aurons l’honneur de recevoir

Brigitte Kehrer

Brigitte Kehrer

Brigitte Kehrer est de nationalité française et suisse et habite à Genève. Après avoir enseigné la littérature, puis été journaliste culturelle pendant dix ans, elle s’engage dans la Croix Rouge internationale puis dans la coopération au développement, principalement en Afrique.

sur le thème

« Poudre d’Afrique. (le Mali – Tombouctou) »

11h45  Accueil

12h10 Repas

13h00 Déjeuner-débat

Débats réservés aux Francs-maçons et Franc-maçonnes

Soyez les bienvenu(e)s.

Résumé

Pendant plus de quinze ans, elle travaille ainsi notamment au Mozambique, au Mali, au Sri Lanka, en Thaïlande, au Rwanda, en Côte d’Ivoire et en Guinée- Conakry.

Confrontée aux difficultés des pays en voie de développement en sortie de crise et aux questions récurrentes de résolution de conflits et de reconstruction de la paix, elle écrit un premier livre,Rwanda, part de Dieu, part du diable, puis un second ouvrage sur le processus de réconciliation et de réhabilitation après un conflit, L’art du conflit.

Aujourd’hui, elle partage son temps entre des mandats internationaux avec les Nations Unies ou les coopérations bilatérales, comme experte en projets de reconstruction de la paix, et des mandats de médiation internationale enseignant aux nouveaux gouvernements du monde des techniques de résolution de conflits et de production de médias pour la paix.

A propos du livre


Éva vit à Paris et s’ennuie. Elle voudrait travailler pour une grande cause et s’engage dans l’humanitaire. Au Mali, elle rencontre un Touareg dont elle tombe éperdument amoureuse, puis elle le quitte. Mais le destin la rattrape à Conakry lors de sa deuxième mission en Afrique. Elle est alors confrontée aux superstitions, à la magie noire et au culte des anciens à travers la figure emblématique d’un clochard.

Sa rencontre avec les forces obscures de l’Afrique va lui permettre de vivre un profond changement intérieur et un éveil à d’autres réalités et à de nouvelles valeurs de reconnaissance de l’autre dans sa différence.

Poudre d’Afrique est une initiation à l’Afrique, un apprentissage douloureux, destiné à aller au-delà des discriminations. Éva apprend à assumer ses choix, à revisiter ses croyances et à trouver de l’humanité profonde dans ce qui nous semble si aliénant sur cet obscur continent.

« Un jour, dans les temps anciens, à l’école coranique de Tombouctou, un jeune Touarègue apprenti philosophe posa à son maître la question suivante :

– Maître Imam, pensez-vous que nous vivons tous dans le même monde ?

Catégories

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Conférence de Alain Marti

Déjeuner-débat à Genève

D&DS

Saison 2012-2013

Vendredi 14 décembre 2012

au

6, rue de la Scie 1207 Genève

Nous aurons l’honneur de recevoir

Alain Marti

Alain Marti

Avocat et homme de lettres

Commémoration des 75 ans du rejet de l’initiative Fonjallaz

Résumé: L’initiative Fonjallaz

Une demande d’initiative populaire, portant 56.000 signatures, a été déposée à la Chancellerie fédérale dans le dessein d’obtenir l’interdiction légale des soi-disant «sociétés secrètes» telles que FRANCS-MAÇONS, ODD FELLOWS, UNION, et sociétés similaires. Par un amas de mensonges, de calomnies et d’altérations de toute nature, les Fronts, les Ligues et certains milieux catholiques ont excité un grand nombre de citoyens à tel point que ceux-ci ont fini par apposer leur signature sur les listes. Là où ces manœuvres échouèrent, on eut recours aux épouses qui furent induites, sur la foi d’informations mensongères, à signer pour leurs maris, ce qui constitue naturellement un délit. Par des machinations de ce genre on est parvenu à réunir le nombre de signatures nécessaires et, maintenant, le peuple suisse va être appelé à faciliter la réalisation des projets des Fronts et Ligues en faisant la première brèche dans le droit d’association garanti par la Constitution.
Nous espérons fermement que le peuple saura reconnaître ses véritables ennemis et refusera de diffamer 10.000 citoyens suisses, auxquels, en toute justice, on ne saurait rien reprocher.
Le Conseil fédéral avait chargé le Département de Justice d’établir un rapport sur cette initiative. Celui-ci se livra à une enquête approfondie. Les trois associations incriminées lui avaient fourni spontanément leurs constitutions, statuts, listes de membres et règlements divers ainsi que tous leurs rituels et catéchismes. De même, elles lui ouvrirent entièrement leurs archives, car elles n’avaient rien à dissimuler, quand bien même elles n’avaient point jusqu’ici communiqué ces documents au grand public pour des raisons diverses et naturelles.
Le rapport du Département de Justice, que le Conseil fédéral approuva A L’UNANIMITÉ, aboutit d’ailleurs à la conclusion que, dans les trois associations incriminées, rien n’avait pu être trouvé qui puisse les faire considérer comme illicites ou dangereuses pour l’Etat. Leurs adversaires n’ONT, EN AUCUN CAS, PU APPORTER DE PREUVES DE LEURS. AFFIRMATIONS. Une modification de la Constitution est inutile parce que l’article 56, dans sa teneur actuelle, est suffisamment explicite pour permettre aux autorités d’inter- venir en cas de besoin.
Une nouvelle restriction du droit d’association ne saurait se justifier et constituerait un affaiblissement sensible de l’idée démocratique.
Le Conseil fédéral parvient ainsi à la conclusion qu’il n’y a pas lieu de procéder à une révision de la Constitution, telle que la demande l’initiative Fonjallaz, et propose aux Chambres fédérales de recommander au peuple le rejet de cette initiative.
Le Conseil National et le Conseil des Etats ont tous deux nommé des commissions spéciales chargées d’étudier le rapport du Conseil fédéral. Celles-ci ont procédé à un examen approfondi de la question et décidé à l’unanimité de recommander le rejet de l’initiative. Enfin, les débats du Conseil National de décembre 1936 et juin 1937 ont abouti également à un vote négatif, le Conseil National ayant décidé à l’unanimité moins 2 voix (celle du conseiller national frontiste Tobler et celle du conseiller national Duttweiler) de recommander au peuple le rejet de l’initiative. Le Conseil des États a aussi pris position contre l’initiative Fonjallaz.


Document:

Initiative Fonjallaz Magazine Alpina 2012/12

Auteur: Dominique Freymond
75e anniversaire du refus de l’initiative Fonjallaz : une leçon de courage !

Le 28 novembre 1937, le peuple suisse rejetait l’initiative «Fonjallaz». Nous fêtons aujourd’hui le 75e anniversaire du rejet de l’initiative en faveur de l’interdiction des sociétés maçonniques. Durant la période troublée de l’entre-deux-guerres nos frères menèrent un combat courageux pour éviter la remise en cause de l’Alpina et pour défendre la liberté d’association.
Fils de Charles Fonjallaz et d’Emmy Margaretha Gelzer, Arthur Fonjallaz naît le 2 janvier 1875 à l’asile psychiatrique de Cery (Prilly) où sa mère est internée. Après ses études secondaires, il suit les cours de l’académie militaire de de Modène, où naît son italophilie. Rentré en Suisse en 1895, sa carrière militaire est rapide pendant qu’il effectue en parallèle des études de sciences sociales et politiques à Lausanne où il obtiendra un doctorat en 1922. Toutefois, en 1923, le colonel brigadier Arthur Fonjallaz démissionne, à la suite de divers conflits dans l’armée suisse, notamment l’affaire Estoppey-Bornand. De 1931 à 1933, chargé de cours à la section militaire de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich, il mène parallèlement des affaires financières désastreuses. Politiquement, il adhère au parti des paysans, artisans et indépendants (1927-1932), puis évolue par étapes vers l’extrême-droite. En 1932, il milite à la Heimatwehr avant de fonder une année plus tard, à Rome et en grande pompe, la Fédération fasciste suisse. Condamné en février 1941 pour espionnage au bénéfice de l’Allemagne, le colonel Fonjallaz est emprisonné puis libéré sous condition en avril 1943.

Il mourra probablement d’une insuffisance cardiaque le 24 janvier 1944 à l’âge de 69 ans et sera modestement enseveli au cimetière de Saint Moritz.

Lancement de l’initiative et principaux arguments

Avec l’appui financier et politique de Benito Mussolini, Arthur Fonjallaz lance, avec sa Fédération fasciste suisse, une initiative fédérale qui propose un nouvel article 56 de la constitution fédérale avec la teneur suivante: «Les citoyens ont le droit de former des associations, pourvu qu’il n’y ait, dans le but de ces associations ou dans les moyens qu’elles emploient, rien d’illicite ou de dangereux pour l’Etat. Les lois cantonales statuent les mesures nécessaires à la répression des abus. Cependant les sociétés franc-maçonniques, les loges maçonniques et Odd Fellows, la société philanthropique Union et les associations affiliées ou similaires sont interdites en Suisse. Toute activité quelconque se rattachant directement ou indirectement à de semblables associations étrangères est également interdite sur le territoire suisse». Claude Cantini propose une explication sur les motivations du Colonel Fonjallaz. La récolte des signatures commence le 15 avril 1934. L’initiative est déposée le 31 octobre 1934 à la Chancellerie fédérale qui reconnaît formellement son aboutissement le 10 décembre 1934 avec 56 238 signatures valables sur 57 303.
Dans un tract encourageant à signer l’initiative, nous trouvons les arguments les plus fréquents : «On sent confusément les manœuvres occultes d’un pouvoir secret qui confisque l’Etat à son profit et fait litière de tout scrupule pour protéger des coupables, pour caser des gens incapables et des ambitieux dont le seul souci est de se servir aux dépends de la collectivité… La franc-maçonnerie travaille, sous le couvert d’une prétendue philanthropie, à l’asservissement général…Dans la grande masse, les Francs-Maçons sont évidemment des dupes, enrôlés par naïveté, par cupidité, mais ils obéissent à une redoutable hiérarchie… La franc-maçonnerie est l’arme secrète du piston !».

