Michel Favre

Déjeuner-débat

Dialogue et Démocratie Suisse

Saison 2014-2015

Vendredi 9 octobre 2015

au

6, rue de la Scie 1207 Genève

Nous aurons l’honneur de recevoir

Michel FAVRE

La culture et le théâtre dans le Grand Genève

Document:

Le théâtre dans le Grand Genève et sa contribution au bien vivre ensemble.


Sachez-le je ne suis pas spécialiste de la question, ni sociologue, ni politicien, mais en ma qualité de metteur en scène, donc de producteur, puisque ce lot échoit à qui veut inventer un spectacle, je pense pouvoir essayer au moins de vous faire une peinture approximative de la réalité transfrontalière et du paysage au moins celui, théâtral, de notre bassin. J’espère ne pas me noyer dans cette tentative et ne pas vous rendre encore plus confuse la situation actuelle.

Préambule :

Ce qu’on entend par « Grand Genève »… Son territoire, ses frontières, ses limites géographiques et la description de ce qui fait cette expression.
On postule qu’avec les moyens de communication routiers, de transport en commun, etc… d’ailleurs déjà mis en place par les Transports publics qui traversent les frontières sans plus marquer cette ligne, et avec des tarifs harmonisés, la ville de Genève n’est plus cette cité fortifiée qui fut attaquée par le Duc de Savoie en 1602. Et c’est bien de cette réalité et des perspectives qui en découlent que nous allons parler aujourd’hui.
Au sens de territoire, il faut comprendre essentiellement ce grand Genève par les connexions avec Annemasse, Saint Julien Saint Genis et Ferney Voltaire. Anciennement considérées comme des ville-dortoirs, aujourd’hui réhabilitées grâce à des infrastructures beaucoup mieux développées et des forces de gestion à la fois sensible et concernée à offrir aux populations des lieux d’échanges et de rencontres.
Ainsi, si nous parlons de territoire, on peut considérer que le grand Genève se dessine du Jura au revers du Salève, qu’il ne s’arrête même pas sur la côte Lémanique avant Nyon puisque cette ville aussi se trouve concernée par la question !
J’ajouterai encore Divonne, par le lien qui n’est pas seulement créé par son Casino, historiquement fréquenté par les genevois depuis son ouverture.
À la lumière de cette précision géographique, Je suis content de pouvoir vous dire comme je le pense depuis un certain temps déjà que Monsieur Sami Canaan confirme avec moi que :

« …notre région représente aujourd’hui un bassin de près d’un million d’habitantes et habitants, avec plus de 500'000 passages à la frontière en 2011 (dans les deux sens, forcément) et près de 500'000 emplois. Cette région représente aussi plus de 1200 équipements culturels, dont moins de la moitié (574) sont situés sur le territoire du Canton de Genève, contrairement aux idées reçues. » (qui persistent aussi à dire que Genève ne compte que 240'000 habitants…) C’te blâgue, De Bleu de bleu !
Genève : - La population a augmenté de 30% en 20 ans. On parle maintenant de 800'000 à 1'000.000 de personnes… (In : Le TEMPS)

Témoignage :

Après ce préambule, je crois que vous attendez de moi un témoignage et un éventuel état des lieux. Cette tâche est énorme, autant vous le dire tout de suite, car bien que je sois un praticien de longue date de la scène locale, il m’apparaît que, très régulièrement, le terrain évolue et change de configuration au gré des impulsions politiques et des nouvelles tendances artistiques.
Il est en effet difficile de cerner ce qu’on veut désigner par culture et si l’on s’en tient à un seul thème, on risque de passer à côté de quelque chose. Pourtant, prenons déjà pour modèle le théâtre et l’Art lyrique.
On peut sans trop s’avancer dire que les échanges inter-frontaliers et inter-régionnaux du bassin genevois existent, se développent et se conjuguent depuis un certain temps maintenant et que bien que les réticences historiques laissent encore des traces et permettent à d’aucuns de rappeler que nous avions des frontières jadis plus imperméables… (Mais je ne ferai pas de commentaire !) les systèmes évoluent et les développements divers de notre région, au-delà des idéologies, des conflits religieux ou politiques, des arrangements fiscaux et logistiques, amènent à des reconfigurations régulières qu’il serait idiot d’ignorer. Nos routes sont bel et bien communes et que ce soit au Nord de la ville du bout du lac, au Sud , à l’Est ou à l’Ouest, il est clair que nous partageons un carrefour d’une immense richesse et d’une diversité qui n’est plus à démontrer.

Lors des Rencontres culturelles du Grand Genève

Il a été fait état de cette situation et de cette particularité dont il va falloir rapidement tirer des conclusions, proposer des schémas de fonctionnement et trouver les moyens de financement qui permettront d’augmenter les synergies entre les diverses régions et communes.
Questions

  • Qu’est ce qui se fait ?
  • Comment se modifient les habitudes ?
  • Qui sont les auteurs ?

Les acteurs (principaux)

Nous pouvons dire avec certitude que Sami Kanaan prend sa tâche de responsable de la culture pour la ville de Genève à cœur et que son action et les liens qu’il entretien avec les voisins de sa ville se renforcent et se précisent. Il est à l’initiative des rencontres culturelles qui s’organisent à l’occasion du festival de la Bâtie depuis 2013. À l’instigation de l’association des communes genevoises et de l’Arc Syndicat mixte qui prend en compte l’arc franco-valdo-genevois et s’attache à générer des synergies entre les acteurs de la région.

Bilan quantitatif des Rencontres 2015
160 personnes ont été accueillies, bien plus que prévu, et bien plus que l’an dernier où 48 personnes avaient été présentes.
Parmi les participants :
• Les élus et responsables politiques des collectivités du Grand Genève,
• Les responsables culturels de ces mêmes collectivités,
• Les porteurs de projets transfrontaliers,
• Des artistes.

Bilan qualitatif

Ce temps de rencontre a permis de présenter des expériences transfrontalières ainsi mises en valeur et démontrant la forte volonté des acteurs locaux de coopérer. Un lien fort et évident est apparu entre la culture et la cohésion sociale, entre les différents intervenants suisses et français.
La culture a ainsi été mise en avant comme vecteur de cohésion sociale et d’un mieux vivre ensemble.
Par sa teneur et ses participants, cet événement témoigne de l’implication des acteurs culturels, du bouillonnement de projets culturels, et de leurs retombées positives auprès des habitants.


En conclusion, tous les élus et participants ont soutenu l’importance de la culture comme
élément de cohésion sociale.

« La culture a un rôle important à jouer dans le Grand Genève, en accompagnant ses changements et en donnant du sens. Dans le Grand Genève, les problèmes sont communs, les solutions qui en découlent sont donc forcément communes ».

Gabriel Doublet, Vice-président de l’ARC, en charge de la communication et de la culture.

« La culture est un vecteur essentiel pour rassembler les gens. Les diversités doivent constituer une richesse, celle de
lutter contre les replis sur soi ».

Gérald Cretegny, Président de Régio nyon.


« Si on ne parle jamais de la culture, c’est parce qu’elle vit très bien dans le Grand Genève ».

Anne Emery Torracinta,. Conseillère d’Etat du canton de Genève, chargée du département de l’instruction publique, de la culture
et du sport (DIP).


Ce que personnellement je dirais à la lecture des éléments qui se présentent à mon analyse, c’est que les Français montrent une réelle volonté de comprendre le fonctionnement de la région, tandis que Genève, sur le volet culturel s’entend, s’occupe à gérer son patrimoine et les moyens offerts aux créations et proposer des lieux de rencontre.

Parenthèse concernant la création :

Il serait aussi très important de mon point de vue, de veiller à la constitution (voire la construction, et là aussi on peut rêver !!!) de lieux de représentation encore plus coordonnés et peut-être, on peut rêver, de lieux assez bon marchés, (voire gratuit), de recherche, de répétition et de préparation de spectacles ou de créations artistiques. Qui puissent offrir à la jeunesse, par exemple des outils réels d’expression et de développements artistiques individuels et collectifs.
Les maisons de quartier à Genève par exemple font de gros effort d’accueil des productions, et offrent souvent un temps d’installation, des infrastructures et une visibilité, par leurs éditions de plaquettes, journaux etc…
Les institutions sont fières de présenter des bilans positifs de la « commercialisation ou de la fréquentation publique des productions » mais pour élaborer le financement, c’est de plus en plus
compliqué et les exigences ne cessent d’augmenter. Et ce, certainement à cause de la pléthore de demandes et de projets présentés par les nombreux acteurs et actrices de la scène.
Mais il reste que les espaces de répétitions sont rares et parfois chers !
Je fais une petite parenthèse : À l’époque des squats dans Genève, temps qu’on peut avoir
applaudi contesté ou déploré, il y a eu par exemple l’épisode du « Garage ». Un garage de
la rue Adrien-Lachenal qui fut occupé pendant une dizaine d’années et qui a vu l’émergence de nombreuses vocations. L’actuel directeur du Théâtre du Grütli Frédéric Polier est « né » dans ce lieu, et Omar Porras dont on connaît la renommée aujourd’hui internationale et qui vient de reprendre la direction du théâtre Kleber-Méleau à Lausanne est également « né » dans ce lieu miraculeusement toléré par les autorités d’alors et le procureur de ce temps… Un espace gratuit, ou presque, dans lequel un groupe associatif avait bâti une unité de créations théâtrales très riches et diverses avec des bouts de ficelles (par exemple, j’ai moi-même assisté à des représentations en hiver durant lesquelles il
fallait discerner le jeu de acteurs à travers la buée et en supportant un froid de canard pendant tout le spectacle…) L’aventure !
C’est bel et bien la gratuité de ce lieu improbable, et un soutien des autorités culturelles de l’époque (A. Vaissade, V-d-GE, M. Ballenegger DIP ) qui ont favorisé ces naissances dont je vous parle… Il fut d’ailleurs, au passage, inventé sur mesure pour l’association du Garage une enveloppe nommée aujourd’hui contrat de confiance ou convention de Compagnie, qui s’est pérennisée au fil des années et qui permet à des associations, des troupes donc, de travailler avec un soutien qui peut aller jusqu’à une centaine de milliers de francs par an. La Parfumerie, et les troupes 100% acrylique ou Le Théâtre Spirale de Patrick Mohr et d’autres en bénéficient encore actuellement.

Ce que nous observons

Grâce à la volonté de notre magistrat responsable de la culture en ville de Genève, Monsieur Sami Canaan, et de l’Arc, ainsi que des organisateurs du festival, des rencontres ont lieu chaque année autour de cette vaste question. Cette année était la troisième du genre et ces questionnements animent un débat riche et plein de bonnes volontés et de perspectives de part etd’autre de la frontière.
Les organismes culturels font de grands efforts pour participer aux échanges que créent les responsables de programmation, les artistes et les responsables politiques locaux. Tous partagent l’avis que les échanges, assez bien pérennisés par le festival de la Bâtie par exemple, et son rendez-vous annuel transfrontalier, boostent la région tout entière et provoquent des déplacements de publics toujours plus conséquents et élargis.

