Le Dr Jérôme Sobel, membre du groupe d’analyse et réflexions « A Propos », Président de l’association EXIT ADMD Suisse Romande. Le Dr Sobel est co-auteur avec M. Michel Thévoz du livre « L’aide au suicide ».
Publié par Autorités religieuses Lyon – 18 Février 2015
Texte de l’Appel «Nous nous engageons … » proclamé, place Bellecour, le 1 er octobre 2014, par les responsables des religions de Lyon
Reconnaissons humblement que les événements actuels ne sont pas que la faute des autres. Par le silence ou l’indifférence des uns, la compromission des autres et les louvoiements en matière de stratégies politiques et d’idéologies religieuses, nous portons une part de responsabilité. * Aujourd’hui, avec force, à travers différents appels et déclarations, les principaux responsables des communautés juives, chrétiennes et musulmanes ont dénoncé les violences à l’égard des minorités et reconnu le droit à tous de pouvoir rester et vivre librement sur leurs terres, dans la dignité et la sécurité, et à pratiquer leur foi. Mais il nous faut aller plus loin, à savoir nous engager ensemble, juifs, chrétiens et musulmans, là où nous vivons, à œuvrer au quotidien pour être des artisans de paix et de justice, pour faire reculer l’extrémisme, la persécution et le mépris de l’autre. Aussi:
Nous, diacres, évêques, imams, muftis, prédicateurs laïcs, pasteurs, prêtres, rabbins, nous nous engageons à travers nos prédications à promouvoir le respect de l’autre croyant et à inviter nos fidèles à être des citoyens actifs pour contribuer à une société fraternelle et solidaire;
Nous, enseignants, formateurs, éducateurs et catéchètes, nous nous engageons à favoriser auprès des enfants et des jeunes l’ouverture, le respect et la connaissance des autres cultures;
Nous, responsables d’institutions et de mouvements, nous nous engageons à favoriser l’écoute, le dialogue et le débat franc et respectueux qui conduit à l’estime mutuelle;
Nous, écrivains, journalistes, responsables de publication, nous nous engageons à développer dans nos médias une culture de paix et de citoyenneté, et à relayer toute initiative, action ou information invitant à la fraternité humaine;
Nous, élus et militants politiques, nous nous engageons à respecter, défendre et promouvoir, concrètement et pour tous, les valeurs qui fondent notre République: Liberté, Egalité, Fraternité;
Nous, syndicalistes, ouvriers, artisans et chefs d’entreprise, nous nous engageons à soutenir les projets qui permettent aux jeunes de s’ouvrir aux autres, pour aller au-delà des idées reçues, s’enrichir des différences et trouver leur place dans la société;
Nous, artistes, cinéastes et réalisateurs, nous nous engageons à initier et promouvoir des spectacles musicaux, films et pièces de théâtre qui promeuvent la culture du dialogue, l’écoute de l’autre et l’acceptation des différences;
Nous, intellectuels, éditeurs et penseurs, nous nous engageons à encourager toutes les initiatives de rencontres (forum, colloque, débat…), publications et espaces de réflexion qui favorisent le vivre-ensemble et luttent contre toutes les formes de rejet et d’extrémisme;
Nous, parents, nous nous engageons à transmettre à nos enfants ces valeurs millénaires que nos textes sacrés nous ont transmises, tel que le pardon, la miséricorde et la fraternité;
Nous, militants associatifs de tous horizons, nous nous engageons à développer les activités, loisirs et rencontres susceptibles d’apporter aux jeunes et aux enfants l’équilibre psychologique, spirituel, physique et intellectuel dont ils ont besoin.
Vous qui lisez ce texte, qui veut être une charte à l’engagement concret au quotidien, soyez nombreux à nous rejoindre! Ainsi, croyants, citoyens, de toutes générations, nous nous engagerons ensemble, dans notre quotidien, à favoriser des attitudes de dialogue et de respect de l’autre pour construire ensemble un monde de paix.
Cardinal Philippe Barbarin, Archevêque de Lyon
Père Eklemandos, Eglise copte orthodoxe
Révérend Ben Hading, Eglise anglicane de Lyon
Père Garabed Harutyunyan, Eglise Apostolique Arménienne
Monsieur Kamel Kabtane, recteur de la Grande Mosquée de Lyon
Père Nicolas Kakavelakis, Eglise orthodoxe grecque de Lyon
Monsieur Joël Rochat, Président du Consistoire du Grand Lyon de l’Eglise protestante unie de France
Monsieur Richard Wertenschlag, grand rabbin de Lyon
SPECIALISE BANQUE ET INGENIERIE FINANCIERE, ESC Toulouse, Membre du Conseil Exécutif de D&DS
sur le thème
L’éthique et la finance dans les pays développés
Résumé
La finance et la morale sont-elles encore compatibles dans notre économie mondialisée?