Soutiens politiques et ambiguïtés

Deux membres du Conseil national ont approuvé l’initiative dont naturellement le Dr Richard Tobler, chef du mouvement frontiste. Plus surprenant fut le soutien de Gottlieb Duttweiler, fondateur de l’Alliance des Indépendants et de la Migros. Voyant le risque que l’initiative soit refusée, il déposa le 8 juin 1937 la motion suivante: «Le Conseil fédéral est invité à déposer dans le plus bref délai un projet de loi ou d’article constitutionnel obligeant tout citoyen qui exerce ou postule une fonction publique à déclarer publiquement s’il appartient à une société secrète (loge maçonnique ou société analogue». Elle fut refusée par 63 voix contre 40. Le Conseiller fédéral Jean-Marie Musy, fribourgeois et PDC, joua un rôle ambigu. Il démissionne le 23 mars 1934 du Conseil fédéral. «Aussitôt certains le voient comme la victime d’un complot franc-maçon. Le pense-t-il également ? C’est possible car, dès cette époque, il se place plus nettement dans le camp des adversaires de la franc-maçonnerie», note Daniel Sebastiani dans sa thèse de doctorat sur J.-M. Musy. Quant à Arthur Fonjallaz apprenant sa démission, il lui tresse sur le champ une couronne de laurier.
De juin 1931 à août 1935, le Duce n’accordera pas moins de dix-huit audiences au fondateur du fascisme vaudois. Au total, depuis octobre 1932, Fonjallaz reçu du ministère des Affaires étrangères la somme colossale de 2 260 000 lires, soit environ 610 000 francs de l’époque, une des plus grosses subventions accordées par le Duce à des mouvements fascistes à l’étranger. En 1936 Rome cessa finalement d’apporter son aide parce qu’il était devenu évident que son mouvement n’avait pas obtenu de résultats concrets, et avait parfois même contribué à accentuer l’opposition contre le fascisme italien en Suisse».

Les défenseurs de la liberté d’association

L’écrivain bernois C.A. Loosli publia en 1935 son rapport officiel d’expert pour le Tribunal de Berne concernant le procès des «Protocoles de Sion». Selon lui, il n’y a que deux points de vue à faire valoir :

1) L’initiative trouble les notions de droit commun et de justice les plus élémentaires et les plus généralement reconnues, en abolissant les garanties constitutionnelle sur un point de droit essentiel, le droit d’association, et, implicitement, la liberté de foi et de conscience ; 2) elle établit à la place des garanties constitutionnelles et légales l’arbitraire despotique et illégal, ce qui reviendrait à l’abolition pure et simple du régime démocratique en Suisse. Donc : «Jeter le trouble dans l’opinion publique, semer la zizanie entre Confédérés, afin de pêcher en eau trouble, fomenter des discordes intérieures, afin de ruiner la constitution démocratique et républicaine au profit d’une dictature omnipotente de la tourbe fasciste et nationale-socialiste, voilà en dernière analyse le but de l’initiative Fonjallaz». Après une analyse détaillées et documentées de la franc-maçonnerie, il conclut : «Bon gré, mal gré, nous sommes obligés de nous rendre à l’évidence que la franc-maçonnerie, du simple fait qu’elle existe, soit qu’elle agisse, soit qu’elle demeure passive, représente l’un des postes les plus avancés de la défense des droits de l’homme et du citoyen et, de ce fait, de la liberté de foi et de conscience, du libre examen – donc de la démocratie dans l’acceptation la plus haute et la plus large du terme».

Positions du Conseil fédéral et des Chambres

Dans son rapport du 4 septembre 1936, le Conseil fédéral à l’unanimité aboutit à la conclusion que «rien n‘établit que la franc-maçonnerie et les autres sociétés nommément énumérées ou indirectement désignées par l’initiative soient illicites, dangereuses pour l’Etat ou contraires aux mœurs. En tout cas, l’abondante documentation que nous avons pu obtenir ne nous a pas apporté une preuve positive du contraire. De leur côté, les auteurs de l’initiative ne l’ont pas fournie non plus». Le Conseil national, après ses débats en décembre 1936 et juin 1937 a décidé à l’unanimité moins 2 voix de recommander au peuple le rejet de l’initiative. Le Conseil des Etats a pris la même position. Résultats du vote du 28 novembre 1937: l’initiative est rejetée par 515 327 non contre 234 980 oui avec un taux de participation de 64,5%. Seul le canton de Fribourg l’accepte avec 53 % de oui (participation de 43%) en raison de « l’influence du corporatisme, la présence de l’université catholique et la croisade antimaçonnique traditionnelle.», souligne l’historien fribourgeois Georges Andrey.
Conséquences de l’initiative : tentative de mise en sommeil de la GLSA. Malgré le vote clair en faveur de la liberté d’association, Alpina subira des conséquences négatives. Edmond Jomini dans son rapport en 1944 sur les loges vaudoises écrira : «Le Comité Directeur a répondu par un Non possumus net et catégorique aux tentatives de mise en sommeil de notre Grande Loge Suisse Alpina, exercée sous la contrainte d’événements politiques et militaires extérieurs à notre Patrie».

Par ailleurs, les coûts de la campagne contre l’initiative Fonjallaz ont été importants : 350 000.- francs de l’époque uniquement pour Alpina, soit environ 1 000.- par membre.

Message du Comité Directeur de l’Alpina

À l’issue de la votation, le Comité Directeur de l’Alpina publia le message suivant : «Le Comité Directeur tient à exprimer sa gratitude à tous les membres de la Grande Loge qui ont pris une part active à la lutte pour la défense de nos libertés (…) Au peuple suisse et à ses gouvernants, nous devons une profonde reconnaissance d’avoir prouvé une fois de plus, par le rejet imposant de l’initiative Fonjallaz, son inébranlable volonté de conserver intactes ses libertés fondamentales.
Cette reconnaissance envers le peuple et la patrie, d’autre part, implique l’obligation d’un accomplissement toujours plus consciencieux de notre devoir en Loge et au dehors, par l’élévation du niveau spirituel et intellectuel de nos travaux, par une prudence redoublée pour les admissions et par un contact plus étroit avec nos concitoyens, afin que nous méritions le vote de confiance prononcé par le peuple suisse le 28 novembre 1937».

Perte substantielle des effectifs

Rappelons qu’en 1935, selon C.A. Loosli, il y avait 8 920 loges maçonniques en Europe. En 1936, le Conseil fédéral estime à environ 5 000 les membres de la franc-maçonnerie suisse, dont 4 200 répartis dans 41 loges bleues, 450 au REAA, 150 au RER et environ 200 dans les loges mixtes. Alpina annonce officiellement 3 687 membres. Il n’y avait aucun franc-maçon au Conseil fédéral et à peu près une demi-douzaine dans l’Assemblée fédérale. L’épreuve laissa des traces comme l’explique Michel Cugnet : «Cette campagne antimaçonnique et les premières victoires de l’Axe Rome-Berlin laissèrent néanmoins de nombreuses cicatrices à la Maçonnerie suisse, qui vit de nombreux frères, en bute aux pressions extérieures, obligés de démissionner des Loges pour épargner autant leur vie familiale que leur vie professionnelle !». Après la Deuxième Guerre mondiale la maçonnerie suisse avait perdu la moitié de ses effectifs en tombant à quelque 2 500 adhérents en 1945.
En conclusion saluons leur courage de nos frères. Rendons hommage à nos frères qui se sont battus pour défendre nos valeurs, la liberté d’association, la liberté d’expression et les autres valeurs liées à la démocratie. «Le courage n’est pas l’absence de peur mais la conviction que l’objectif final est plus important que la peur». Ne jugeons pas les frères qui devaient pour des raisons personnelles se mettre en retrait, voire en sommeil. Chacun est seul juge de son attitude et de sa décision. Restons attentifs et vigilants. N’oublions pas les événements graves qui ont amené la Deuxième Guerre mondiale avec toutes ses conséquences. Cultivons ces souvenirs, non par nostalgie, mais pour demeurer vigilant et être capable d’agir à temps si les circonstances l’exigent. La franc-maçonnerie, de par ses caractéristiques intrinsèques, ne peut pas éviter d’avoir des détracteurs, des opposants et des ennemis. La liberté et la démocratie ne sont pas des acquis. Tout peut rapidement basculer. À nous de rester attentif et soyons prêt à agir directement, publiquement ou en arrière-plan, si les circonstances l’exigent et si nous le pouvons. Gardons confiance dans la force du mouvement maçonnique, son histoire, ses valeurs et ses rituels pour maintenir sa capacité à poursuivre ce combat pour la liberté et la démocratie dans le futur, quelles que soient les circonstances.