Investir dans la culture

Prendre en compte que la vie culturelle, (dans les grandes lignes), amène des échanges et de la vie sociale harmonieuse, des revenus matériels et des partages fructueux n’est plus à démontrer mais encore : ces paradigmes font partie maintenant des composantes pour la création des infrastructure d’une collectivité. Dans les bourgades de jadis, devenues les soi-disant cité-dortoirs ou villes suburbaines de résidence, on se préoccupe de plus en plus de récréer sa population et de lui proposer des infrastructures qui offrent des spectacles, des concerts et des moments de rencontre non-marchands … Des lieux de forum provoquant une identité locale tout en ouvrant sur le reste du monde par les découvertes qui sont alors proposées.
Je prétends quant à moi que les bagarres pour un parking tendent à se raréfier si on a l’occasion de partager d’autres émotions que celles engendrées par des conflits. Que la force de relativiser les choses s’entretient par le développement personnel et que ce développement passe par l’instruction, la culture générale et la confiance en des valeurs supérieures… Mais là je sais que parmi vous j’enfonce des portes ouvertes…
J’ai utilisé plus haut le terme de non-marchand à dessein. Car vous le savez ou vous vous en doutez, la pulsion artistique ne part jamais d’un intéressement financier. On ne se destine pas à une carrière artistique en se disant qu’on y deviendra riche. Et je veux croire que cette posture se retrouve plus loin dans la rencontre avec les publics qui toujours reconnaissent cette valeur de base quoique puissent donner le résultat final. La source de la création est d’abord et avant tout une préoccupation, un sentiment, une émotion, un point de vue ou une sensibilité à une des facettes de la condition humaine. Ce qui a pour corollaire de toujours questionner les usages, les habitudes les lieux communs et les règles ou l’ordre établi. De cette façon la valeur de l’artistique, de la culture au sens large, même si bien sûr, elle nécessite de l’argent pousse l’esprit à découvrir d’autres dimension, d’autres horizons, à accepter ou reconnaître d’autres perceptions du monde. On parle bien quelques fois de grand’messe à propos d’un rassemblement populaire… N’est-ce pas ? Et pour cela il faut :

Les outils

Genève est la ville suisse qui consacre le plus d’argent à la culture. Loin devant les autres villes et loin devant le canton qui ne joue qu’un rôle subsidiaire dans ce domaine. Ainsi en 2015, plus de 257 millions seront affectés par la municipalité à la culture, presque 22% de son budget. Une somme record.
Un Genevois subventionne chaque année la culture à hauteur de 1532 francs.
Le Temps

Le nerf de la guerre

Oui nous allons parler d’argent… Mais avant, quelques observations…
Genève, vous le savez certainement, chérit son Opéra et entretient avec ce vaisseau-amiral une relation de respect pour la création, d’encouragement envers la jeunesse, et de visibilité culturelle, qui légitime un budget assez extraordinaire. S’il était proposé aujourd’hui, je pense qu’avec les petits esprits comptables de nos divers politiques tous partis confondus, nous n’aurions ni ce bâtiment ni ce Théâtre ! Nous pouvons donc nous féliciter d’avoir cet Opéra, reconnu au cœur de notre cité ! Il offre bien certainement une vitrine à l’Art lyrique, mais il engendre dans son sillage beaucoup d’autres voies de recherche et de création. Un phare de professionnalisme, et d’échanges internationaux.
Je pense vous étonner, puisque je suis, moi, dans la création, bien d’avantage à l’étage du off, et que ceux qui me connaissent savent que je tire le diable par la queue pour boucler les budgets de mes productions… Mais il faut être réaliste et objectif autant que possible et j’admets de très bon gré que le GTG provoque et offre à la fois une assise et des perspectives à tout un ensemble de créations autour de lui.
Benno Besson à l’époque directeur de la Comédie avait produit le même effet sur les productions locales : Un niveau de fantaisie, de recherche, de créativité, d’interprétation pour les acteurs, de rapport à l’espace pour les scénographes, qui fit boule-de-neige… à tous les étages, si j’ose dire.

Quelques chiffre rapidement :

Je ne vous ferai pas le compte de tout ce que couvre la culture comme je l’ai choisi plus haut, mais il va sans dire que les musées, bibliothèques publiques et municipale, etc. sont dans le budget général une part énorme. Mais pour rester sur les Arts de la scène… et en ne considérant que les subventions. Sans compter les résultats des billetteries !
GTG : 17% du budget culture : soit 43 millions plus intervention des communes.
GD Théâtre : À peu près 43+2.5 des communes, 1 (de l’état de GE) millions 36% des abonnés du Grand Théâtre sont domiciliés en ville de Genève, 39% dans les autres communes du canton, soit 75% de genevois, 19% en France voisine ou dans le canton de Vaud et 6% vivent à plus de 100 km de la ville, selon une étude menée par la Ville de Genève.
FAD : (Comédie-Poche) 2% du budget culture : soit 5,4 millions plus les intervention des communes.
Les autres lieux et troupes subventionnés : 4% Soit 10 millions plus intervention des communes.
Pour les troupes qualifiées comme au festival d’Avignon de « off »… :
Le Théâtre du Grütli : 1 Millions pour le fonctionnement et 1 million pour le soutien à la création sans compter ce que chaque compagnie accueillie pourra ajouter par son budget propre.
Le Théâtre du Loup : 1’065.500.- annuel
Le théâtre du Galpon ville : 372’000 annuel
Pour n’en citer que quelques uns… Et selon des chiffres glanés ça et là sur les bilans publiés…
Projets de meilleur partage des responsabilités Canton-Ville
Une «feuille de route pour une politique culturelle concertée» (PDF) a été signée entre la Ville et le canton en 2013. Elle prévoit un engagement financier plus important du canton, notamment à destination de la Nouvelle Comédie, de la Bibliothèque de Genève et du Grand Théâtre.
Ce qui provoque des débats au grand conseil que je vous décrirai plus tard…
Mais :
Le premier volet prévoit un renforcement des engagements financiers du Canton pour répondre aux besoins des grandes institutions culturelles, tant sur le plan des investissements (Nouvelle Comédie) que sur celui du fonctionnement (Grand Théâtre), tout en maintenant ceux de la Ville. Dans le cas du Musée d’art et d’histoire, le Canton apporte un soutien institutionnel au projet de rénovation et d’agrandissement. Ces institutions d’importance régionale ont été définies conjointement par le Canton et la Ville de Genève, dans le cadre d’une stratégie concertée de politique culturelle. Le second volet se concrétiserait alors par un engagement financier à parts égales dans le fonctionnement de la Nouvelle Comédie, ainsi que par un accroissement des engagements cantonaux dans le Grand Théâtre et la Bibliothèque de Genève.
Il pourrait comprendre une participation financière supplémentaire du Canton pour compenser les éventuelles pertes fiscales que le nouveau modèle péréquatif d’imposition entraînerait pour la Ville.
Les deux collectivités publiques souhaitent discuter ces orientations et perspectives en matière culturelle avec les partenaires concernés, notamment les communes et villes genevoises ainsi que l’ACG (association des communes genevoises) et, dans certains cas, les milieux privés. Une nouvelle étape dans la concertation sera franchie en 2014 avec la création du Conseil consultatif de la culture

FEUILLE DE ROUTE : CANTON – VILLE :

Pour comparaison, fonctionnement en France voisine :

Château Rouge : 3,4 Millions d’€uros
En 2013, Château Rouge bénéficie via le label Scène Rhône-Alpes d’une subvention de 120 000
€ de la Région, à laquelle s’ajoute une subvention de 10 000 € pour les projets transfrontaliers.
57’000 spectateurs pour des spectacles en accueil essentiellement. Des résidences et
accompagnement de groupes de musique actuelle amateurs avec la mise en place des soirées
«Yrepetochato» , permettant aux groupes qui répètent au Château de se produire sur la scène du
café, et du dispositif «Paye ta galette» permettant à ces groupes d’enregistrer quelques chansons.
Les Lieux
Il faut distinguer les lieux de création des lieux d’accueil, car, bien entendu, il y a entre ces deux pôles des fonctionnements qui diffèrent sensiblement.
Par exemple il est clair que la salle du théâtre du Léman sous l’hôtel Kampinski accueille des spectacles. Ceux-ci ne sont pas subventionnés et fonctionnent sur le mode commercial de l’offre et de la demande. Les spectacles en tournée passent donc par ce lieu et entretiennent l’étiquette de l’ouverture internationale et du reflet des productions grand public avec vedettes connues, ou « vues à la télé »… Ceci n’ôtant rien à la valeur artistique de productions présentées, il ne s’agit pas de la même catégorie que ce que tentent de bâtir les salles environnantes en offrant des possibilités aux artistes locaux, qu’ils soient professionnels ou amateurs, selon les salles.
Ici une nouvelle petite parenthèse :
Nous avons un tissu de troupes amateur dans la région qui animent les communes et occupent souvent les salles communales le temps de se produire et d’attirer un public plutôt ami et sporadique. Ce qui fait une large différence d’avec une salle comme le théâtre de Carouge par exemple, qui doit à la fois créer de nouveaux spectacles – maison, accueillir des productions professionnelles en tournée (du circuit plutôt des théâtres Nationaux français ou autre), et garder sa mission d’employeur local des intermittents genevois ou vaudois…
Le fonctionnement d’une telle institution génère à la fois une compétition artistique locale, des échanges avec les petites productions du circuit « off » en prêt de matériel, costumes etc, et une émulation entre les divers corps de métier de la scène. Et l’on retrouve ce rapport comme avec le GTG !
Il est question et tout le projet est prêt, la maquette est visible, et le coût de réalisation chiffré, de reconstruire le Théâtre de Carouge.
Mais il est aussi question de La Nouvelle Comédie, de Genève ! Pour elle aussi, liée au chantier du CEVA tout est « dans les tuyaux », comme on dit… Mais le budget et le provisionnement ne sont pas encore acquis et les oppositions peuvent encore tomber quitte si l’on en croit les rumeur à passer par le référendum… Et comme vous le savez sans doute, les tuyaux, ça perce, parfois…
Et surtout actuellement, les trous du CEVA ne sont pas que souterrains, mais également financiers… Ça promet !
La polémique concernant cette Nouvelle Comédie, de Genève enfle depuis quelques jours, et la profession et des affiliés se positionnent pour défendre cette construction et les espoirs de développement qu’elle proposera, ou proposerait… Tandis qu’on aura entendu les politiques
s’exprimer pour ou contre avec différents arguments plus ou moins recevables :
Reflet des discussions autour la Nouvelle comédie :
LA NOUVELE COMEDIE… Polémique… etc… 30.09.2015
Au sein de la commission, le PLR Frédéric Hohl, fondateur de la société NEPSA spécialisée dans l’événementiel, a fait entendre sa voix à propos des futures salles de l’institution, jugées trop petites avec 500 et 250 places. «En tant que professionnel du spectacle, je vous assure que c’est inadéquat. À moins de 1000 places, il est impossible de rentabiliser un espace, de faire du théâtre d’accueil.» Le député admet que le lieu sera avant tout dévolu à la création et qu’une salle de 500 places est idéale pour cela, «mais il
serait important de pouvoir la rentabiliser de temps en temps, en accueillant des pièces plus commerciales».
Michael Drieberg, directeur de Live Music Production, abonde: «Aucun producteur privé ne pourra louer les salles de la Nouvelle Comédie. Ce que je déplore, c’est que l’on admet dès le départ qu’il s’agira d’un espace uniquement dévolu à être subventionné.» Selon Frédéric Hohl, la solution aurait pourtant été simple: «N’importe quel architecte est aujourd’hui capable de faire une salle de 1000 places, réductible de
moitié selon les besoins des spectacles.»
Sami Kanaan, ministre de la Culture à la Ville, se défend d’avoir fait le mauvais choix. «Les théâtres de création européens ont des salles qui tournent autour de 500 places. La Nouvelle Comédie nous permettra d’intégrer le réseau des grandes scènes de création, en réalisant des coproductions. C’est vrai, nous n’accueillerons peut-être pas du théâtre de boulevard, mais il y a d’autres lieux pour cela, comme le BFM ou le Théâtre du Léman (ndlr: 950 et 1300 places). Monsieur Hohl propose un tout autre projet.
Malheureusement, vouloir autre chose que ce que l’on a est une maladie typiquement
genevoise.»
Quant à l’établissement du nombre de spectateurs, il a été réalisé en fonction de «critères physiques», note Michel Kullmann, président de l’Association pour la Nouvelle Comédie. «Des études ont montré qu’au-delà de 20 mètres, on ne distingue plus la physionomie des acteurs. Dans ces salles, nous n’aurons aucune mauvaise place. Je tiens à souligner un cas de figure, rencontré il y a quelques années, lorsque Isabelle Huppert s’est produite au BFM, par le biais de la Comédie. La moitié des spectateurs étaient
fâchés, parce qu’ils ne l’entendaient pas ou ne la voyaient pas.»
Vincent Sager, directeur d’Opus One, principale société romande de divertissement avec Live Music Production, n’est pas du même avis que ses confrères Michael Drieberg et Frédéric Hohl. «Genève n’a pas besoin d’un nouveau théâtre de 1000 places. En ville, nous avons le Théâtre du Léman et le BFM. Ce créneau n’est pas à saturation. Pour un lieu de création, une salle de 500 places est idéale et l’apport de la billetterie importe peu. On peut le déplorer, mais c’est une réalité.» Le professionnel ajoute que la jauge de l’Alhambra, 750 places, pose plus de problèmes. «Et en ce qui concerne la musique, des lieux pouvant accueillir un public d’environ 1200 personnes manquent cruellement.»
Quant à la solution d’une salle modulable évoquée par Frédéric Hohl, Jean Liermier, directeur du Théâtre de Carouge, dont la salle principale avoisine les 500 places, la conteste. «Tous les exemples de salles adaptables que je connais sont mauvais. Il y en a beaucoup en France, effectivement, mais le résultat n’est jamais bon. On a toujours l’impression de jouer devant une salle vide. De tels espaces nécessitent d’autres critères en termes d’acoustique, de réception du spectacle, de sécurité. Pour quelques représentations par an, cela n’en vaut pas la peine.»
À la rentrée, les débats autour de la Nouvelle Comédie se poursuivront au Grand Conseil, avant un vote en plénière qui devrait avoir lieu à la fin de l’année. Si la gauche est le PDC sont acquis au projet, le MCG et l’UDC s’y opposent. C’est donc le PLR, au sein duquel les sensibilités s’opposent, qui fera pencher la balance. (TDG 30.09.2015)