J’incline à croire qu’elles ne sont pas inaccordables.
1. Un peu de théorie
La main invisible
L’économiste et philosophe des Lumières Adam Smith est l’auteur de l’expression « la main invisible ». Il développe l’idée selon laquelle les actions guidées uniquement par l’intérêt personnel de chacun peuvent contribuer à la richesse de tous.
Les avantages comparatifs
D’après cette théorie, lorsqu’un pays se spécialise dans la production pour laquelle il est, comparativement à ses partenaires, le plus avantagé, il est assuré de bénéficier du commerce international, indépendamment de sa propre compétitivité.
L’efficience des marchés
L’hypothèse d’efficience considère que dans un marché suffisamment large où l’information se répand rapidement, les opérateurs boursiers réagissent correctement. Les capitaux sont alors drainés vers les entreprises bénéficiant des meilleures perspectives.
2. L’histoire macroéconomique récente
2003-2015 : Genèse et fin d’une crise
2003 : Le point bas
Après trois années de contraction consécutives à l’explosion de la bulle des nouvelles technologies, les indices boursiers mondiaux atteignent leur point bas à la veille de l’intervention américaine en Irak. La baisse des taux vise à stimuler l’activité économique. Des Américains aux moyens modestes en profitent pour réaliser des investissements immobiliers hasardeux.
2007 : L’explosion de la bulle
Les taux ayant progressivement monté pour contenir l’inflation, de nombreux acheteurs ne peuvent plus honorer le paiement de leurs mensualités. Après quatre années de hausse, le marché de l’immobilier prend enfin conscience de ses excès et les prix baissent dans de fortes proportions.
2009-2015 : Le retour de la croissance
La période 2009-2015 est une phase d’expansion quasi-continue: les indices boursiers américains et européens ont doublé de valeur. Ceci est dû, pour l’essentiel, à la résilience de l’économie des Etats-Unis; ses fondamentaux restent solides malgré tout.
3. La sphère financière et les institutions étatiques
Le marché joue un rôle essentiel en dirigeant les investissements vers les entreprises les plus performantes. Les banques doivent toutefois adopter des codes de déontologie à valeur normative; il s’agit d’une forme saine de régulation collective.
L’Etat est tenu de fournir des allocations décentes aux catégories les plus fragiles de la population pour leur permettre de vivre dignement. Des institutions étatiques traquent et sanctionnent les délits d’initiés, l’exploitation à des fins de spéculation personnelles d’informations confidentielles relatives à la stratégie des entreprises.
Les banques centrales indépendantes élaborent des analyses techniques objectives et les mettent en œuvre pour assurer le bon fonctionnement de l’économie. Lorsque la situation est problématique, elles empêchent l’effondrement au moyen d’une politique monétaire de baisse des taux qui facilite l’accès au crédit.
Selon moi, on prouve d’autant plus son attachement aux idéaux humanistes que l’on préconise une organisation sociale et une politique économique élevant le niveau de vie de l’ensemble de la population. Je considère qu’il est pertinent d’allier la démocratie véritable à une économie efficiente. Le modèle suisse fournit un exemple remarquable, la confédération helvétique est le pays du libéralisme national et social. L’organisation mondiale du commerce considère qu’elle a l’économie la plus compétitive au monde; de plus, l’Etat combat la pauvreté avec efficacité.
Laurent Puzeaux
Débats réservés aux Francs-maçons et Franc-maçonnes
Remarques concernant la conférence de M. François Meylan
1.- On parle de BHNS en France, seul pays adoptant cette formule qui fait rigoler l’Europe.
Car ces BHNS (que bien des associations d’utilisateurs des transports appellent les BBNS, Bus à Bas niveau de service car, il s’agit de bus classiques, sans musique douce, sans toilettes, sans moquette au sol, avec très peu de sièges, etc., etc…. Et concevoir une voie en site propre est faux car il faut 2 voies une pour bus montant, une pour bus descendant et sachant qu’un bus mesure 2.50, qu’il faut 0.50 de chaque côté de libre, cela fait 2.50 + 1.00 =) 3.50 x 2 = 7 mètres….. Va falloir les trouver les 7 mètres …….
2.- Le transport par câble; ici, on arrive au sommet du rêve, M Meylan a cité :
* Brest, Marseille, etc., etc., là il se mélange les pieds , car il s’agit là d’une Cabine traversant ces deux ports….. d’un point A à un point B et pas du tout d’un machin type tramway !