Dominique Freymond – loge Liberté, Lausanne

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12h10 Repas

13h00 Déjeuner-débat

Débats réservés aux Francs-maçons et Franc-maçonnes

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Conférence de Yvette Matta

Déjeuner-débat à Genève

(D&DS)

Saison 2022-2023

Vendredi 9 novembre 2012

au

6, rue de la Scie 1207 Genève

Nous aurons l’honneur de recevoir

Yvette MATTA

Yvette MATTA

Yvette MATTA, musicienne, voue sa vie au service des Muses. Encore écolière, mais déjà engagée dans le ballet du Grand-Théâtre, elle poursuit ses études de piano et chant au Conservatoire de notre ville et en privé. 
Elle obtient en Suisse, le premier prix de chant du Concours des Jeunesses Musicales , le prix Maurice SANDOZ et, en Autriche, pour l’opéra, le prix de virtuosité de l’Académie de Musique de Vienne. 
Elle a brillé sur les scènes autrichiennes, à Linz, Salzbourg et Vienne dans les rôles, entre autres, de Despina (Cosi fan tutte), Blondchen(Enlèvement au sérail), la Reine de la nuit (Flûte enchantée). 
Egalement plusieurs récitals et concerts. 
Remarquable conférencière, Yvette MATTA présente avec grand succès, depuis une dizaine d’années, des exposés sur divers compositeurs, en ayant soin d’y inclure des extraits musicaux. 
Voici quelques titres :

  • « Un Génie universellement reconnu ou MOZART dans son intimité » 
  • « La grande Influence de la Musique sur les moeurs et les courants de pensée » 
  • « ROUSSEAU, Génial musicologue et provocateur avisé parmi les musiciens de son temps » 
  • « VERDI, Flamme du génie, Flamme d’Italie »

sur le thème

Jean-Jacques Rousseau, génial musicologue et provocateur avisé parmi les musiciens de son temps

Aquarelles

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Conférence de Jeremy Lack

Déjeuner-débat à Genève

(D&DS)

Saison 2012-2013

Vendredi 5 octobre 2012

au

6, rue de la Scie 1207 Genève

Nous aurons l’honneur de recevoir

Jeremy Lack

Jeremy LACK

Jeremy Lack est un avocat indépendant, spécialisé dans la résolution de conflits, la propriété intellectuelle, les questions relatives au droit des sociétés ainsi qu’à la gouvernance.  Il est membre du comité d’experts de JAMS International et un médiateur certifié de l’Institut International de la Médiation (IMI) et. 
Il est également conseiller juridique de l’étude Pearl Cohen Zedek Latzer LLP à New York, Barrister anglais auprès de Quadrant Chambers à Londres ; et il enseigne à l’Ecole Polytechnique de Lausanne et à l’Université de Genève (Haute Ecole de Commerce). 
Jeremy Lack est le co-fondateur de Medabiotech, société de création de PME dans le secteur des Sciences de la Vie , qui a créé plus d’une douzaine de start-up dans ce secteur. Me Lack est avocat diplômé en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis (New York et USPTO) et inscrit au barreau de Genève en qualité d’avocat étranger. 
Après avoir obtenu son Baccalauréat International à l’Ecolint (LGB) en 1984, il a étudié le droit et les sciences physiologiques à Lincoln College, Oxford, et a obtenu des diplômes en droit européen de la concurrence et en droit comparatif de droits d’auteur au King's College à Londres. Il a vécu et travaillé en France, en Angleterre et aux Etats-Unis.

sur le thème

La Neurobiologie et ses applications à la médiation et à la négociation

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Débats réservés aux Francs-maçons et Franc-maçonnes

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Débat sur l’éthique maçonnique

Déjeuner-débat à Genève

(D&DS)

Saison 2011-2012

Vendredi 14 septembre 2012

au

6, rue de la Scie 1207 Genève

Nous aurons l’honneur de recevoir

Marc-Henri Charoton
Chantal Freymond
Alain Marti

Thème

Éthique maçonnique dans la cité et la démocratie

11h45: Accueil

12h10: Repas

13h00: Déjeuner-débat

Débats réservés aux Francs-maçons et Franc-maçonnes

Soyez les bienvenu(e)s.

Résumé

Nous proposons d’appeler « éthiques » les principes de comportement qu’une société adopte démocratiquement après les avoir estimés bons pour elle, et nous nommerons « morales » les normes de bonne conduite imposées à une société au nom d’un pouvoir transcendants (Omnis potestas a Deo – Ep. Rom. XIII, 1-7).

« La morale commande – l’éthique recommande »

Alain Etchegoyen, « La valse des Éthique

La dignité de la personne ne peut se conjuguer avec aucune des ségrégations ou exclusions envisagées par les théories racistes.

C’est ainsi qu’une nouvelle définition de la personne commande tout d’abord :

  • Un respect fondamental pour les personnes de toutes les origines ethniques, en rejetant tout racisme manifesté ou rampant.
  • L’instauration de l’égalité des deux sexes sans dérobades dans des arguties retardatrices. Il n’y a pas une sous-humanité de « féminitude ».
  • Le respect des handicapés, des naufragés sociaux, des diminués par vieillesse ou maladie, des condamnés, des prisonniers et même le respect des personnes qui sont mortes.
  • La dignité de la personne exige la mise hors-la-loi de la torture.
  • Le contrat social doit exiger que la vie de tout humain soit considérée comme sacrée. Cela signifie qu’un châtiment ne devrait jamais prévaloir sur le respect de la vie, même lorsqu’il faut sanctionner l’individu le plus criminel.
  • La peine de mort – encore légale dans de nombreux pays – est une source d’injustices irréparables et une négation ignominieuse de l’inviolabilité de la personne. Finalement, sauf à se profaner dans la barbarie totalitaire ou se laisser réifier par une économie de marché effrénée, l’humanité sera bien obligée de fonder, sur le seul respect d’elle-même, une motivation de la sauvegarde absolue des personnes.


Mais hormis la défense de la dignité et du droit à la vie pour toute personne constituée, il serait hypocrite de prétendre analyser ces valeurs fondamentales sans spécifier aussi les libertés qui leur sont intimement associées :

  • La liberté de vivre de toute personne devrait nécessairement comporter l’accès aux soins médicaux préventifs et curatifs ainsi qu’une demeure décente.
  • La liberté pour toute personne de ne subir aucune mutilation organique ou mentale ou limitant sa vie sexuelle et sa liberté de procréation ou de non procréation sans nuisances pour autrui.
  • La liberté de l’esprit – ce qui exclut l’information tendancieuse ou truquée, la rumeur meurtrière et l’endoctrinement sectaire.
  • La liberté de la croyance mais aussi de la non-croyance, y compris dans les pays où existe une religion d’état. Cela signifie qu’aucune personne ne devrait plus être méprisée, rejetée ou condamnée pour des raisons religieuses.
  • Enfin, la liberté de s’exprimer par la parole, par l’écrit et l’audiovisuel.


La Maçonnerie évolutive veut être un centre de l’union que tout humain de bonne volonté – quelles que soient ses croyances personnelles – est invité à rejoindre.
L’éthique maçonnique ne se borne pas à favoriser la réflexion littéraire ou philosophique sur le symbolisme, mais elle propose d’intégrer des éléments de sagesse dans la pratique quotidienne des personnes et des sociétés humaines.


Chantiers et documentation

1.- La franc-maçonnerie a-t-elle encore un sens au 21e siècle?

En 40 ans, la franc-maçonnerie a perdu presque 50% de ses adhérents aux États-Unis.

En France et ailleurs en Europe le nombre de francs-maçons augmente, mais les dissensions de toute sorte sont fréquentes.Elles contrecarrent les raisons de notre adhésion à ce mouvement. L’influence de la franc-maçonnerie sur la société a régressé partout. N’est-ce pas le moment pour réfléchir sur le sens et le rôle de la Franc-Maçonnerie au 21ème siècle et redémarrer sur d’autres bases?

Introduction

La franc-maçonnerie est un mouvement initiatique que certains confondent avec une religion, d’autres avec un mouvement politique, une occasion de se réunir entre amis pour philosopher, ou bien un organisme de bienfaisance. Enfin, pour de nombreux maçons il s’agit principalement, sinon uniquement, d’un système de moralité à la fois voilé et explicité par des allégories et illustré par des symboles. Toutes ces démarches sont respectables et correspondent en partie au rôle de la franc-maçonnerie, mais elle n’a pas été créée uniquement ou principalement pour elles.

  • Si la franc-maçonnerie s’identifie à une assemblée de croyants, elle cesse d’être unique et irremplaçable.
  • Quand elle tente de jouer le rôle de parti politique ou de syndicat, elle n’accomplit pas non plus sa tâche spécifique. Par ailleurs, elle ne dispose pas d’outils appropriés pour être vraiment efficace dans ces domaines.
  • Ses règles de fonctionnement n’en font pas non plus le meilleur club de débats.
  • En se limitant à la bienfaisance, elle est surpassée par les ONG et autres sociétés caritatives.
  • La « haute valeur morale » étant la condition d’admission en maçonnerie, on peut concevoir que le travail en loge sert à la développer, mais la Constitution d’Anderson,fondatrice, lui assigne encore d’autres tâches.
  • Quant à certaines loges, transformées en instrument de promotion d’intérêts personnels, elles trahissent la franc-maçonnerie.

Certes, la franc-maçonnerie offre à ses adhérents une dimension spirituelle et morale, mais elle n’est pas nécessairement religieuse. Elle les incite à s’impliquer davantage dans la cité, mais ne se substitue pas pour autant aux partis, syndicats, associations, ni à l’université. Enfin, elle ne doit pas être un groupement d’intérêts. Ces confusions réduisent l’impact de la franc-maçonnerie et il n’est pas surprenant que depuis 40 ans elle ait perdu presque la moitié de ses effectifs, notamment aux Etats-Unis.

Cependant, la diminution de son attractivité n’est pas due uniquement à de telles erreurs d’entendement, pas plus qu’à la prétendue baisse d’intérêt des sociétés occidentales pour la spiritualité. Si cette baisse était réelle, les « sectes » et autres nouveaux chemins vers la transcendance ne fleuriraient pas autant, en particulier aux USA.