CONCLUSION

Vous le voyez, mes tentatives de description et mes exemples nous font déjà voyager de Genève à Carouge, de Carouge à Annemasse, d’Annemasse à Ferney-Voltaire etc. Le plan est vaste, les offres pléthoriques et les personnalités soucieuses de se montrer les plus pertinentes et les plus performantes !
La culture et les échanges transfrontaliers sont une réalité. Les instances culturelles sont à l’œuvre et bâtissent des ponts, tissent un réseau qui tend à s’organiser de mieux en mieux. Les offices des douanes, Suisse et Françaises et les responsables politiques se parlent et cherchent ensemble. Et la perception d’un territoire plus vaste et plus cohérent chemine dans les esprits.
J’ai donc le plaisir de vous rapporter aujourd’hui cette sorte de photographie après une étude intuitive de mon sujet. Il me semble le grand Genève pourra peut-être devenir exemplaire d’un certain lissage des différences dans une région qui se distingue depuis longtemps comme un pôle de recherche en humanisme, en tolérance et en créativité collective pour le bien des citoyens et de leur accès à la culture. Malgré les moyens différents, et malgré une frontière qui n’a pas encore totalement disparu dans les mentalités, les choses avancent, à de nombreux niveaux.
Je rajouterai enfin que mon vœu le plus intime est que :
Le défi prochain ne soit pas tant de vérifier le bon développement des infrastructures qui, de mon point de vue, est en marche, mais d’encourager la population, tout le monde, les jeunes comme les anciens, les autochtones comme les nouveaux arrivants, à consommer de la culture, à profiter au mieux et selon leurs goûts, de ce qui se propose à eux tous, et toutes. Comme moyens de développer leurs connaissances leur ouverture d’esprit, et leur citoyenneté, enfin. Et si j’ai beaucoup parlé des structures concernant le théâtre ou l’opéra, je considère que tout ce qui concerne la culture compte pour une société éclairée et créative.

ET QUELQUES REFLEXION OU ETUDES NON UTILISEES POUR CETTE TENTATIVE DE DESCRIPTION INTUITIVE…

Après rénovation :Bonlieu Scène Nationale Annecy
REPÈRES / DONNÉES TECHNIQUES :
» 1 702m² (+ 23%) de surface neuve construite pour un total de 9 168m².
» 1 400 personnes accueillies dans le théâtre lorsque les 3 salles fonctionnent simultanément.
» 925 places pour la Grande Salle dont 16 places pour les personnes à mobilité réduite (PMR).
» 270 places pour la Petite Salle dont 6 places pour les PMR.
» 199 places debouts ou 150 places assises pour la Salle de Création Gabriel Monet * dont 4
places pour les PMR sur gradins rétractables.
» 13 loges accueillent 60 artistes.

Comédie de Genève (ancienne)
Jauge : 476 places
– Parterre : 322 places (dont 8 places pour les personnes à mobilité réduite)
– Première galerie : 76 places
– Deuxième galerie : 78 places

CENTRE CULTUREL DE CHÂTELAINE
Le futur Centre culturel de Châtelaine (CCC), dont l’idée a germé dans l’esprit de certains politiciens Verniolans il y a des années, vient de trouver sa forme. Une forme imaginée par un bureau d’architectes espagnol, lauréat du concours auquel ont participé 46 candidats. Ce pôle culturel devrait regrouper deux salles de spectacle (l’une de 150 places, l’autre modulable de 400 à 1500 places), une trentaine de salles de répétitions, des ateliers d’arts, une galerie, deux foyers, deux restaurants et un hôtel. Des espaces pourraient être dévolus aux élèves des Arts Appliqués de la section danse, pour l’heure nomades. A ce programme s’ajoutent des logements pour 350 étudiants et l’aménagement de l’espace public alentour. Pourtant, la question du financement, que les responsables du dossier ne souhaitent pas aborder à ce stade, semble loin d’être réglée. Car l’une des spécificités du CCC réside dans le fait que la totalité, ou presque, du budget d’investissement devra être trouvée auprès de partenaires privés.
L’an dernier (lire notre édition du 10 juin 2014), ce montant était estimé à 60 millions de francs, dont 55 proviendraient de mécènes. La donne a changé depuis que la Fondation HBM Emile Dupont, qui devait financer les logements étudiants, s’est retirée, ayant réalisé que cette charge ne faisait pas partie de ses prérogatives. «Dès lors, notre budget devrait être d’environ 100 millions de francs, estime Pierre Ronget.
Il n’était pas question de se séparer de ces logements qui sont une composante essentielle du CCC. Ils permettront de rendre ce lieu vivant de jours comme de nuit.»
Le CCC sera un lieu pluridisciplinaire, de création, de formation, avec énormément d’espaces de répétitions, ce qui manque cruellement à Genève.» La saison culturelle de Vernier, axée notamment sur la danse et la musique baroque, quittera la salle des fêtes du Lignon et sa capacité de 220 personnes pour le futur CCC. Sans faire exploser les frais de fonctionnement, promet Pierre Ronget. Ceux-ci devraient être en grande partie autofinancés par les activités à l’interne.

GRÜTLI
1°Gradin modulable d’une capacité de 150 à 200 places.
2° salle du 2e: salle de répétition utilisée parfois comme salle de spectacle, modulable de jauge maximale de 50 places.
3° Foyer: utilisé parfois comme petite salle de spectacle modulable pour une jauge de 60 places.

ANNEMASSE
CHÂTEAU ROUGE

1 200 places assises, 1 500 places assis/debout.

DIVONNE
Jauge :
459 places assises en gradin, plus 39 places en fosse escamotable.
1000 places debout en configuration salle de concert sans gradin.

NYON :
USINE À GAZ
: 150 -200 Places
Théâtre de Marens : 462 places
Salle communale : 378 places

THONON
THÉÂTRE MAURICE NOVARINA
: 582 places

EVIAN
LA GRANGE AU LAC : 1 180 places places
CASINO D’EVIAN : 220 Places


L’ARC
L’ARC, un acteur majeur de la coopération transfrontalière
Depuis sa création en 2002, l’ARC s’est fixé pour mission de coordonner l’action et la réflexion de ses membres qui ont à traiter, au sein des instances politiques françaises et transfrontalières, de sujets liés à l’aménagement et au développement du Genevois français. Dans ce cadre, l’ARC représente les collectivités locales françaises partenaires du Grand Genève (ex-Projet d’agglomération franco-valdo-genevois), au même titre que la République et canton de Genève et le District de Nyon.
Avec 379 315 habitants (Insee 2014), l’ARC représente l’un des plus importants syndicats mixtes de Rhône-Alpes, et le seul à ce jour à être engagé dans la construction d’une agglomération transfrontalière.
Le 14 janvier 2010, les membres de l’ARC ont entériné son évolution en Syndicat mixte. Outre le fait que ce statut lui procure une sécurité juridique, financière et administrative, cette structuration permet de disposer d’un véritable outil pour la concrétisation du Projet d’agglomération franco-valdo-genevois.

Les études de l’Observatoire statistique transfrontalier l’attestent : le périmètre de l’ARC et du Grand Genève correspond à la réalité de notre bassin de vie et appelle des réponses politiques à cette échelle.