Continuons : il prétend que le câble a le même débit qu’une ligne de tramway : totalement mensonger ( les marchands de câbles sont de bon vendeurs …) , car une ligne de tram comme la 12 à Genève ou les lignes TR 1 ou 2 à LYON, emmènent 120.000 à 130.000 voyageurs / jour. Comment veux tu que des cabines de 10 places, passant chaque minute, emmènent 120.000 voyageurs jour de 7 h à 19 h en gros, il suffit que tu demandes à un mathématicien, il te dira tout!
Et l’entretien d’une ligne nécessite un arrêt de …. 3 semaines mini par an , (c’est le cas du télé du Salève, et de toutes les lignes de télécabines )
Les jours de grands vents …. on arrête tout : l’automne dernier, le télé de l’aiguille du Midi, s’arrêtait dans la journée à la suite de rafales.
Puis : on a entendu que la ligne serait à 10 ou 15 m de hauteur …. donc il faut des pylônes…. Comment on y accède ???? Les handicapés en fauteuil roulant, mères de familles avec voitures d’enfants ???? Par ascenseur ??? le prix d’un tel objet, tous les 300 m à chaque gare??
Les cabines, bien sur, fonctionnant comme un télé ski, circulent sans arrêt aux gares ….. l’handicapé en fauteuil , comment fait -il ?? ! ! !
On imagine la tête des citoyens à qui on installe dans leur jardin un pylône …. avec ses cabines passant devant sa salle à manger …..
Le câble est valable pour aller d’un point A à un point B, mais pas possible pour » jouer au tramway » avec des arrêts tous les 300 m ! Les gens qui font la promotion de ces trucs et qui appellent cela des » tramways aériens « , sont de doux rêveurs .
La preuve, en 2012 , ces mêmes marchands de câbles avaient une pub et un forcing pas possible – se rappeler les papiers dans la Tribune et dans la Suisse – , pour implanter un câble de la douane de Moillesulaz à la Gare d’Annemasse à la place de la ligne de tram prévue. Les Gens auraient été ravis de descendre du tram à Moillesulaz , …. pour grimper dans une cabine ….. Si 70 personnes……..attente d’une cabine et passant au ras des maisons.
Bien entendu cette suggestion a été accueillie plutôt fraîchement, on était là dans le ridicule. La direction de la Mobilité à Genève, (David Favre , secrétaire général et vieil ami ), était consternée de voir cette proposition farfelue !!
Cela rappelle les expériences de :
* le POMA 2000 à GRENOBLE, cabines tractées par câble; le bide, POMAGALSKI a réussi à vendre une ligne à LAON,(Aisne), qui voulait se débarrasser d’une ligne de tram : se sont fait avoir, le POMA s’arrête un jour par semaine pour entretien et problèmes techniques incessants, c’est le même système qu’on a voulu implanter à l’aéroport de ROISSY CHARLES DE GAULLE pour relier les aéroports; on a construit la ligne et des mois d’essais ont montrée que ça ne marcherait pas !! Bilan 100 millions partis en fumée + tout le tracé de la voie démoli ! ! !
* l’AEROTRAIN qui devait relier PARIS à LYON, un gouffre financier ( 500 millions…. ), la bout de ligne expérimental de 18 km, vers Orléans, a montré que c’était le délire. Qui a payé ? Les citoyens !!
* on peut en citer des dizaine de ce genre !
La solution que préconise ALP RAIL, est de relier LA PRAILLE (CEVA ) à COINTRIN , c’est possible, il y a une voie de raccordement existante mais oui !!), et de prolonger au delà vers THOIRY à travers champs, il y a de la place….. Mais qui va se lancer dans cette aventure ? La seule valable pour aller de la région de GEX DIVONNE vers ANNEMASSE en très peu de temps ( ce qu’a souligné le conférencier ).
Ce que l’on ne dit pas, c’est l’état médiocre de la voie entre ANNEMASSE / LA ROCHE SUR FORON et ANNECY, où les trains du CEVA en 2019 mettront 1 heure 25 pour aller d ‘Annecy à Cornavin ……….. comment empêcher les gens de prendre leurs voitures avec des temps pareil ?? Là silence : il faudrait améliorer la voie et la signalisation mais ……….. pas d’euros !!