Il ne faut pas oublier que presque depuis la naissance de la franc-maçonnerie moderne, en 1723, les tenants de pensées centralisatrices et autoritaires expriment leur hostilité, parfois la haine, de sa nature humaniste, égalitaire et de sa liberté d’esprit. La premièreBulle papale date de 1738… Elle a été suivie par plus de deux siècles de calomnies et de tentatives de déstabiliser la franc-maçonnerie qui ont brouillé encore davantage son image. En Europe, les attaques et la persécution des francs-maçons par les nazis et les communistes du bloc soviétique sont dans toutes les mémoires.

Il n’est donc pas étonnant que les non-initiés, et parfois les francs-maçons eux-mêmes ne comprennent plus bien le sens profond et le rôle spécifique de ce mouvement.

La franc-maçonnerie moderne invite ses membres à faire un travail sur eux-mêmes et à assumer vis à vis de l’humanité des devoirs qu’aucune autre organisation ne prend en compte. Elle leur offre une méthode initiatique particulière. Toutefois, pour savoir si la franc-maçonnerie a encore un sens au 21e siècle, il faut revenir à ses fondamentaux.

XVe – XVIIIe siècles: époque charnière de l’histoire occidentale

Pour saisir le sens de la franc-maçonnerie dans le monde actuel il faut d’abord se rappeler les circonstances de sa naissance il y a trois siècles.

La franc-maçonnerie moderne a surgi à un moment de basculement de civilisation européenne où quatre loges de Londres ont considéré utile, et même nécessaire, de se fédérer et de doter l’initiation maçonnique traditionnelle d’un contenu réactualisé.

  • A la Renaissance, au XVe et XVIe siècles, l’Europe a redécouvert la puissante culture antique gréco-romaine.
  • Le saut technologique des transports maritimes permet de relier les continents et de découvrir de nouveaux territoires. En même temps, les échanges en Europe se développent grâce aux relais postaux, créés au XVe siècle pour les courriers administratifs et militaires, puis ouverts aux privés. L’invention de l’imprimerie les a enrichis.
  • Parallèlement, de nombreuses sciences connaissent un développement radical et de nouvelles disciplines naissent. La recherche s’affranchit d’un bon nombre de préjugés,  ses méthodes deviennent plus fiables, ses résultats vérifiables.
  • Toutes ces avancées approfondissent la connaissance de la plupart des civilisations du monde, passées et présentes, et posent les prémices d’une meilleure compréhension entre les individus et les sociétés éloignées.

L’acquisition de ces savoirs a abouti, entre autres, à la création de l’Encyclopédie.

Cette richesse d’informations et d’expériences, à la fois personnelles et collectives, sans équivalent jusqu’alors, rendait possible un bond dans l’étude de l’homme, de sa place dans l’univers et de l’univers lui-même. Elle posait les fondements d’une nouvelle étape du développement de l’humanité.

Naissance d’une civilisation planétaire

Divisés jusque-là en familles, clans, tribus, villages, pays et divers autres groupements, limités dans le temps et l’espace, les humains ont commencé à se percevoir comme parties prenantes d’entités planétaires durables, économiques, politiques et culturelles. Cela n’a pas dissout les sous-ensembles précités, mais a fait comprendre que les hommes et les femmes étaient aussi des parcelles de l’humanité, sorte d’organisme composé de tous les humains. Ce nouveau concept de l’humanité qui s’inscrit peu à peu dans la réalité « palpable », a abouti, au XVIIIe siècle à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, au XIXe siècle à la Déclaration universelle des droits de l’homme qui place ce dernier sous la protection de l’ensemble de la communauté, puis au XXe siècle à la création de tribunaux supra-nationaux jugeant les « crimes contre l’Humanité ». Quelle sera la prochaine expression de cette philosophie?

Méthodes de création d’une civilisation planétaire

La formation d’une entité planétaire peut s’effectuer soit par la domination d’un pays ou d’une civilisation sur les autres, soit par la construction d’une humanité multiculturelle, basée sur le respect des différences. La première méthode existe et se perpétue depuis la nuit des temps au niveau des clans, pays, religions. La deuxième est utilisée moins souvent.

Les auteurs de la Constitution d’Anderson semblent avoir été convaincus que la mise en commun du potentiel de l’humanité dans sa diversité pourrait être la condition indispensable de réussite de la « mondialisation » qui s’annonçait.

Comment l’ont-ils exprimé ? De quelle manière leur héritage peut-il contribuer au succès de la construction pacifique d’une civilisation planétaire multiculturelle?

Les fondateurs de la franc-maçonnerie moderne faisaient partie des penseurs les plus éclairés de leur temps. Plusieurs appartenaient à l‘Académie Royale de Londres. Scientifiques et philosophes, ils évoluaient parallèlement au mouvement des Lumières en France. Ils avaient l’intuition, et sans doute  aussi les moyens de comprendre rationnellement, l’esprit de leur époque et de le traduire en action. C’est à peu près comme si au XXe siècle la méthode initiatique aurait été repensée par Einstein, Bergson, Freud, Marie Curie, Ghandi et quelques autres de leurs pairs…

Pour faire saisir la merveilleuse richesse des savoirs, accumulés par les générations précédentes, au plus grand nombre de leurs contemporains et de leurs successeurs, ils les ont rassemblés sous forme de rituels et de symboles, régis par les règles spécifiques d’un système initiatique. Ils n’ont pas traité ces connaissances, opinions et pratiques du point de vue historique. Ils ne les ont pas non plus exposés sous forme logique, mais représentés par des images faciles à mémoriser. A  la différence de « vraies » encyclopédies, les symboles et rituels maçonniques ne décrivent pas les connaissances, ils se contentent de les évoquer et de dessiner les liens qui les unissent par-dessus les civilisations. En plus, ces rituels et symboles contiennent le mode d’emploi orientant l’utilisation de tous ces savoirs vers la création d’une « humanité nouvelle ».

L’origine des symboles, rites et rituels maçonniques est étonnamment disparate.

A première vue, mélanger les cultures égyptienne, grecque et romaine, les religions juive et chrétienne, les procédés initiatiques des alchimistes et des templiers, réunir dans un même ensemble des francs-maçons « opératifs » et « spéculatifs », risquait d’aboutir à un kaléidoscope de contradictions. Nos savants prédécesseurs auraient certainement été en mesure d’élaborer un système cohérent sans recourir à ces mélanges, sans anachronismes et contresens apparents. Pourquoi alors, à leurs yeux, pouvait-il paraître nécessaire de nous transmettre leur vision du monde par une telle méthode qui nécessite l’acquisition d’une grille de lecture permettant d’attribuer aux symboles des valeurs en fonction du contexte de leur utilisation ?

La réponse à ces questions se trouve dans la pratique maçonnique. Ce qui précède semble très compliqué, mais dans les temples l’initiation fonctionne sans que l’on soit nécessairement conscient de tous les tenants et aboutissants.

La franc-maçonnerie moderne est une sorte d' »encyclopédie universelle condensée ».

Pour « décompresser » ces savoirs, ses adeptes doivent fournir un intense effort. Le but n’est  pas d’acquérir l’ensemble des connaissances contenues dans les rituels et symboles, chacun acquière les informations qui trouvent un écho dans ses propres connaissances et expériences. Cependant, l’immersion dans l’atmosphère des loges favorise l’étude des idées les plus variées, souvent très éloignées de ce que les francs-maçons rencontrent dans leur vie de tous les jours. Ainsi apprennent-ils assez vite à déchiffrer les symboles, à écouter les opinions les plus contradictoires et à tolérer même celles qui s’opposent à leurs convictions. Il ne s’agit pas de les accepter passivement, pas plus que de renoncer à sa propre personnalité, bien au contraire. Les échanges qui s’ensuivent sont un bon entrainement à étayer ses propres pensées, et aussi à les exposer clairement, sans pour autant tenter de les imposer aux autres. Cet élargissement de l’horizon développe l’imagination. Par extension, l’initiation maçonnique fait comprendre que tout sur la terre est lié, au point d’être interdépendant.

Les fondateurs de la franc-maçonnerie moderne étaient écologistes avant l’heure.

Tolérance, liberté d’esprit, fraternité

Les membres des quatre loges de Londres étaient tous des fidèles sujets de sa Majesté et des bons croyants protestants mais, pour les raisons déjà exposées, ils ressentaient le besoin d’une liberté absolue de conscience. L’article premier de laConstitution d’Anderson qu’ils ont rédigée exprime clairement cette exigence:

« Un maçon est obligé, selon son Ordre, d’obéir à la loi morale et s’il entend bien l’art, il ne sera jamais un athée stupide ni un profane libertin. Quoique dans le vieux temps les maçons fussent obligés d’être de la religion de chaque pays où ils étaient, cependant on juge maintenant qu’il est plus convenable de les obliger seulement à être de la religion dont tous les honnêtes gens conviennent, en gardant leurs opinions particulières pour eux-mêmes: c’est à dire être des hommes vrais et bons, ou hommes d’honneur et d’honnêteté, peu importe par quel nom ou conviction ils peuvent être distingués; ainsi la maçonnerie devient-elle le Centre de l’Union et le moyen d’établir une étroite et solide amitié parmi des personnes qui auraient dû être à jamais maintenus à distance. »

« …  être de la religion dont tous les honnêtes gens conviennent » ne fait évidemment référence à aucune église ni foi métaphysique car aucune n’est commune à tous. Les fondateurs de la franc-maçonnerie moderne pensaient à la morale « des hommes vrais et bons, ou hommes d’honneur et d’honnêteté », qu’ils espéraient universelle. Elle semble exister, fondée à la fois sur l’instinct de survie et les exigences de la vie en commun. Elle incite, au moins dans les conditions de vie « normales », à la coopération et interdit de nuire aux autres.