Un territoire à enjeux
De nombreux défis, partagés à l’échelle franco-valdo-genevoise sont encore à relever. Ce territoire transfrontalier connaît de nombreux déséquilibres sociaux, environnementaux et économiques.
Il doit gérer une croissance démographique parmi les plus dynamiques d’Europe (+ 2,1 % par an en moyenne depuis 10 ans dans les territoires français de l’agglomération). Il doit veiller à une meilleure répartition de la production de logements et de la création d’emplois à l’échelle de l’agglomération. Il doit en outre faire face à un développement urbain induisant une pression sur l’environnement et sur les terres agricoles, une explosion de la mobilité avec un phénomène de congestion aux frontières (550 000 passages de douane par jour en 2011 aux frontières du canton de Genève) ainsi que de fortes disparités dans l’accès aux équipements et en matière de services à la population (santé, culture, formation, etc.).
Pour bâtir un projet de territoire, couvrant les différents aspects de la vie quotidienne des habitants, il était essentiel que chacun des acteurs se concertent et se coordonnent. C’est la vocation du Grand Genève. Celui-ci permet de proposer des réponses élaborées à l’échelle du bassin de vie transfrontalier, qui ne pourraient être portées par une seule collectivité. Les axes de travail majeurs portent sur les questions de mobilité, d’aménagement, de politiques de services, avec la volonté partagée de créer une agglomération qui soit à la fois multipolaire, compacte,verte, solidaire, efficace et dynamique.

Débats réservés aux Francs-maçons et Franc-maçonnes

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Mixité

Déjeuner-débat à Lausanne

(D&DS)

Saison 2015-2016

Vendredi 25 septembre 2015

au

Rue du petit Beaulieu – Lausanne

Nous aurons l’honneur de recevoir

Jean-Michel Mascherpa

Jean-Pierre Augier

sur le thème

La mixité en Franc-maçonnerie

Document:

La Mixité

Ce sujet de planche mais venue à la suite des 5 minutes de symbolisme que j’avais faite sur « les Gants Blancs ».

J’y avais abordé d’une manière anecdotique le sujet, et une idée en entrainant une autre. Je n’ais pas pu résister de vous en parler plus longuement ce soir : « La Mixité ».

Quand la Franc-maçonnerie spéculative est apparue dans nos vertes contrés. Les Loges n’étaient constituées que de Nobles aristocrates, de gentilshommes et de bourgeois. Voir même les deux classes ne se mélangeait pas au début ou que très rarement. A cette époque, les personnes du beau sexe étaient interdites en Loge, nous privant du même coup de leur si ravissant petit minois et de leurs esprits. Comme vous le savez, ce rejet de la femme a pour support théorique les Constitutions d’Anderson de 1723 qui stipulent dans son article III :

« Les personnes admises comme membres d’une Loge doivent être des hommes de biens et loyaux, nés libres et d’âge mûr et circonspects, ni serfs, ni femmes, ni hommes sans moralité ou conduite scandaleuse mais de bonne réputation ».

Ainsi, les femmes sont-elles assimilées aux esclaves et aux hommes sans moralité. Elles venaient dans l’ordre hiérarchique des personnes ne pouvant postulé à être initié, qu’après les esclaves.Pour vous dire à qu’elle point, on considérait la Femme à l’époque. Elle avait moins de valeur qu’un serf enchainé.

Les Maçons qui se disent des hommes Libres et de Bonnes Mœurs. Le sont t’ils vraiment au regard de la mixité. Je ne parlerais pour l’instant que de ces deux termes Libres et Mœurs. Pour le reste on verra après.

Voyons pour le premier terme LIBRE.

Au début de la Maçonnerie, comme on la vue plus haut était pratiqué par la classe dirigeante et supérieur de la société de l’époque on pouvait même y rencontrer des hommes d’églises.

C’était encore le temps ou il n’y avait pas eu la séparation de l’église et de l’état. (Loi inspiré beaucoup plus tard par la Franc-maçonnerie, mais nous y reviendrons plus loin). Donc tout ce joli petit monde était de fervent catholique ou protestant. Tout dépendait de la religion d’état du pays où vous résidiez alors.

Pour faire court, mesdames vous aviez à supporter encore la faute originelle d’Adam et Eve, vous incarniez la faiblesse et la tentation, presque le mal personnifié. Faute que l’église n’a eu de cesse d’alimenter en diabolisant la Femme et en supprimant les milliers d’années où la représentation des Femme était Sacralise au même titre que celles Hommes. Nous étions faits à leurs images. Et j’irais même plus loin, les premières représentations de sculpture représentant une divinité, étaient des femmes enceintes, source de vie. Alors où est la Liberté, quand on se laisse encore influencer et dicter ces conditions d’admissions par des influences judéo-chrétienne ? Maintenant voyons pour le double terme de Bonnes Mœurs.

Vous ne trouvez pas qu’il y a contradiction, entre le fait de ne pas faire entrer des Femmes en Maçonnerie parce qu’elles représentent la tentation et le pêché originel. Et le fait des gens qui se prétendent de Bonne Mœurs. En théorie le Franc-maçon est au dessus des passions de ce monde. Il sait et il a appris à maitriser ces pulsions et ses actes. Rappel de la signification du signe d’ordre au grade d’apprentie. Y a pas comme un défaut là, entre le discourt ainsi que le serment prêté, et la réalité. Je vous laisse conclure.

Maintenant voyons aussi d’autres termes utilisés dans le vocabulaire si important de la Franc-maçonnerie. Et que nous employons à tours de bras dans nos planches, nos discutions en Loge et qui sont inscrit dans tout les Rituels.

Si je vous dis Egalité, cela vous parle. Alors on continu, par Fraternité, vous me suivez toujours. Bien. Alors je vous rajouterais pour faire bonne mesure l’Humilité, c’est pas mal. Je vais m’arrêter là dans mon énumération, sinon on va y passer la nuit. Mais si nous reprenons très vite ces mots, qui on l’air si simple et anodin, mais qui on une valeur inestimable. Et que nous y apposions juste une question à coté de chacun de ces termes comme :

L’Egalité des sexes et des être humain de toute notre planète. Elle est passée où ? La Fraternité, qui veut que l’on accueille son prochain quelle qu’en soi le sexe ou religion, race, idée etc.

Où est t’elle passé aussi ? Et l’Humilité, qui veut que l’on ne se sente pas supérieur aux autres et encore une fois quelle qu’en soi son sexe ou religion, race, idée etc. Où est t’elle passé également ? Ne sont ce que des lettres mortes tout cela ?

Où, est-ce que comme en politique qui dit que les promesses n’engagent que celui qui les écoute.

Mais on est forcé de constater que pour des personnages issus du siècle des Lumières, il y a certaines loupiotes qui sont restés éteintes. Alors vous me direz peut être que tout ces mots ne sont que symbolique et qu’il ne faut pas les prendre au premier degré. Moi je pense que c’est poussé le bouchon un peut loin. Alors je veux bien aussi comprendre qu’à l’époque les us et coutumes étaient comme cela soit.

Mais où je ne me pose des questions, c’est pour notre ère Républicaine né en partie d’idée Révolutionnaire pour l’époque (et c’est le juste mot) et qui on germé au sein des Loges Maçonniques. Et que l’on retrouve gravé dans la pierre des bâtiments de la République trois des mots que j’ai cités plus haut, à savoir Liberté, Egalité, Fraternité. Et j’y reviens maintenant sur cette Loi fondamental de la république, sur la séparation de l’église et de l’état, de l’intemporel sur le temporel. Qui est une des pierres de base de nos Libertés. Cette Loi discuté et préparé dans des Loges, loin des passions politiques et partisanes, pour être ensuite, approuver et voter par une assemblée d’élu du peuple. Ce qui nous a fait passer du grade de bon pratiquant au statut de mécréant, du jour au lendemain et je vous le rappel aussi que cela nous a valu une excommunication, rien que ça. Et de voir encore aujourd’hui, des Maçons, qui se prétendent issus des mêmes Personnages Illustre du siècle des Lumières. Et qui ce revendiqué héritiers des idées, des Révolutionnaires de 1789.

Pour en arriver au Maçons et aux Maçonnes, parce que mesdames vous n’apparaissez en Franc-maçonnerie, en France, que grâce à la Loi cité plus haut. Et vous prétendre encore, les fidèles gardiens d’une Tradition. Des Femmes et des Hommes qui disent Travailler s’en cesse à leurs améliorations avec tout ce que cela comportes, en affirmant tailler leur Pierre. Et qui cherchent la Lumière.

J’ai l’impression moi, qu’ils n’ont toujours pas retrouvé les loupiotes qui sont restés éteintes de notre fameux siècle des Lumières. Il y a de quoi en perdre son Latin et surtout sa Foi en la Franc-maçonnerie. Mais tout ceci n’est que mon humble avis, et n’engage que moi.

On pourrait penser qu’avec, le temps, les progrès de toutes sortes, l’avancée des femmes dans la vie publique, professionnelle et politique, que ce soi au niveau national et même mondial, durant tout le XX siècle. Que tout cela réuni, allaient enfin grandement et durablement faire bouger les choses et les mentalités. Et bien, l’Homme est allé marcher sur la lune et bientôt sur mars. On envoie des satellites aux confins de l’univers.

Grace à l’informatique qui nous facilite la vie et améliore notre quotidien et nous donne accès à une foule d’informations. Et qui sera s’en doute le nouvel outil à rajouter à la panoplie du parfais Franc-maçon et sur nos tableau de loge un jour.

Grace à l’internet qui nous permet de savoir en direct ce qui se passe à l’autre bout de la planète et cela s’en bouger de son salon. Et qui nous donne une ouverture à encore plus d’informations et d’échanges. Peut être aussi un jour ferons-nous aussi nos tenus grâce à une webcam. Non, cela serait trop dommage et malheureux quand même.

En ce début de XXI siècle, qui est aussi l’aube de ce nouveau millénaire si riche en promesses et en découvertes. Il faut ce rendre à l’évidence.

Les mentalités elle non pas évolué aussi vite que la technique. Les choses aujourd’hui on quand même heureusement un peu évoluées. Quoique, pas partout, comme on peut le voir dans la presse depuis quelque temps, et qui à fait de la Mixité en Loge son sujet d’article préféré faisant ces choux gras la dessus. Reléguant du même coup, toutes les affaires politico financière qui d’effrayait la chronique habituellement. Car je trouve dommage et dommageable, dans les Loges où la Mixité est proscrite. De ce privé de l’avis, de la réflexion, de la sensibilité, de la moitié de la population de notre planète.

Au départ je n’avais prévus que de faire que 5 minutes de symbolisme. Mais je me suis laissé emporter par ce sujet et je pourrais même dire sans exagération cette Cause. Mais heureusement, chez nous au Groupement Maçonnique de Loges Mixtes et Indépendants, nous n’avons pas ce problème sur la Mixité et c’est tant mieux.

Qu’elle bonheur pour moi d’être né dans cette Loge. Qu’elle chance, car comme dans le dit Maxime Le Forestier dans sa chanson :

« On ne choisit pas ses Parents, on ne choisit pas sa Famille. Etre né quelque part, c’est toujours un hasard ».

Et pour moi qui considère cette Loge comme une deuxième famille. Le hasard à bien fait les choses.

Par W\L\

Source : l’édifice

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Alain Marti

Déjeuner-débat

Dialogue et Démocratie Suisse

(D&DS)

Saison 2022-2023

Vendredi 12 juin 2015

au

6, rue de la Scie 1207 Genève

Nous aurons l’honneur de recevoir

Alain Marti

Alain Marti

Commémoration des 300 ans de la Franc-maçonnerie moderne

Déclaration

A l’occasion du troisième centenaire de la Franc Maçonnerie, les obédiences actives en Suisse formulent la déclaration suivante.