Pour rendre « palpables » les liens unissant tous les humains et  »rassembler ce qui est épars », ils ont forgé la notion de « fraternité universelle ». Ils voulaient que les francs-maçons soient le point de départ et le centre de l’union de cette nouvelle humanité.

Ces hommes étaient vraiment admirables. Considérer, après tant de guerres interminables, tous les humains comme frères et vouloir dialoguer avec eux sans préjugés était une idée bouleversante.

Certes, de nombreuses religions sont fondées sur l’idée de fraternité, mais elle diffère en plusieurs points de la fraternité des francs-maçons:

  • La fraternité religieuse est toujours « verticale » car elle relie les humains en tant qu’enfants d’un être supérieur, leur Père.
  • Être issus tous du même père tout puissant est rassurant.
  • La fraternité qui en résulte est fondée sur la soumission à ce père, voire à ceux qui le représentent.
  • Elle est synonyme de l’amour qui, à l’instar des familles de sang, devrait régner entre les membres des églises.
  • Pour les religions la fraternité se limite presque toujours à leurs adeptes et à eux seuls.
  • Certaines églises ont tenté d’imposer leur croyance même aux non-croyants par le feu et l’épée, moyens pas vraiment appropriés pour répandre fraternité et amour…
  • La fraternité maçonnique est « horizontale ». Elle résulte d’une décision individuelle de percevoir les autres comme ses frères et d’être reconnu à son tour comme leur frère.
  • A priori, l’homme se méfie de tous ceux qui diffèrent de lui. Considérer par un choix volontaire,  directement, sans intermédiaire, les autres, tous les autres, comme frèresdemande un grand effort. La « méthode maçonnique » prépare les « initiés » à le fournir et leur offre les outils nécessaires.
  • La fraternité qui en résulte est fondée sur la liberté.
  • Plus que l’amour, elle exprime un lien. Il s’agit de comprendre et de ressentir à quel point les humains sont interdépendants à la fois entre eux et avec tout ce qui les entoure. Le caractère viscéral de ce lien pouvait être supposé depuis longtemps, grâce à l’observation de la nature en général et celle des foetus humains aux différents stades de leur évolution. Au XIXe siècle, ce lien a été prouvé par la théorie de l’évolution des espèces de Darwin, puis re-confirmé encore plus fermement un siècle plus tard par l’écologie.
  • Les observations scientifiques actuelles prouvent que la diversité est la condition indispensable du développement et du maintien de la vie sur la terre. Les fondateurs de la franc-maçonnerie moderne ont eu l’intuition de l’importance vitale de la diversité. Leur concept de la « fraternité universelle » enseigne la compréhension de toutes les visions du monde et, compte-tenu de ce qui précède sur l’évolution, le respect de toutes les formes de vie.
  • Les francs-maçons n’ont jamais voulu imposer par force l’adhésion à leur mouvement. Tous « les honnêtes gens » devraient en faire partie, toutefois cela ne dépend que de leurs libre-arbitre.

La fraternité religieuse et la fraternité maçonnique ne s’excluent pas, elles jouent chacune un autre rôle.

L’homme doit être capable d’être à la fois indépendant et de savoir se soumettre. Son indépendance d’esprit l’aide à apprendre, à comprendre, à développer un regard critique. Par contre, son interdépendance avec les autres, donc la nécessité de vivre en société, l’oblige parfois à obéir. La société lui permet de survivre et également de confronter son savoir avec celui des autres, de vérifier sa pertinence, de l’enrichir et de le rendre utile. Enfin, sa double nature d’individu et de parcelle de divers ensembles l’aide à choisir entre opinions et intérêts (le sien et celui de la collectivité) parfois opposés, puis d’agir en fonction de ce choix. Ces qualités contradictoires et complémentaires, apparemment inconciliables, peuvent coexister en alternance.

Exigence morale

La franc-maçonnerie est une vision du monde, une méthode initiatique d’apprentissage et une exigence morale. Ses concepteurs étaient conscients que, pour arriver à bon port, leur projet devait être fondé sur des « valeurs » et encadré par elles.

Les valeurs de la franc-maçonnerie moderne sont issues de la morale profane et religieuse, notamment protestante, de l’Angleterre du XVIIe et XVIIIe siècles. Elles ont été enrichies par d’autres apports. Bons sujets de sa Majesté et, pour la plupart, croyants fidèles, nos ancêtres ont été sûrs du bien-fondé de leurs convictions, mais ont été capables de relativiser leurs opinions. Ils admettaient que la franc-maçonnerie pouvait évoluer, se transformer et se diversifier suivant les pays. Ils savaient que si le « point ferme » d’Archimède était indispensable pour faire « bouger la terre », il pouvait être situé à divers endroits.

Si elle est maniée correctement, la méthode maçonnique exclue tout dogmatisme. Au contraire, dès ses origines la franc-maçonnerie moderne est vouée à la diversification car chaque maçon, chaque loge, obédience et pays déchiffrent son contenu en fonction de leurs cultures personnelles et collectives. La Constitution d’Anderson prône le respect et la tolérance. L’une des clefs  de ce système se trouve dans le symbole du « pavé mosaïque »…

Conclusion

Commencée à la Renaissance, accentuée au XVIIe siècle, confirmée au XVIIIe, l’unification du monde se poursuit jusqu’à aujourd’hui et continuera demain. Aujourd’hui les États hésitent entre la conquête et l’association. Ils tentent de collaborer pacifiquement, mais  s’arment au point de pouvoir détruire l’humanité entière. Certains pensent être en mesure d’imposer leur domination par intimidation, sans arriver à l’extrémité d’une guerre mondiale, mais ils marchent sur la corde raide, risquant de précipiter dans l’abîme avec eux toute l´humanité.

Cet armement à outrance relève de la folie. Même si une superpuissance arrivait à s’accaparer du monde, les problèmes posés par la construction d’une civilisation planétaire sont tellement complexes qu’un État ou un petit groupe d’États, aussi puissant soit-il, ne peut pas les maîtriser. L’exemple de nombreux très grands empires prouve que, mus par une seule vision, ils ont été voués à la destruction. La difficulté ne consiste pas uniquement dans la quantité de données « objectives » à prendre en compte, mais dans l’incroyable diversité des humains qui leur permet de s’adapter et de survivre dans  pratiquement n’importe quelles conditions. Elle résonne avec l’instinct vital de notre espèce et c’est aussi pour cette raison que chaque groupe défend sa particularité avec énergie.

L’initiation maçonnique ouvre l’esprit à la diversité, à la tolérance, au respect et à l’amour des autres. Elle nous permet de nous débarrasser de nos préjugés et d’imaginer une profonde réorganisation de nos modes de vie dont nous sommes prisonniers. Ainsi, la franc-maçonnerie moderne est-elle l’amorce d’une nouvelle civilisation.

Si pour la survie de l’humanité la diversité des cultures est aussi importante que la bio-diversité, alors la franc-maçonnerie est toujours d’actualité. En sommes-nous suffisamment conscients? Sommes-nous dignes de cet héritage? N’a-t-il pas été dilapidé ou trahi?

Source: http://www.franc-maconnerie-moderne.com


2.- LA FM, laboratoire de l’idée européenne

https://www.canal-u.tv/video/universite_de_nice_sophia_antipolis/embed.1/la_franc_maconnerie_laboratoire_de_l_idee_europeenne.8186?width=100%&height=100%


3.- Éthique maçonnique

Voici un extrait d’une planche intitulée « L’éthique maçonnique. Le Franc-Maçon entre le doute et la certitude » sur l’éthique en général et l’éthique maçonnique en particulier.
Source: Grand Orient de Luxembourg / Curitiba-2002

…… Et nous en arrivons à l’éthique.

C’est par la méditation, la discussion avec les autres, la réflexion que le doute se transforme lentement en certitude et que la certitude devient vérité, devient éthique. Comme Jacques Monod, je dirai donc que l’éthique, c’est la quête incessante de la vérité.
Le terme  » éthique  » est utilisé à tout bout de champ : il y a l’éthique professionnelle, l’éthique de l’environnement, l’éthique militaire, l’éthique de l’information, la bio-éthique, l’éthique sociale, l’éthique commerciale, l’éthique de l’économie, l’éthique maçonnique etc. Ce terme est sans cesse confondu avec ceux de loi, de règlement, de principe, d’interdit fixant des droits et des devoirs.
Il nous faut donc retourner à la source de toute éthique dans la pensée humaine ; la philosophie.

L’éthique implique une réflexion critique sue les comportements. L’éthique est la partie de la philosophie qui étudie les fondements de la morale.
En pratique, la morale ou les morales concernent des valeurs, des principes, des règles, des normes régissant nos comportements.
L’éthique appliquée est ce qu’il convient de faire pour tendre vers le bien dans un champ d’application particulier. Il s’agit d’une démarche individuelle ou de groupe tenant compte et influencée par notre culture, notre religion, les obligations légales, les pratiques sociales de notre communauté et les pratiques institutionnelles, nos règles déontologiques.
Citons  » Ethique et valeurs  » de Suzanne RAMEIX : l’éthique n’est ni une science, ni une technique, ni un système de règles institutionnelles comme le droit ou la déontologie. Pourtant elle est bien l’objet d’un travail rationnel sur les valeurs. (Fin de citation).

Partons rapidement à la recherche de quelques-unes de nos valeurs de notre horizon normatif commun dans notre civilisation.
Citons pour cela quelques extraits de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, adoptée par l’assemblée générale des Nations Unies le 10 décembre 1948 :
 » Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits, sans distinction aucune notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique, etc. Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. Nul ne sera soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels inhumains ou dégradants. Chacun à la droit à la reconnaissance  en tout lieu de sa personnalité juridique. Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ni d’atteinte à son honneur et à sa réputation. Toute personne à droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. « 

Aborder l’éthique, aborder les fondements de la morale :
C’est interroger nos connaissances des choses et des hommes en utilisant nos facultés de jugement et de discernement, faire la différence entre ce qui est juste et ce qui ne l’est pas, entre ce qui est bien et ce qui est mal.
C’est entrer dans le monde de l’action et s’interroger sur ce que nous pouvons faire ou ne pas faire.
C’est entrer dans un espace intérieur, dans notre propre exigence de vérité qui nous fait tâtonner, chercher à comparer et à comprendre.
L’éthique est donc à la croisée de trois domaines :

  • Notre besoin de comprendre une situation ;
  • Notre pouvoir d’agir sur cette situation ;
  • Et notre propre exigence de vérité.

La dimension éthique ou morale est une des spécificités de l’espèce humaine. Les religions ainsi que les philosophies ne s’y sont pas trompées. Etrangement le mot « éthique » est aujourd’hui accepté dans le discours, alors que le terme « moral » est souvent rejeté au nom d’une connotation vaguement religieuse ou bien pensante. Ce sont pourtant deux termes qui étymologiquement sont dérivés de la même idée.
« Ethique » vient du grec « ethos » et « morale » vient du latin « mores » qui tous deux signifient ce qui a rapport aux mœurs, aux comportements humains, à la façon de vivre.

Cela ne nous explique pas la différence entre morale et éthique. Quelle est cette différence ?
La morale se fonde sur la notion de bien et de mal « en soi », c’est à dire : est bien ce qui a été reconnu comme étant bien par la collectivité.
L’éthique se rapporte d’avantage à ce qui peut être bon ou mauvais « pour soi ». Ici la priorité est donné à ce que la personne considère comme étant bon ou mauvais pour elle même.
La morale nous aide à répondre à la question « que dois-je faire ».
L’éthique cherche la réponse à « comment dois-je vivre ».
La morale tend à promouvoir la vertu.  L’éthique tend à favoriser le bonheur. La morale tient pour idéal le bien-être.


L’éthique tient pour but ultime la sagesse.
Pour en finir, je dirai ceci :
L’éthique est universelle. Elle s’énonce donc au singulier. Elle a une visée réflexive et propose un comportement personnel selon la conscience de chacun. L’éthique est cohérente. Elle prend en compte des éléments apparemment sans lien, des paradoxes, pour une cohérence plus élevée que celle envisagée à première vue, par exemple : souhaiter la mort de quelqu’un qu’on aime parce qu’il souffre atrocement. L’éthique réhabilite les fonctions cordiales et symboliques entre les personnes.

Et que dire de l’éthique maçonnique ? Sommes-nous concernés ?…….
……Dans un rituel du Grand Orient de Luxembourg, écrit à l’occasion de l’Assemblée Générale du CLIPSAS qui a eu lieu à Luxembourg le 28 mai 1995, le Vénérable Maître demande au Frère Orateur :
« Frère Orateur, veuillez énoncer les sept piliers de la Sagesse, tels qu’ils furent énoncés le 4 mai 1986 au Palais de l’Europe à Strasbourg et qui constituent les fondements de l’éthique maçonnique libérale. »
Réponse du Frère Orateur :
« Les principes fondamentaux sont :

  • La tolérance.
  • Le respect des autres.
  • L’attachement à la liberté.
  • Le sens de la liberté.
  • Le désir du progrès humain.
  • La pratique de la fraternité.
  • Le principe démocratique.

Rappelons que le 4 mai 1986 au Palais de l’Europe à Strasbourg a eu lieu l’Assemblée Générale du CLIPSAS, célébrant son 25èmé anniversaire. En réponse aux exclusives de Londres dans ses landmarks, le CLIPSAS donnait ainsi les landmarks de la Maçonnerie libérale.
La liberté, nous venons d’en parler.
La tolérance n’est pas inconditionnelle. Qu’est-ce qui est tolérable pour moi ? Et pour les autres ?
C’est mon éthique qui va me proposer mon comportement après réflexion.
La fraternité entraîne automatiquement la complaisance. Par rapport à qui ? Par rapport à quoi ?
Encore une question d’éthique.

Voici deux citations.
La première est une phrase prononcer par un Frère lors d’une émission radiophonique sur France Culture ayant pour thème la définition d’une Loge. Ce Frère disait :  » Une Loge est l’endroit où l’on se forge son éthique « .

La deuxième est de Mathieu RICARD :  » Les fondements de l’éthique sont très simples. Il n’y a pas de bien et de mal en soi. Il n’y a de bien et de mal qu’en termes de bonheur et de souffrance à autrui et à soi même « .

Le Franc-Maçon doit rester cohérent avec lui-même. Il doit rechercher les bases naturelles de l’éthique, délivrée de toute considération métaphysique. Selon Jean-Pierre Changeux,  » ce n’est somme toute, que réactualiser la démarche des Lumières « .

A la fin de notre rituel au 1er grade, le V M  dit ceci:
« Mes SS  et mes FF , n’oublions pas que notre travail maçonnique ne s’achève pas au moment où se ferment nos tenues. Il se continue, se perfectionne, se développe dans la constante amitié de nos SS  et nos FF , ainsi que par notre exemple, notre action et notre enthousiasme dans le monde profane. »
Il ne s’agit donc pas de gérer le quotidien. Gérer le quotidien, c’est le rôle des parties politiques.

Notre travail, c’est de réfléchir sur l’avenir et le développement de la société. C’est pour cette raison que les obédiences maçonniques ont consacré une grande partie de leur temps à la réflexion sur des projets de société tels que l’accouchement sans douleur, la contraception, le droit de cité de la sexualité, le droit à l’avortement, les dons d’organes et plus récemment le droit de mourir dignement à son heure. Il s’agit donc de conduire au mieux-être des hommes et pourquoi pas, au bonheur.

Les droits de l’homme et du citoyen ont été élaboré en Loge. Ils ont été rédigés dans le but de protéger l’homme contre les abus de pouvoir. Les philosophes du siècle des Lumières ont mûri lentement ces droits, faisant ainsi évoluer la société civile. De la même façon les Francs-Maçons, en demandant à leurs amis politiques de s’inspirer de leurs réflexions dans le monde profane, ont fait que l’éthique se substitue à la souveraineté de la Monarchie d’abord et à l’Église ensuite.

La Franc-Maçonnerie à travailler en sorte pour que le respect de la vie et des droits de l’homme apparaisse comme un grand moment de l’histoire universelle.
Une nation qui se détournerait de l’universel, renoncerait  » à travailler à l’amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l’humanité  » comme cela est dit dans notre rituel.

Source: Curitiba/2002 – Grand Orient de Luxembourg

4.- Quelle Franc-maçonnerie pour le XXIème siècle




Conférence de Rémy Hildebrand

Déjeuner-débat à Genève

D&DS

Saison 2012-2013

Vendredi 8 juin 2012

au

6, rue de la Scie 1207 Genève

Nous aurons l’honneur de recevoir

Rémy HILDEBRAND

Rémy Hildebrand

Journaliste et écrivain

Fraternité, démocratie: dialogue dans le cas du tricentenaire de la naissance de J.-J- Rousseau

11h45  Accueil

12h10 Repas

13h00 Déjeuner-débat

Débats réservés aux Francs-maçons et Franc-maçonnes

Soyez les bienvenu(e)s.

Document :

1.- Jean-Jacques ROUSSEAU : Les difficultés d’une démocratie véritable

Dans ce texte du Contrat Social, Rousseau s’attache à l’analyse de ce que serait une démocratie véritable, satisfaisant à toutes les exigences que semble sous-entendre son sens étymologique. Il pose ainsi pour principe qu’une telle forme de gouvernement relève d’un idéal inaccessible aux hommes, car par trop exigeant.

Pour ce faire, l’auteur commence par une analyse purement quantitative : si  » démocratie  » signifie  » pouvoir du peuple « , elle engage une participation et un engagement constant de celui-ci dans les discussions et les prises de décisions, ce qui s’avère difficile, voir contre-nature.
Par suite, cette implication collective requiert qu’un certain nombre de conditions pratiques soient satisfaites, faute de quoi cet exercice commun de l’autorité politique ne saurait être mis en œuvre : petit état, simplicité de mœurs, égalité sociale, et abolition du luxe.
En outre, ces exigences pratiques ne sauraient elles-mêmes aller sans une exigence morale, car seule la vertu, comprise ici comme qualité éminemment sociale, nous poussant à vouloir et à faire le bien, peut nous permettre de répondre à tous ces impératifs.
Enfin, et parce qu’elle sous-entend un débat d’opinions, lesquelles sont par nature changeantes et diverses, la démocratie nécessite de la part des citoyens beaucoup de volonté, voir de courage, pour être maintenue malgré l’instabilité caractérisant son fondement.
Nous le voyons donc, Rousseau, s’il ne remet pas en question la valeur théorique de la Démocratie, fait cependant de celle-ci un régime politique utopique supposant une nature humaine idéale.
Pourtant, comme tout idéal, le modèle démocratique semble d’un intérêt certain, et il serait dangereux de renoncer à sa mise en œuvre. Peut-être conviendrait-il en effet de réaffirmer avec force et conviction cette formule citée par

Rousseau :  » Mieux vaut une Liberté dangereuse, qu’une servitude tranquille « .