La Franc-Maçonnerie dite spéculative a été formellement créée à Londres en 1717, par la réunion de diverses loges actives à Londres et à Westminster en une grande loge. Elle existait toutefois depuis un temps indéfini dans plusieurs pays, notamment en Ecosse. Elle est issue de l’admission dans des corporations de métier de personnes qui n’exerçaient pas effectivement lesdits métiers. Les loges sont devenues la réunion de personnes qui se regroupaient pour avoir un lieu d’échange sur les questions fondamentales de la vie.
La Franc-Maçonnerie est l’héritière des corporation qui l’ont précédée et dont elle a repris les usages et les rituels.
La Franc Maçonnerie transmet une tradition exprimée dans des symboles. Leur interprétation est laissée à l’appréciation de chacun de ses membres. Il règne partant la plus absolue liberté de penser au sein des loges.
La Franc Maçonnerie a recueilli des traditions diverses, parmi lesquelles on citera notamment la Gnose, la Kabbale, l’Alchimie, qui sont sous-jacentes dans la symbolique maçonnique.
La formation du franc maçon est assurée par des séances d’instruction, au cours desquels on lui propose des exemples d’interprétation des symboles.
Le but de la Franc Maçonnerie est d’élever l’esprit de ses membres, de les détacher de leurs préoccupations journalières et de les amener à une réflexion et à un effort sur eux-mêmes sur eux-mêmes pour les rendre meilleurs et les libérer de tout préjugé. Par ce biais, elle espère offrir à la société des modèles de comportement juste et généreux, afin d’améliorer la société par la vertu entraînante de l’exemple. Elle essaye de propager l’égalité des humains, le respect de chacun, la liberté d’opinion et la pratique des devoirs qu’impose la vie en société.

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Jérôme Sobel

Déjeuner-débat

Dialogue et Démocratie Suisse

(D&DS)

Saison 2022-2023

Vendredi 19 mars 2015

au

6, rue de la Scie 1207 Genève

Nous aurons l’honneur de recevoir

Jérôme Sobel

Jérôme SOBEL

Le Dr Jérôme Sobel, membre du groupe d’analyse et réflexions « A Propos », Président de l’association EXIT ADMD Suisse Romande. Le Dr Sobel est co-auteur avec M. Michel Thévoz du livre « L’aide au suicide ».

sur le thème

Mourir en dignité (EXIT)

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Laurent Puzeaux

Déjeuner-débat

Dialogue et Démocratie Suisse

(D&DS)

Saison 2022-2023

Vendredi 11 février 2015

au

6, rue de la Scie 1207 Genève

Nous aurons l’honneur de recevoir

Laurent PUZEAUX

Laurent PUZEAUX

SPECIALISE BANQUE ET INGENIERIE FINANCIERE, ESC Toulouse, Membre du Conseil Exécutif de D&DS

sur le thème

L’éthique et la finance dans les pays développés

Résumé

La finance et la morale sont-elles encore compatibles dans notre économie mondialisée?

J’incline à croire qu’elles ne sont pas inaccordables.

1. Un peu de théorie

La main invisible

L’économiste et philosophe des Lumières Adam Smith est l’auteur de l’expression « la main invisible ». Il développe l’idée selon laquelle les actions guidées uniquement par l’intérêt personnel de chacun peuvent contribuer à la richesse de tous.

Les avantages comparatifs

D’après cette théorie, lorsqu’un pays se spécialise dans la production pour laquelle il est, comparativement à ses partenaires, le plus avantagé, il est assuré de bénéficier du commerce international, indépendamment de sa propre compétitivité.

L’efficience des marchés

L’hypothèse d’efficience considère que dans un marché suffisamment large où l’information se répand rapidement, les opérateurs boursiers réagissent correctement. Les capitaux sont alors drainés vers les entreprises bénéficiant des meilleures perspectives.

2. L’histoire macroéconomique récente

2003-2015 : Genèse et fin d’une crise

2003 : Le point bas

Après trois années de contraction consécutives à l’explosion de la bulle des nouvelles technologies, les indices boursiers mondiaux atteignent leur point bas à la veille de l’intervention américaine en Irak. La baisse des taux vise à stimuler l’activité économique. Des Américains aux moyens modestes en profitent pour réaliser des investissements immobiliers hasardeux.

2007 : L’explosion de la bulle

Les taux ayant progressivement monté pour contenir l’inflation, de nombreux acheteurs ne peuvent plus honorer le paiement de leurs mensualités. Après quatre années de hausse, le marché de l’immobilier prend enfin conscience de ses excès et les prix baissent dans de fortes proportions.

2009-2015 : Le retour de la croissance

La période 2009-2015 est une phase d’expansion quasi-continue: les indices boursiers américains et européens ont doublé de valeur. Ceci est dû, pour l’essentiel, à la résilience de l’économie des Etats-Unis; ses fondamentaux restent solides malgré tout.

3. La sphère financière et les institutions étatiques

Le marché joue un rôle essentiel en dirigeant les investissements vers les entreprises les plus performantes. Les banques doivent toutefois adopter des codes de déontologie à valeur normative; il s’agit d’une forme saine de régulation collective.

L’Etat est tenu de fournir des allocations décentes aux catégories les plus fragiles de la population pour leur permettre de vivre dignement. Des institutions étatiques traquent et sanctionnent les délits d’initiés, l’exploitation à des fins de spéculation personnelles d’informations confidentielles relatives à la stratégie des entreprises.

Les banques centrales indépendantes élaborent des analyses techniques objectives et les mettent en œuvre pour assurer le bon fonctionnement de l’économie. Lorsque la situation est problématique, elles empêchent l’effondrement au moyen d’une politique monétaire de baisse des taux qui facilite l’accès au crédit.

Selon moi, on prouve d’autant plus son attachement aux idéaux humanistes que l’on préconise une organisation sociale et une politique économique élevant le niveau de vie de l’ensemble de la population. Je considère qu’il est pertinent d’allier la démocratie véritable à une économie efficiente. Le modèle suisse fournit un exemple remarquable, la confédération helvétique est le pays du libéralisme national et social. L’organisation mondiale du commerce considère qu’elle a l’économie la plus compétitive au monde; de plus, l’Etat combat la pauvreté avec efficacité.

Laurent Puzeaux

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François Meylan

Déjeuner-débat

Dialogue et Démocratie Suisse

(D&DS)

Saison 2022-2023

Vendredi 14 novembre 2014

au

6, rue de la Scie 1207 Genève

Nous aurons l’honneur de recevoir

François Meylan

François MEYLAN

Ancien maire de Ferney-Voltaire

sur le thème

La mobilité et les rapports transfrontaliers dans le Grand Genève

Remarques concernant la conférence de M. François Meylan

1.- On parle de BHNS en France, seul pays adoptant cette formule qui fait rigoler l’Europe.

Car ces BHNS (que bien des associations d’utilisateurs des transports appellent les BBNS, Bus à Bas niveau de service car, il s’agit de bus classiques, sans musique douce, sans toilettes, sans moquette au sol, avec très peu de sièges, etc., etc…. Et concevoir une voie en site propre est faux car il faut 2 voies une pour bus montant, une pour bus descendant et sachant qu’un bus mesure 2.50, qu’il faut 0.50 de chaque côté de libre, cela fait 2.50 + 1.00 =) 3.50 x 2 = 7 mètres….. Va falloir les trouver les 7 mètres …….

2.- Le transport par câble; ici, on arrive au sommet du rêve, M Meylan a cité :

* Brest, Marseille, etc., etc., là il se mélange les pieds , car il s’agit là d’une Cabine traversant ces deux ports….. d’un point A à un point B et pas du tout d’un machin type tramway !

Continuons : il prétend que le câble a le même débit qu’une ligne de tramway : totalement mensonger ( les marchands de câbles sont de bon vendeurs …) , car une ligne de tram comme la 12 à Genève ou les lignes TR 1 ou 2 à LYON, emmènent 120.000 à 130.000 voyageurs / jour. Comment veux tu que des cabines de 10 places, passant chaque minute, emmènent 120.000 voyageurs jour de 7 h à 19 h en gros, il suffit que tu demandes à un mathématicien, il te dira tout!

Et l’entretien d’une ligne nécessite un arrêt de …. 3 semaines mini par an , (c’est le cas du télé du Salève, et de toutes les lignes de télécabines )

Les jours de grands vents …. on arrête tout : l’automne dernier, le télé de l’aiguille du Midi, s’arrêtait dans la journée à la suite de rafales.

Puis : on a entendu que la ligne serait à 10 ou 15 m de hauteur …. donc il faut des pylônes…. Comment on y accède ???? Les handicapés en fauteuil roulant, mères de familles avec voitures d’enfants ???? Par ascenseur ??? le prix d’un tel objet, tous les 300 m à chaque gare??

Les cabines, bien sur, fonctionnant comme un télé ski, circulent sans arrêt aux gares ….. l’handicapé en fauteuil , comment fait -il ?? ! ! !

On imagine la tête des citoyens à qui on installe dans leur jardin un pylône …. avec ses cabines passant devant sa salle à manger …..

Le câble est valable pour aller d’un point A à un point B, mais pas possible pour » jouer au tramway » avec des arrêts tous les 300 m ! Les gens qui font la promotion de ces trucs et qui appellent cela des  » tramways aériens « , sont de doux rêveurs .

La preuve, en 2012 , ces mêmes marchands de câbles avaient une pub et un forcing pas possible – se rappeler les papiers dans la Tribune et dans la Suisse – , pour implanter un câble de la douane de Moillesulaz à la Gare d’Annemasse à la place de la ligne de tram prévue. Les Gens auraient été ravis de descendre du tram à Moillesulaz , …. pour grimper dans une cabine ….. Si 70 personnes……..attente d’une cabine et passant au ras des maisons.

Bien entendu cette suggestion a été accueillie plutôt fraîchement, on était là dans le ridicule. La direction de la Mobilité à Genève, (David Favre , secrétaire général et vieil ami ), était consternée de voir cette proposition farfelue !!

Cela rappelle les expériences de :

* le POMA 2000 à GRENOBLE, cabines tractées par câble; le bide, POMAGALSKI a réussi à vendre une ligne à LAON,(Aisne), qui voulait se débarrasser d’une ligne de tram : se sont fait avoir, le POMA s’arrête un jour par semaine pour entretien et problèmes techniques incessants, c’est le même système qu’on a voulu implanter à l’aéroport de ROISSY CHARLES DE GAULLE pour relier les aéroports; on a construit la ligne et des mois d’essais ont montrée que ça ne marcherait pas !! Bilan 100 millions partis en fumée + tout le tracé de la voie démoli ! ! !

* l’AEROTRAIN qui devait relier PARIS à LYON, un gouffre financier ( 500 millions…. ), la bout de ligne expérimental de 18 km, vers Orléans, a montré que c’était le délire. Qui a payé ? Les citoyens !!