Du Grec Démos signifiant le peuple, et cratos, le pouvoir, le terme de Démocratie semble devoir désigner une forme de gouvernement où l’autorité politique ne serait pas l’apanage d’un individu ni même d’une élite, mais bien plutôt la propriété d’un peuple dans son ensemble. Ceci engagerait donc que toute décision soit l’expression, non d’une volonté particulière, mais générale, c’est-à-dire la traduction d’un intérêt commun qui ne peut transparaître qu’au travers de la confrontation des intérêts privés.
 » Il y a souvent bien de la différence entre la volonté de tous et la volonté générale ; celle-ci ne regarde qu’à l’intérêt commun ; l’autre regarde à l’intérêt privé, et n’est qu’une somme des volontés particulières : mais ôtez de ces mêmes volontés les plus et les moins qui s’entre-détruisent, reste pour somme des différences la volonté générale « . Rousseau ; Du Contrat Social.

Aussi semble-t-il nécessaire, pour le respect de l’idéal démocratique, que tous les citoyens participent au débat politique, et ce de façon systématique, faute de quoi les décisions qui pourraient être prises ne seraient plus véritablement adéquates à cette volonté générale ou volonté du peuple, posée comme fondement d’une telle forme d’état.
Cela dit, il semble difficile d’affirmer la possibilité d’une telle constitution.
En effet, l’idée même d’une autorité commune pose problème : en dehors de la société humaine, et de façon générale dans la nature, l’autorité n’est a priori jamais également répartie entre les individus. Certes, nous pourrions ajouter que généralement cette autorité s’acquiert par la force, et ainsi reposer le problème de ce fameux droit du plus fort, supposé dans la nature, et dont certains ont pu s’inspirer pour concevoir un modèle politique. Ainsi Hobbes en vint-il à user de celui-ci jusqu’à en faire l’essence même de ce grand Léviathan, Etat fort et autoritaire,  » pouvoir visible visant à tenir les hommes en respect, et à les lier, par la crainte des châtiments, tant à l’exécution de leurs conventions, qu’à l’observation des lois de nature.  » Hobbes ; Léviathan.

Mais ce serait oublier que ce terme de droit n’ajoute rien à la force, et que pour être légitime, une autorité, même politique, ne peut s’exercer et être maintenue que si ceux qui y sont soumis le sont en vertu d’une obligation morale, c’est-à-dire par devoir. Néanmoins, que cette autorité repose sur la force, ou encore sur un charisme ou une sagesse reconnue, et finalement, quelque soit le principe sur lequel elle s’appuie, elle n’est généralement la propriété que d’un petit nombre, et jamais de l’ensemble de la collectivité, puisque toujours elle renvoie à une caractéristique spécifique.
Par ailleurs, envisager l’exercice commun du pouvoir politique engage de la part des citoyens une disponibilité et une attention de tous les instants. Or, comment envisager qu’un peuple puisse rester incessamment assemblé ? Ce serait supposer une existence exempte de tout impératif particulier, ignore les contraintes de la vie quotidienne : travail pour subvenir à ses besoins, taches domestiques…, mais aussi prétendre un intérêt génral pour la vie politique et les affaires publiques (res-publica), ce qui ne semble pas garanti.
Faute d’une implication effective et constante de l’ensemble des citoyens, grande est la tentation de confier à des commissions, c’est-à-dire des groupes restreints d’individus, la tache de réflexion et d’entente préalable, nécessaire à toute prise de décision. Mais c’est là considérablement appauvrir le débat politique, et par suite dénaturer la démocratie véritable, qui ne peut s’appuyer que sur un débat public : la volonté générale ne saurait être obtenue et suivie dans de telles conditions.

Quoi de plus facile en effet, pour un petit groupe d’individus, que de se mettre d’accord sur une ligne de conduite, et, par suite, de tronquer les débats, d’influencer les décisions, en présentant comme solution raisonnée, des intérêts particuliers, ou bien encore en restreignant volontairement le nombre des choix offerts à des individus qui n’auraient pas pris le temps de la réflexion, et ainsi d’abuser de leur confiance en s’octroyant insidieusement un pouvoir et une autorité accrue, mais non légitime ?
Nous le voyons donc, la Démocratie, au sens étymologique, engage une constitution bien précise, ne souffrant aucune concession.
Or, il apparaît nécessaire qu’un certain nombre d’exigences pratiques soient satisfaites pour qu’un tel régime puisse voir le jour.

Tout d’abord, il ne saurait s’exercer convenablement sur un territoire trop vaste, ni s’appliquer à une population trop importante : assembler un peuple entier engage en effet que celui-ci puisse aisément et rapidement se regrouper et sous-entend donc une certaine proximité. Et dans la mesure où, non seulement chaque citoyen doit pouvoir prendre part au débat, mais encore où les décisions prises doivent viser l’intérêt général, et engagent donc une bonne connaissance des intérêts particuliers, seule une collectivité limitée pourra prétendre à une telle forme de gouvernement.
Secondement, et c’est un fait d’expérience, la multiplicité et l’hétérogénéité des habitudes de vie, la diversité des us et coutumes, favorisent toujours l’apparition de conflits au sein d’une société. Or, plus les difficultés sont nombreuses, plus les solutions sont complexes à découvrir. L’expression d’une volonté générale sera en effet d’autant plus aisée à dégager que les intérêts particuliers à surmonter et à concilier seront en nombre limité. En cela, une grande simplicité de mœurs semble donc bien nécessaire.

Ensuite, tout débat véritablement démocratique suppose que les interventions de chaque citoyen aient autant de valeur les unes que les autres, et donc qu’aucun n’est la possibilité d’acquérir ou d’exercer sur l’autre une plus grande autorité ou influence. Ceci ne semble pouvoir se réaliser que si règne au sein de la collectivité la plus grande égalité qu’il soit possible d’obtenir, tant dans les rangs que dans les fortunes. Car si celui qui dispose d’une certaine aisance financière pourra, sans que son confort en pâtisse, facilement se consacrer à la chose publique, il n’en va évidemment pas de même pour celui qui, pour subvenir à ses besoins, doit exercer une activité professionnelle. Par suite, cette inégalité risque également d’en faire apparaître une autre, puisqu’il est courant que le second dépende financièrement du premier, ou, à défaut, que le premier puisse exercer une influence directe ou indirecte sur le second, soit que l’un soit salarié de l’autre, et fasse preuve d’une certaine retenue, soit que l’autre, ou bien soit plus présent lors des prises de décisions et ainsi obtienne une plus grande influence, ou bien puisse exercer directement son autorité sur le premier.

Enfin, il convient que le luxe soit absent de la société démocratique, en tant qu’il représente, pour cette dernière, un danger. Cette exigence semble d’ailleurs pouvoir se déduire logiquement de la précédente, puisque le luxe, outre son côté inessentiel, et donc la superficialité qu’il engage chez l’individu qui le recherche, suppose également une inégalité sociale : le luxe ne peut être en effet que l’apanage de quelques uns dans la mesure où parmi les choses qui le caractérisent, nous retrouvons la rareté et le côté dispendieux. En sorte que l’objet de luxe peut devenir marque d’appartenance sociale, et donc affirmer les différences et par suite susciter la convoitise et créer les conflits. Cela étant, la recherche du luxe, en tant que recherche de l’inutile et du superflu, peut également amener à une perte des priorités et des valeurs fondamentales dont la Démocratie ne peut s’accommoder, et reste la marque d’un esprit commandé par les passions ou les désirs, et non par la raison. En cela, il est annonciateur bien plutôt d’un règne de l’opinion, que de la réflexion, et est donc nécessairement négatif.

De l’analyse des conditions requises pour l’exercice d’une Démocratie véritable, c’est tout naturellement que nous sommes finalement amenés à postuler chez le citoyen idéal une vertu sans faille, tant les exigences d’un tel régime sont nombreuses. La vertu en effet, parce qu’elle désigne toute qualité humaine nous poussant à vouloir et à faire le bien, semble indispensable à la réalisation et au maintien d’une telle société politique.
A noter cependant que ce n’est point là une spécificité de la Démocratie, mais que de façon générale, tout état, en tant qu’il suppose une forme de contrat, même tacite, et en tant que sa pérennité dépend du respect de ce contrat et par suite de la constitution, suppose ces qualités éminemment sociales que la vertu désigne. Si l’état vise le bien de la société, le fondement de l’état doit renvoyer et s’appuyer sur la volonté des citoyens d’accéder au bien commun.
Mais il est vrai que, parce qu’elle engage le peuple dans son ensemble, et que son essence est la volonté du peuple, la démocratie, plus que tout autre régime, engage cette vertu, faute de quoi la multitude des conflits d’intérêts particuliers rendrait bien vite impossible son fonctionnement ou la rendrait inefficace.

La Démocratie est donc bien un régime exigeant, mais aussi extrêmement fragile et instable, ce qui se laisse aisément expliquer par l’essence même de son fondement, à savoir la volonté générale. Celle-ci en effet n’est pas assimilable à la volonté de tous, mais n’est que le résultat de l’entre destruction des volontés particulières ou opinions qui s’opposent. Or, par définition, les opinions sont changeantes et mal assurées, d’où une volonté générale quelque peu lunatique dont les renversements et contradictions successifs expliquent nécessairement conflits et luttes intestines. Il faut pourtant parvenir à dépasser ces oppositions et sauvegarder la forme de la république, ce qui exige de la part des citoyens courage et constance, mais aussi vigilance, afin de veiller au respect de la constitution et des institutions.
En ces circonstances, l’on pourrait concevoir que parfois les citoyens renoncent et abdiquent face aux difficultés, mais il faut faire un choix : la liberté ou la facilité. Si la démocratie est aussi idéale qu’elle paraît, et si grâce à elle notre liberté et nos droits peuvent être garantis, les efforts et concessions qu’elle demande valent certainement la peine d’être endurés. D’où cette affirmation riche de sens et qu’il conviendrait de toujours méditer :  » mieux vaut une liberté dangereuse qu’une servitude tranquille « . L’homme doit se donner les moyens de sa liberté.

Ainsi la perfection d’un tel régime est évidente, mais semble finalement sérieusement contraster avec notre nature véritable, et il n’est pas certain que l’homme puisse répondre et satisfaire autant d’exigences.
Mais, plutôt que de renoncer à un tel idéal, ne devons-nous pas accorder aux hommes le bénéfice du doute et leurs laisser une chance de l’atteindre ?
© GUICHARD Jérôme.

2.- Jean-Jacques Rousseau et la démocratie



Conférence de Alain Marti

Déjeuner-débat à Genève

D&DS

Saison 2012-2013

Vendredi 11 mai 2012

au

6, rue de la Scie 1207 Genève

Nous aurons l’honneur de recevoir

Alain Marti

Alain Marti

sur le thème

Histoire de l’Organisation Judiciaire de Genève (1814-2010)

Résumé

Le titre donne l’impression que cet ouvrage est consacré à un sujet qui ne concerne que les habitués du Palais de Justice. Mais cela ne se vérifie que pour quelques chapitres seulement. Les autres sont proprement des pages de l’histoire générale de Genève, car le pouvoir judiciaire a été un enjeu politique à maintes époques et les affrontements idéologiques au Grand Conseil se sont succédé à propos de l’organisation judiciaire.
Le jury, par exemple, a toujours été en faveur auprès d’une partie non négligeable des conseillers d’Etat ou des députés. Même sous le régime de la Restauration. De grandes figures de l’époque en étaient de fervents partisans, même si ils ne sont pas parvenus à l’imposer. Il faudra attendre la personnalité bouillonnante de James Fazy pour que cette aspiration diffuse prenne enfin corps. Mais petit à petit, on a réduit le rôle du jury et on a fini par le vider de son sens. Quand la Confédération l’a balayé, il était déjà mort. Et pourtant, tout récemment encore, il a fait parler de lui dans le procès de la Banque Cantonale.
Depuis les révolutions radicales, il y a toujours eu un courant d’opinion pour parler d’une justice populaire à laquelle les conservateurs opposaient la justice tout court, car ils n’en connaissaient pas d’autre. D’abord dirigée contre l’ancienne classe dirigeante, cette tendance a voulu battre en brèche ce repaire des l’aristocratie que constituait pour lui le pouvoir judiciaire. A la suite d’un concours de circonstances tiré de l’histoire religieuse de Genève et de l’Europe, Carteret a inventé l’institution de juges assesseurs non juristes, pour mieux contrôler les juges. Quand il a été question de les abroger, le parti socialiste a lancé une initiative populaire pour obtenir l’élection des magistrats par le peuple. Il en avait été longtemps question, mais personne n’avait osé franchir ce pas. En réalité, les partis politique étaient plutôt désireux de garder la haute main sur la justice en élisant qui leur convenait. Les élections avaient été très politisées. Or, curieusement, l’élection par le peuple n’a pas changé cette situation et, très rapidement, des voix se sont élevées pour remédier à cela. Des réflexions sur l’indépendance de la justice, il n’est sorti que le Conseil Supérieur de la Magistrature.
Pendant de nombreuses années, la clef de voûte de nos institutions a été une loi sur la Responsabilité de Conseil d’Etat. Elle fut proposée par James Fazy, qui fut le premier à violer la séparation des pouvoirs, ce qui provoqua un conflit ouvert entre lui et le Procureur Général et ce dernier fut contraint de démissionner. Dans les années 1930, lors de la faillite de la Banque de Genève, cette loi se révéla inapplicable et fut abolie, au milieu des convulsions qui agitèrent la République dans un état de crise sans précédent.
De nombreuses pages de ce livre méritent ainsi de retenir l’attention de non juristes : c’est l’histoire chahutée et tourmentée de Genève qui défile sous les yeux du lecteur.

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Conférence de Esther Jouhet

Déjeuner-débat à Genève

(D&DS)

Saison 2011-2012

Vendredi 13 avril 2012

au

6, rue de la Scie 1207 Genève

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Esther Jouhet

Esther JOUHET

Esther Jouhet-Bordoni est la créatrice de la méthode Penser, Voir et Agir Systémique© et fondatrice du Systemic Learning Institute SA. Après une riche carrière en entreprises et de nombreuses expériences, elle découvre la systémique, à laquelle elle décide alors de se consacrer et finit par créer sa propre méthode qui se distingue par sa simplicité et son efficacité. Pendant plus de 15 ans, Esther Jouhet-Bordoni a partagé sa passion et transmis son savoir à de nombreuses personnes qui appliquent avec succès sa méthode au quotidien, tant dans leur vie professionnelle que privée.

sur le thème

Représentations systémiques en entreprise

La méthode Penser, Voir et Agir Systémique©, créée par Esther Jouhet-Bordoni, permet de se mouvoir dans la complexité et apporte des résultats rapides et durables. Basée sur les principes fondamentaux de la systémique, elle place le sens au cœur de toute démarche et s’appuie sur la responsabilisation et l’autonomisation des individus, ainsi que sur la co-construction de l’organisation. C’est une véritable boîte à outils qui apporte fluidité et agilité aux organisations et aux individus.

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Conférence de Alain Marti

Déjeuner-débat à Genève

(D&DS)

Saison 2022-2023

Vendredi 8 avril 2022

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6, rue de la Scie 1207 Genève

Nous aurons l’honneur de recevoir

Alain Marti

Alain MARTI

Avocat, écrivain et homme de lettres

Les guerres de 1870 et l’équilibre européen

La guerre franco-allemande de 1870-1871, parfois appelée guerre franco-prussienne ou guerre de 1870, est un conflit qui oppose, du 19 juillet 1870 au 28 janvier 1871, la France à une coalition d’États allemands dirigée par la Prusse et comprenant les vingt-et-un autres États membres de la confédération de l’Allemagne du Nord, ainsi que le royaume de Bavière, celui de Wurtemberg et le grand-duché de Bade.

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Conférence de Christelle Girod

Déjeuner-débat à Genève

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Saison 2012-2013

Vendredi 9 février 2012

au

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Christelle GIrod

Christelle Girod

Pédagogue diplômée, professeur de langue et de civilisation  françaises.
Présidente- Directrice de l’Alliance française de Genève. Elle y crée et dirige notamment le Centre d’ingénierie culturelle. Elle fonde en 2003, le cabinet COCREATION s.a.
En 2008, certifiée par Créa-France et l’Université Descartes-Paris  » Expert en créativité appliquée à l’innovation « .
En 2009 nommée Chevalier dans l’ordre des Palmes académiques.

 » Je me donne des règles pour être libre « 

Georges Perec

L’écriture créative … Écrire différemment

L’écriture : Pourquoi ne nous accompagnerait-elle pas pour le meilleur, pour le plaisir, pour la découverte de soi et des autres, pour approcher parfois l’art et même s’y installer. Pourrait-on reconsidérer l’écriture, non plus communément comme une terre inaccessible ou uniquement une partie récréative anodine ?
Comment déterminer les enjeux et de les mettre en relief ?
Soignons déjà notre premier outil, qui plus est, celui de tous, à l’oral comme à l’écrit : la langue.                                                               
Ce n’est pas le français qui  »  tirerait la langue « , ce sont toutes les langues et les cultures qui
seraient en danger. Agir pour la défense de sa langue et de sa culture, c’est aussi agir et reconnaître
les autres langues et cultures dans leur différence.
Aujourd’hui il est de bon ton de réclamer partout de la créativité, de postuler qu’il est urgent
de créer, de reconsidérer sans cesse les acquis, de ne pas s’endormir sur les succès. Quels efforts supplémentaires ou différents devraient être fournis, pour atteindre d’une part les jeunes (et aussi les
moins jeunes …) qui  ne comprennent pas très bien le pourquoi ni le comment de  » la défense et
illustration de la langue française « , d’autre part les seniors  qui vivent dans la peur de
l’anglais (plus exactement du globish qui est une autre histoire moins grave …)  qui ferait  » disparaître  » leur langue maternelle et de culture, et  enfin  ceux  qui pensent que la culture,  » c’est pour l’autre « ,
pour le privilégié, pour l’intellectuel ?

Réconcilier l’homme et la culture, c’est d’abord faire la démonstration qu’elle existe par
lui, pour lui et non contre lui. N’y aurait-il pas urgence de promouvoir des moyens suffisants pour décomplexer mais non pour simplifier ?
D’où viennent les souvenirs mauvais, les attentes contrariées, les croyances limitantes ?
Il est des ressentis  » de n’être pas à la hauteur par rapport aux autres « , ces autres qui se
serviraient de la culture comme d’une grille d’évaluation (par ex. les fameuses fautes
d’orthographe qui font la différence entre telle ou telle personne quant à son niveau d’études, une sorte d’ascenseur social). Certes  » bien écrire  » est souhaitable mais  » écrire  » l’est autant mais différemment.
Comment faire la démonstration que la langue est un outil qui forcément nous sert ?
Comment en cette langue, y aménager de la place pour de l’ailleurs et de l’autrement sans déclarer
la guerre aux gardiens de la grammaire, du style et des règles, qui sont les colonnes du temple ?
On ose parler (fautes ou pas) pourquoi n’ose-t-on pas toujours écrire ?  Proposons pour effectuer la transmission de ne pas toujours nous conformer au langage d’un groupe en ressassant des expressions prêtes à l’emploi, invitons les usagers du français à oser se servir librement  » dans la langue  » pour amener la rencontre avec la singularité de tous et  que des  » planches « , des écrits offrent la puissance de l’authenticité.

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