* on peut en citer des dizaine de ce genre !

La solution que préconise ALP RAIL, est de relier LA PRAILLE (CEVA ) à COINTRIN , c’est possible, il y a une voie de raccordement existante mais oui !!), et de prolonger au delà vers THOIRY à travers champs, il y a de la place….. Mais qui va se lancer dans cette aventure ? La seule valable pour aller de la région de GEX DIVONNE vers ANNEMASSE en très peu de temps ( ce qu’a souligné le conférencier ).

Ce que l’on ne dit pas, c’est l’état médiocre de la voie entre ANNEMASSE / LA ROCHE SUR FORON et ANNECY, où les trains du CEVA en 2019 mettront 1 heure 25 pour aller d ‘Annecy à Cornavin ……….. comment empêcher les gens de prendre leurs voitures avec des temps pareil ?? Là silence : il faudrait améliorer la voie et la signalisation mais ……….. pas d’euros !!

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Abdelhac Bedgi

Déjeuner-débat

Dialogue et Démocratie Suisse

(D&DS)

Saison 2014-2015

Vendredi 10 octobre 2014

au

6, rue de la Scie 1207 Genève

Nous aurons l’honneur de recevoir

Abdelhac BEDGI

sur le thème

La Tunisie a-t-elle une nouvelle voie ?

La révolution tunisienne

Je me permets de vous rappeler le cinquième principe de l’Alpina :

« Le Franc-Maçon suisse est fidèlement et entièrement dévoué à sa patrie. Il reconnaît comme un devoir sacré de défendre les libertés et l’indépendance de son pays ainsi que de contribuer à maintenir la paix intérieure.
Fidèle à la Tradition de l’Ordre, il s’emploie à faire respecter les droits de l’homme.
Chaque Maçon, en tant que citoyen, est moralement tenu, pour affirmer ses principes maçonniques, de s’intéresser aux affaires publiques. Il agit, selon ses convictions, pour le bien de la patrie. »
Nanti de deux nationalités, je vais vous parler de CETTE NOUVELLE TUNISIE, SA SITUATION ACTUELLE, COMMENT SE PRESENTE-T-ELLE ?
Les journaux ont donné beaucoup de détails sur les évènements en Tunisie et actuellement au moyen Orient sous le titre « De Printemps Arabe ». M’éloignant des évènements du quotidien, je tiens à vous rappeler que les opposants ayant vécu 10 à 20 ans d’exil en pays démocratiques sont de retour, leurs concepts se sont modifiés, dans un sens de pluralité, l’exil a fait mûrir les esprits, et toutes ces personnalités de différentes obédiences idéologiques se connaissent. Ils sont revenus au pays avec une première détermination, ne pas se faire confisquer cette liberté acquise par le sang du peuple dépossédé de son pays. Le soulèvement, remontant du Sud tunisien, fut attaqué et aggravé par une milice sniper engagé par Ben Ali escorté de voyous soudoyés, libérés des prisons pour accomplir des pillages. Vu l’antériorité de certains soulèvements écrasés par les armes, tous les Tunisiens étaient conscients d’un état de fait qui se déclenchera à une date imprévisible.
Plusieurs pays, sans les nommer, n’ont pu saisir le présent qui leur a échappé. Ils soutenaient à juste titre les dictatures, muraille protectrice contre un flux migratoire et le fanatisme religieux islamique, au détriment des Droits de l’Homme. Sans saisir la rapidité du temps, ils ont été confrontés aux contradictions de leurs stratégies. Ils concevaient la recherche d’une stabilité par l’oppression sous couvert d’un semblant démocratique. Cette logique politique à leurs yeux est compatible, car la stabilité du pays sous-développé passe par un totalitarisme emmiellé. Du moins, tolèrent-ils un sens d’ouverture qui leur soit profitable, autrement dit, l’aménagement des régimes et non le changement de régime ? Ils objectent toute liberté par peur qu’elle entraîne un bouleversement politique désavantageux à leur égard. Pire encore, ces puissances, ayant semé des dictatures dans le monde entier, prétendent enseigner ce qu’est la démocratie.
En Suisse comme dans le reste des pays d’Europe, la liberté et la démocratie font partie du lot quotidien. Leur valeur m’a fait ressentir une émotion bien différente à celle que je possède, ici par accoutumance. Bien que je retourne régulièrement sur le sol natal, en remet-tant mes pieds au mois de janvier, j’ai perçu comme une nouvelle renaissance qui jaillissait de mon cœur. Cette nouvelle Tunisie est, depuis quelques semaines, en pleine lumière, sous le regard étonné et parfois admiratif du monde des médias. Tous les projecteurs sont braqués sur elle, l’information, dans sa rapidité, voire dans son instantanéité, s’est débâillonnée des censures et de la langue de bois.
Le mur de la peur n’est plus le rempart infranchissable, il a été bravé puis abattu. Il y a eu une révolte avant tout pour le respect, la dignité de l’individu, le désir d’être entendu, d’être traité correctement. Une poussé, un mouvement ultime séculaire a abattu « LE DICTATEUR ». Loin des militants du moment qui ont pour souci primordial leurs idéaux, la jeunesse a com-pris qu’elle devra se croiser, sans se combattre. L’étau, je le souhaite, sera certainement desserré. Tout retour à un régime autoritaire, quel qu’il soit, ne sera plus acceptable. Les Tunisiens dans leurs diversités et individualisme ne le permettront plus. Ils veulent aller plus loin, abattre les enceintes privilégiées, faire table rase de ses structures avilissantes, éloigner ceux et celles qui ont accepté cette dictature, écarter les Cassandre.
Le geste de Bouazizi a donné le départ de la première révolution civique et civilisée de l’histoire humaine. Il n’avait pas brandi une arme contre ses ennemis, il ne s’est pas fait exploser au milieu d’une foule de gens pour les emmener dans l’au-delà avec lui. Non, rien de tout cela ! Il s’est juste contenté de mettre fin à sa vie en s’immolant par le feu le 17 décembre 2010. Il restera à jamais le symbole d’une Révolution tunisienne éclairée, courageuse, historique et inédite. La révolution de tout un peuple stupéfiant tous les pays qui ne s’attendaient guère à un tel éveil et encore moins dans un pays hautement pacifiste. Une révolution sans commune mesure avec les précédents mouvements sociaux contestataires. Il a soudé et solidarisé le peuple par une force inexistante auparavant. Tout en restant téméraire, ce peuple est resté pondéré. Il a donné une image de souplesse, d’adaptation et de sagesse qui poussent au dépassement. Toutefois, non loin de ce comportement, il faut mal-heureusement déplorer quelques règlements de comptes inévitables. Il est certain qu’un nouvel ordre social, intellectuel, moral, esthétique émergera et transcrira les premières nouvelles pages de sa révolution.
Une dictature qui se croyait et que l’on croyait solidement installée a été abattue en moins d’un mois. Ce qui vient de s’accomplir sous nos yeux a été réalisé à mains nues, c’est ce que l’on a appelé « LA RÉVOLUTION DU JASMIN » qui n’en est pas une et je lui préfère « LA RÉVOLUTION CITOYENNE » basée sur la recherche de la dignité, de la justice et de la liberté. Une partie dé-terminée de la jeunesse s’est soulevée spontanément, sans être encadrée par un chef, ni une organisation ou un parti. Elle a payé sa victoire par le sang, au prix à ce jour de 175 morts et deux fois plus de blessés atteints par balles tirées par les milices du Président déchu incarnant un régime liberticide et corrompu. Je vous rends attentif mes FF, l’événement que l’on a eu sous les yeux est une révolution, une vraie, pour ne pas dire un soulèvement. Même s’il y a eu, ici et là du feu et du sang, c’est une révolution pacifique, peu violente en comparaison aux révolutions classiques (repensons au sanguinaire Kadhafi et d’autres). Une révolution de la société civile et non de révolutionnaires enflammés, sans le moindre agenda politique radical. C’est un mélange d’idéalisme et de nationalisme, une affirmation du sens de la communauté et de la fraternité. Depuis le 14 janvier, ceux, qui se sont soulevés à partir du 17 décembre 2010 partant de Sidi Bouzide, savent que leur mission n’est pas terminée.
À son sujet, les paroles de tout homme politique trouveront des échos démesurés dans le monde démagogique, avec diverses interprétations. Comme j’espère que les lynchages médiatiques mal intentionnés, frôlant l’indécence, ne soient pas un genre de vérité populiste. On parle facilement d’invasion d’émigrés et du religieux, un lai motif savamment manipulé et inculqué par les dictateurs puis repris par des partis aux yeux éteints voulant revenir à l’âge de pierre.
La liberté d’expression qui n’a jamais existé depuis, plus de 130 ans, soit du 12 mai 1881 avec la signature du traité du Bardo au 14 janvier 2011 avec la fuite de Ben Ali, en réalité, elle n’a jamais était connu, et ce qu’elle veut dire exactement. Cinq à six générations successives ont subi depuis la colonisation jusqu’à ce jour l’oppression politique, l’exploitation économique et la misère sociale. Après tout cela, les Tunisiennes et Tunisiens s’en donnent à cœur joie, afin de s’assurer que tout cela n’est pas un trou dans l’eau. À charge pour nous, de ne pas se vanter d’avoir inventé l’eau chaude et pour eux de maintenir le cap, de ne pas se méprendre, de ne pas défoncer des portes ouvertes. Un nouvel ordre politique, une nouvelle constitution, une nouvelle déclaration des droits et des libertés feront avancer les choses. Après un colonialisme dénigrant et une dictature discréditant la personne humaine, le peuple vit sa deuxième indépendance. Elle ne doit pas devenir le prétexte à tous les « forcings », à tous les dépassements, à tous les abus, tout en gardant le sens des proportions sans les perdre, ni cédé aux illusions d’optiques, ni se tromper sur les rapports de force. Sa nouvelle liberté doit être l’écho d’une nation démocratique reconnue selon ses critères et ses valeurs culturelles. Il faut aider et préserver ce peuple des égarements et de se retenir de répondre à chaque aléa, sinon un risque court et transformera cette révolution en un événement cruel.
Comme vous l’eussiez constaté, le citoyen spectateur des situations antérieures a cédé sa place au citoyen acteur et s’est insurgé face aux obscénités révoltantes d’un dirigeant mégalomane. Les révolutions ont toujours un côté sombre, l’esprit actuel du peuple est de voir clair en l’aidant à y voir plus clair. Le pouvoir souhaité doit être légitimé dans sa cohésion, dans son partage sans avantager ni une région ni une famille.
Une mise en place des commissions de surveillance, d’un contre-pouvoir ont pris leurs as-sises. Les mains qui mettront les bulletins dans les urnes seront accompagnées du cœur, de la mémoire et de l’histoire. Il se dégagera alors un consensus s’ordonnant dans le cadre d’un État séculier démocratique, avec un islam tolérant moderne tel qu’il le fut du VIII au XVII siècle, je l’espère. Sous nos yeux, cette première ébauche d’une démocratie naissante, non importée, dans le monde tunisien n’est plus un rêve. Il devient un rêve arabe qui se réalise et bouleversera les données géopolitiques méditerranéennes assez lentement malheureuse-ment. Il faut digérer tout cela.
Je désire terminer par ce qui suit, pour nous FM, de quelles manières entrevoir le volet humanitaire vis-à-vis de ces crises, le chômage, le mal-être des jeunes et sa démesure, le manque de sécurité, la lente progression du racisme, le discrédit généralisé du personnel politique (honnêteté, confiance et responsabilité) le libéralisme abattu par son arrogance. Premièrement présageons nos réflexions, à tous ces problèmes (le droit à la souveraineté, le droit d’ingérence et sa Loi sur les droits pour la protection des personnes mises en danger, les méfaits politiques et les perturbations naturelles). – Secundo, modernisons les vieilles démocraties tronquées et faisons face aux aspirations naissantes des nouvelles revendications de libertés politiques de pensées et d’expressions. Puisqu’il semble qu’aucune solution n’ait été proposée à ce jour, une place merveilleuse nous est offerte sans la laisser tomber entre des mains d’opiniâtres énergumènes. Nos esprits non embourbés dans un ego passionnel, nous permettrons de relever le défi, de régénérer une démocratie plus réelle, en propageant nos points de vue calqués sur nos principes et les confronter aux meilleurs pour une décence des attitudes, des mœurs, de l’agrément honnête de l’esprit attirant le respect de tout le monde.


Abdelhac BEGDI

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André Moser

Déjeuner-débat

Dialogue et Démocratie Suisse

(D&DS)

Saison 2013-2014

Vendredi 14 mars 2014

au

6, rue de la Scie 1207 Genève

Nous aurons l’honneur de recevoir

André Moser

André MOSER

Retraité, ancien ingénieur en génie-chimique, ancien Conseiller municipal, président cofondateur de Dialogue & Démocratie Suisse, président du Cercle-Condorcet-Voltaire du pays de Gex et de Genève, président des Cuisines scolaires Pâquis-Plantaporrêts, membre du Forum d’agglomération du Grand Genève.

sur le thème

L’Art d’être heureux – selon Schopenhauer ou « Petit traité de sagesse pratique »

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Didier Doucet

Déjeuner-débat

Dialogue et Démocratie Suisse

(D&DS)

Saison 2013-2014

Vendredi 14 février 2014

au

6, rue de la Scie 1207 Genève

Nous aurons l’honneur de recevoir

Didier Doucet

Didier Doucet

Ancien élève de l’Institut d’études politiques de Paris, Diplômé de l’Institut des Hautes études internationales, Diplômé d’Études Supérieures de Droit Public, Licencié ès Lettres

sur le thème

L’Afrique à l’heure de la mondialisation

Ancien membre de cabinets ministériels, puis directeur de cabinet de Pierre Bas, député-maire du 6e arrondissement de Paris, Didier Doucet a été adjoint du directeur de cabinet de Commissaire Général du Plan, Chargé de mission au ministère des Affaires étrangères. Conseiller au Haut Conseil de la Coopération Internationale, membre de la section des relations extérieures du Conseil Économique et Social, « Conseiller spécial » de Jean-Michel Quillardet, Grand Maître du Grand Orient de France.
Professeur à l’institut d’Etudes Européennes et Expert auprès de l’ONU, il est aussi président du Cercle Valeurs et Humanisme. Didier Doucet est l’auteur du livre d’économie et de géo-statégie, « l’élargissement de l’Europe : un risque pour le Sud? » (Éditions l’Harmattan – 2001) et du Best seller  » 3 points, c’est tout » (Editions du Valleroy – 2011)

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Isabelle Collet

Déjeuner-débat

Dialogue et Démocratie Suisse

Saison 2013-2014

Vendredi 8 novembre 2013

au

6, rue de la Scie 1207 Genève

Nous aurons l’honneur de recevoir

Isabelle Collet

Isabelle Collet

Dr en sciences de l’éducation, Université Paris X – Maître d’enseignement et de recherche à l’Institut universitaire de formation des enseignants (IUFE) et à la Section des sciences de l’éducation du l’Université de Genève

sur le thème

Identité de genre

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Documents:

1.- Un concept en voie d’incorporation dans l’ordre juridique

Identité de genre: un concept d’une actualité brûlante,qui permet seul de comprendre les véritables fondements et dangers de l’ouverture du mariage aux homosexuels

Le 31 octobre 2012, le Premier ministre, M. Ayrault, a adopté officiellement un « Programme d’actions gouvernemental contre les violences et les discriminations commises à raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre». Ce programme figure sous le timbre « Premier ministre» sur le site internet du gouvernement.
La presse n’en a quasiment rien dit, alors que ce programme signifie l’investissement par ce concept de tous les domaines de la vie sociale et son irruption juridique dans la loi française! D’où cette affirmation de Mme Taubira, Garde des Sceaux, à propos du mariage homosexuel : « C’est une réforme de société, et on peut même dire une réforme de civilisation. Nous n’avons pas l’intention de faire comme si nous ne retouchions que trois ou quatre virgules dans le Code Civil »

Que dit ce programme ?

1. Tout d’abord que l’identité de genre est officiellement désormais un axe prioritaire d’action gouvernemental, et qu’il vient se rajouter à la lutte contre « l’homophobie », et la couronner (en réalité il l’inspire). Tous les domaines sont concernés. Par exemple, les inspecteurs du travail l’incorporeront à leurs évaluations, et il sera au cœur de la Charte de l’égalité dans la fonction publique, qui va être révisée en conséquence (p. 11). Les partenaires sociaux l’incorporeront par avenants aux accords sociaux et la question sera directement à l’ordre du jour de la grande conférence sociale de 2013 (ibid). Un module obligatoire sera ajouté à la formation des infirmiers et des médecins, les maisons de retraite devront également s’adapter. Ces modules traiteront au même titre de l’homophobie, de la lesbophobie, de la transphobie (p. 12).

2. Les institutions représentatives des familles seront recomposées pour accueillir des représentants des familles monoparentales en tant que telles. Les transsexuels bénéficieront d’une modification simplifiée de l’état civil, et il ne pourra plus leur être imposé auparavant une opération: ils pourrons faire un choix subjectif d’état civil et le faire acter ! Un homme pourra donc se dire femme et faire acter cette décision par l’état civil, sans même avoir à prouver un changement matériel de sexe par un biais chirurgical. La commission consultative des droits de l’homme va d’ailleurs être saisie pour mettre la chose au point. Ces « personnes trans» (c’est le terme retenu par le texte lui-même) bénéficieront de manière simplifiée d’un n° de sécurité sociale provisoire en attendant l’officialisation de leur nouvelle condition. 

3. L’identité de genre sera enseignée « de manière adaptée» dès l’école, la circulaire du 17 février 2003 devant être revue en conséquence et à cette fin. Les enseignants auront un module à leur programme de formation initiale, et une ligne d’écoute téléphonique assurée par les associations de lutte contre l’homophobie sera promue largement en milieu scolaire. Un guide pratique sera diffusé dans les universités dès la rentrée 2013. Les fédérations sportives seront mobilisées, de même que les colonies de vacances et autres structures d’accueil pour les jeunes.

4. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel sera chargé d’élaborer avec les radios et télévisions les lignes directrices de l’action contre les « préjugés homophobes ». Et enfin le ministère de la culture sera chargé de « valoriser l’histoire du mouvement LGBT (Lesbien-homo-bi-transsexuel). » (p. 10).

5. Plus important encore sur le plan juridique: la France va faire inclure (p. 14) le concept dans le protocole na 12 de la Convention européenne des droits de l’homme, qui s’imposera y compris face à la loi et à la constitution françaises (conséquence du traité de Lisbonne pour ce qui concerne la constitution’]. Et le droit d’asile sera modifié également en conséquence, les associations LGBT étant chargées de former les personnels de l’office en charge de l’étude des dossiers! (p. 15).

6. Militante à l’ONU dans ce sens, ainsi qu’au Conseil de l’Europe, la France, enfin, organisera dès le début 2013 une grande conférence internationale régionale, et ses ambassades soutiendront les ONG associées dans tous les pays dans leur action en faveur de l’identité de genre (p. 13).

Il est donc clair au vu de ce qui précède que l’incorporation du concept à l’ordre juridique est en cours.

Bien comprendre ce qu’est l’identité de genre 

Deux erreurs à éviter 

Tout d’abord, il y a deux erreurs à ne pas commettre: confondre l’homophobie avec le « refus du genre », et confondre le « féminisme paritaire» avec le « féminisme du genre ».

L’homophobie, dans son acception habituelle, c’est le refus de respecter la dignité des personnes et leur opposer des discriminations injustes à raison de leur pratique, de leur « orientation sexuelle ». En tant que partie du concept du genre, l’homophobie est bien davantage: elle existe dès que l’on établit une différence entre les sexes! Il ne s’agit plus du tout d’exiger un respect d’une différence, il s’agit de poursuivre toute personne exposant qu’il existe une différence. Elisabeth Badinter, qui promeut l’idéologie depuis les années 1980 l’indique clairement dans un livre paru en 1992 :  « L’homosexualité est une étape vers l’hétérosexualité », celle du choix subjectif du sexe auquel on désire appartenir. Du coup, les couples qui se bornent à s’affirmer biologiquement hétérosexuels sont « homophobes » (d. « XY, de l’Identité masculine », p. 233-234). 

De même, alors que le « féminisme» dit « paritaire» cherche à assurer l’égalité des droits entre les hommes et les femmes, lorsque rien ne justifie un traitement inégalitaire, le féminisme « radical» du genre vise à nier toute spécificité de la femme, et remet même en cause la terminologie « femme» et « homme ». quitte à priver les femmes d’avantages dont elles disposaient jusqu’ici à raison de leurs particularités. Deux exemples récents frappants peuvent être donnés à cet égard:

A) Jusqu’en 2004, les femmes ayant porté trois enfants ou plus et ayant exercé leur métier au moins 15 ans pouvaient prendre leur retraite de manière anticipée, avec des droits proportionnels, et 1 Lire absolument sur cette question: Patrice ANDRE, « Mini-traité Européen: la Constitution par la force », éd. François-Xavier de Guibert, préface de Jean Foyer, ancien Garde des Sceaux. jouissance immédiate, sans attendre l’âge légal (60 ans à l’époque, 62 ans aujourd’hui). Au nom de l’identité de genre, la Cour de justice des Communautés européennes a déclaré cet avantage non conforme au droit, en tant qu’il était réservé aux femmes, comme si la femme qui a porté trois enfants était dans la même situation que le père, lequel pouvait d’ailleurs avoir été différent pour chacun des trois! Du coup, l’avantage a été supprimé pour les femmes comme pour les hommes … 

B) A partir de janvier 2013, les assurances ne pourront plus faire bénéficier les femmes de primes d’assurances réduites par rapport à celles des hommes, alors que leur « accidentologie» étant sensiblement plus faible, elles bénéficiaient jusqu’ici de cet avantage. Pour la même raison : peu importe les différences concrètes, seule compte l’indifférenciation absolue, quoi qu’il en coûte aux femmes.

La logique est bien exprimée par une militante du «genre», Christina Hoff Sommers, dans son ouvrage « Who Stole feminism ?», Simon & Shuster, New York, 1994, p. 257 : «Nous pensons qu’aucune femme ne devrait avoir à faire le choix de rester au foyer. On ne devrait autoriser aucune femme à rester à la maison pour s’occuper de ses enfants. La société doit être totalement différente. Les femmes ne doivent pas avoir cette option, car si cette option existe, trop de femmes la choisiront ». 

Quelle définition de l’identité de genre? 

L’identité de genre est promue depuis les années soixante, aux Etats Unis comme en France, mais elle était jusqu’ici beaucoup mieux implantée outre-Atlantique qu’en Europe. Son irruption visible dans les institutions internationales date de la Conférence de Pékin, en 1995, consacrée à la femme, et dont les déléguées présentes ont tout fait pour la transformer en conférence sur le genre. Une résolution officielle officialisant le concept a été adoptée en juin 2011 au Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Une déclaration de même sens a été signée la même année par 85 Etats (le Premier ministre s’y réfère dans son programme d’actions, p. 13). 

Selon ce concept, le sexe biologique doit être séparé radicalement du sexe choisi, le genre. Ce sexe biologique ne doit avoir aucune incidence dans la vie sociale, seul compte le choix libre et subjectif de son sexe par chacun. Il n’y a plus deux sexes, quoiqu’en dise la nature, mais … cinq, indiqués par Rebecca Cook, rédactrice officielle du rapport de l’ONU pour la conférence de Pékin: « les femmes hétérosexuelles, les femmes homosexuelles, les hommes hétérosexuels, les hommes homosexuels, et les bisexuels ». 

A Pékin, la «commission internationale» LGBT a lancé l’appel suivant : «Les Etats doivent reconnaître pour toute femme le droit à déterminer sa propre identité sexuelle, le droit à contrôler son corps, tout particulièrement au moment d’établir des relations d’intimité, et le droit de choisir, selon les cas, quand et avec qui engendrer et élever des enfants. If s’agit de droit fondamentaux pour toute femme, sans distinction d’orientation sexuelle» (cité par Oscar Revoredo, « Lexique des termes de la famille », 2005, Téqui, p. 571).

Une autre militante indique: « Notre but est d’en finir avec la division sexuelle du travail, dans lequel la femme est mère» (Nancy Chodorow, The reproduction of mothering, Berkeley, 1978 p. 215). L’homme et la femme doivent donc être à égalité pour la procréation, d’où les pressions en faveur de la PMA, et des mères porteuses. «La suppression de la famille biologique fera aussi disparaître l’obligation de procéder à la répression sexuelle. L’homosexualité masculine, le lesbianisme, et les relations sexuelles extra-matrimoniales ne doivent plus être considérées de manière libérale comme des options alternatives, hors du pouvoir de réglementation de l’Etat. Au lieu de cela, même les catégories d’homosexualité et d’hétérosexualité seront abandonnées : l’institution même des « relations sexuelles» où l’homme et la femme exercent un rôle bien déterminé, disparaitra. L’Humanité pourra enfin revenir à sa sexualité perverse polymorphe» (Alison Jagger, Political philosophies of Women’s liberation, Feminism and philosophy, Adams & Co, New Jersey, 1977 p. 13). Le mot « perverse» est ici pris dans le sens de « retournée par rapport à la normalité ». Cette proclamation illustre bien l’ampleur de la révolution poursuivie.

Le Wiktionnaire donne enfin aujourd’hui sur le net cette définition: «L’identité de genre est le sentiment profond d’appartenance à une identité féminine, masculine ou autre, indépendamment des caractéristiques bioloqiques (notamment les productions hormonales et les organes sexuels) et de l’orientation sexuelle. Les personnes transgenre souffrent d’une discordance entre l’identité de genre qui leur a été assignée (perception sociétale liée à leur corps) et l’identité de genre qu’elles ressentent». Il faut bien remarquer la triple discordance entre sexe biologique, sentiment intime d’appartenance à un genre et orientation sexuelle: aussi incroyable que cela puisse paraître, cela veut dire qu’un homme (biologique) qui se dit de « genre femme» (subjectivement) mais qui va avec un homme, aura selon le cas soit des relations homosexuelles avec cet homme (si ce dernier a adopté le genre femme lui aussi, car on a alors deux genres femmes indépendamment du sexe biologique constaté) soit hétérosexuelles (si cet homme a adopté le genre homme, faisant coïncider alors le biologique et le subjectif)! C’est logique, puisque « le genre est un produit de la culture et de la pensée humaine, une construction sociale qui crée la véritable ‘nature’ de chaque individu» (Lucy 
Gilber, « Les dangers du féminisme, différences de genre, sociologie de la biologie », p. 14).

Terminons avec cette citation d’un militant, Dominique Rolin, parue dans le Figaro du 18 mars 1994 : « Le top dans la rivalité qui oppose les deux sexes serait que la femme se fasse greffer un sexe masculin – tout en conservant le sien, pour s’autoféconder et devenir ainsi le père et la mère de ses enfants». A rapprocher également de ce cas survenu aux Etats-Unis d’une grand-mère se faisant implanter des ovules fécondés par le sperme de son gendre pour que sa fille puisse avoir des enfants … (cité par Christine Boutin, dans « Une Ethique sans citoyens », Ed Universitaires, p. 18). 

Les militants de la théorie sont conscients que ces « étrangetés» (!) peuvent être mal ressenties, au moins en un premier temps, par des personnes dotées d’un bon sens simplement élémentaire. Mais il ne faut pas se leurrer: le système est en marche, et il avance, aussi incroyable que cela paraisse. Le mariage homosexuel, y compris avec PMA, s’inscrit exactement dans ce cadre, et ce qui est recherché c’est bien l’abandon par l’Etat, à travers celui du mariage fondé sur l’altérité des sexes en vue de la procréation, de toute différenciation entre les sexes! Car, pour ce qui concerne l’égalité totale des droits entre personnes, à supposer cette égalité légitime, rien n’oblige à recourir au mariage ! Un pacs amendé suffirait ! C’est donc bien d’une reconnaissance philosophique et ontologique qu’il s’agit.

Par ailleurs, l’idée des fondamentalistes du «genre» (car il s’agit bien d’une sorte d’intégrisme idéologique culturel, au véritable sens du terme) est justement de « déconstruire » complètement l’éducation, de manière à ce que les repères disparaissent pour les enfants. Et il est clair que c’est cette démarche qui est suivie dans tous les médias et, de plus en plus, à l’école » et ailleurs. En outre, dans chaque homme, la volonté utopique et prométhéenne de se défaire totalement de la nature est toujours présente. Il existe donc un véritable terrain pour l’identité de genre, à présent que les repères familiaux et naturels les plus élémentaires ont volé en éclats. 
2 Le ministre des droits de la femme et porte-parole du gouvernement, Mme Belgacem, vient d’annoncer la mise en place en maternelle de séances instituées « ABCD de l’égalité», destinées à « déconstruire les stéréotypes» qui « enferment chaque sexe dans des rôles préexistants» (FC, 14 décembre 2012, p. 17). 

Il est bon de signaler à ce propos la demande de deux députés de l’UMP, Virginie Duby-Muller et Xavier Breton, qui viennent de proposer la réunion d’une commission d’enquête sur la manière dont l’idéologie du genre a été imposée en France (Le Canard Enchainé du 12 décembre 2012). A noter toutefois que la première nommée apparaît en réalité quasiment acquise aux slogans à la mode contre l’homophobie (cf. son «intervention» plus que complaisante lors de l’audition de Mme Belgacem à l’Assemblée Nationale, le 28 novembre dernier, devant la commission des affaires culturelles) … Xavier Breton semble quant à lui conscient des enjeux.

Les arguments à opposer

La première chose à faire est de donner à connaître ce fondamentalisme. C’est l’objet du présent document.

Par ailleurs, il est un argument, important, d’ordre philosophique, qu’il faut bien avoir présent à l’esprit: il consiste à mettre en évidence que le rejet de toute référence naturelle et scientifique conduisent nécessairement à un totalitarisme monstrueux, d’où le terme de «fondamentalisme culturel ». En effet un groupe de lobbying puissant peut imposer ainsi sa vision purement arbitraire et subjective du monde à l’ensemble de la société, par la force s’il le faut, selon un processus qui ne se différencie nullement par sa nature des agissements des totalitarismes du siècle dernier. En effet, si toute référence naturelle et objective est exclue, qu’est-ce qui autorise à faire prévaloir une vision culturelle sur une autre, sinon la force?

Un autre argument peut être avancé, qui concerne les enfants. Le Défenseur des droits, institution officielle présidée par l’ancien maire de Toulouse, Dominique Baudis, vient de s’élever contre l’oubli des intérêts de l’enfant dans l’affaire du mariage homosexuel (AFP, 13 décembre 2012, 16H07). Au- delà, toute action de propagande vers les plus jeunes relève d’une volonté inacceptable d’imposer à ces derniers une vision arbitraire d’adulte » rejetant une nature par ailleurs évidente. Mais, surtout, elle illustre une contradiction fondamentale: car un enfant ne peut se laisser (prétendument) abuser par sa sexualité biologique, en raison d’un prétendu conditionnement éducatif et social lui imposant une vision de lui-même en accord avec cette donnée naturelle, que si ce sexe biologique est vraiment déterminant. S’il ne l’est pas, une prise de conscience à l’âge adulte interviendra nécessairement, quand la personne accèdera à une libre réflexion et à une démarche personnelle. S’en prendre aux enfants et adolescents, c’est avouer que si on laisse faire la nature, elle ne se trompe pas, sauf exception, sur son genre! Et que l’on vise en fait à empêcher la nature de s’exprimer en la bridant et  en pervertissant les mécanismes humains de prise de conscience.

Enfin, argument décisif: si on écarte tout critère de filiation ou de procréation naturelle au profit d’un libre choix de genre et de sexualité, on promeut nécessairement la polygamie et l’inceste, en attendant la pédophilie. En effet, qu’est-ce qui peut s’opposer à des relations à plusieurs ou incestueuses si les prétendus obstacles naturels ne sont que des aliénations et des tromperies d’une 
société écrasante et artificielle?! Voilà donc où mène la théorie du genre! 

André BONNET 
Libre rassemblement des juges administratifs 
Ir-juradm@orange.fr 

3 Il faut saluer ici l’intervention d’un jugement important du tribunal administratif de Paris. Par ce jugement, du 26 novembre 2012, le tribunal a annulé l’agrément conféré à l’association « SOS Homophobie » (qui occupe une place de choix dans le programme d’actions gouvernementales du 31 octobre 2012) pour intervenir dans les établissements d’enseignement, au motif que les modules proposés par cette association étaient contraires tant à la liberté de conscience des élèves qu’au principe de neutralité de l’enseignement public (TA de Paris, n° 12-11193/6). 

2.- La fécondité intérieure : Est mâle ou femelle celui qui se souvient de l’autre côté de lui-même

Entretien avec Annick de Souzenelle, propos recueillis par Nathalie Calmé

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