Débats réservés aux Francs-maçons et Franc-maçonnes
Je me permets de vous rappeler le cinquième principe de l’Alpina :
« Le Franc-Maçon suisse est fidèlement et entièrement dévoué à sa patrie. Il reconnaît comme un devoir sacré de défendre les libertés et l’indépendance de son pays ainsi que de contribuer à maintenir la paix intérieure. Fidèle à la Tradition de l’Ordre, il s’emploie à faire respecter les droits de l’homme. Chaque Maçon, en tant que citoyen, est moralement tenu, pour affirmer ses principes maçonniques, de s’intéresser aux affaires publiques. Il agit, selon ses convictions, pour le bien de la patrie. » Nanti de deux nationalités, je vais vous parler de CETTE NOUVELLE TUNISIE, SA SITUATION ACTUELLE, COMMENT SE PRESENTE-T-ELLE ? Les journaux ont donné beaucoup de détails sur les évènements en Tunisie et actuellement au moyen Orient sous le titre « De Printemps Arabe ». M’éloignant des évènements du quotidien, je tiens à vous rappeler que les opposants ayant vécu 10 à 20 ans d’exil en pays démocratiques sont de retour, leurs concepts se sont modifiés, dans un sens de pluralité, l’exil a fait mûrir les esprits, et toutes ces personnalités de différentes obédiences idéologiques se connaissent. Ils sont revenus au pays avec une première détermination, ne pas se faire confisquer cette liberté acquise par le sang du peuple dépossédé de son pays. Le soulèvement, remontant du Sud tunisien, fut attaqué et aggravé par une milice sniper engagé par Ben Ali escorté de voyous soudoyés, libérés des prisons pour accomplir des pillages. Vu l’antériorité de certains soulèvements écrasés par les armes, tous les Tunisiens étaient conscients d’un état de fait qui se déclenchera à une date imprévisible. Plusieurs pays, sans les nommer, n’ont pu saisir le présent qui leur a échappé. Ils soutenaient à juste titre les dictatures, muraille protectrice contre un flux migratoire et le fanatisme religieux islamique, au détriment des Droits de l’Homme. Sans saisir la rapidité du temps, ils ont été confrontés aux contradictions de leurs stratégies. Ils concevaient la recherche d’une stabilité par l’oppression sous couvert d’un semblant démocratique. Cette logique politique à leurs yeux est compatible, car la stabilité du pays sous-développé passe par un totalitarisme emmiellé. Du moins, tolèrent-ils un sens d’ouverture qui leur soit profitable, autrement dit, l’aménagement des régimes et non le changement de régime ? Ils objectent toute liberté par peur qu’elle entraîne un bouleversement politique désavantageux à leur égard. Pire encore, ces puissances, ayant semé des dictatures dans le monde entier, prétendent enseigner ce qu’est la démocratie. En Suisse comme dans le reste des pays d’Europe, la liberté et la démocratie font partie du lot quotidien. Leur valeur m’a fait ressentir une émotion bien différente à celle que je possède, ici par accoutumance. Bien que je retourne régulièrement sur le sol natal, en remet-tant mes pieds au mois de janvier, j’ai perçu comme une nouvelle renaissance qui jaillissait de mon cœur. Cette nouvelle Tunisie est, depuis quelques semaines, en pleine lumière, sous le regard étonné et parfois admiratif du monde des médias. Tous les projecteurs sont braqués sur elle, l’information, dans sa rapidité, voire dans son instantanéité, s’est débâillonnée des censures et de la langue de bois. Le mur de la peur n’est plus le rempart infranchissable, il a été bravé puis abattu. Il y a eu une révolte avant tout pour le respect, la dignité de l’individu, le désir d’être entendu, d’être traité correctement. Une poussé, un mouvement ultime séculaire a abattu « LE DICTATEUR ». Loin des militants du moment qui ont pour souci primordial leurs idéaux, la jeunesse a com-pris qu’elle devra se croiser, sans se combattre. L’étau, je le souhaite, sera certainement desserré. Tout retour à un régime autoritaire, quel qu’il soit, ne sera plus acceptable. Les Tunisiens dans leurs diversités et individualisme ne le permettront plus. Ils veulent aller plus loin, abattre les enceintes privilégiées, faire table rase de ses structures avilissantes, éloigner ceux et celles qui ont accepté cette dictature, écarter les Cassandre. Le geste de Bouazizi a donné le départ de la première révolution civique et civilisée de l’histoire humaine. Il n’avait pas brandi une arme contre ses ennemis, il ne s’est pas fait exploser au milieu d’une foule de gens pour les emmener dans l’au-delà avec lui. Non, rien de tout cela ! Il s’est juste contenté de mettre fin à sa vie en s’immolant par le feu le 17 décembre 2010. Il restera à jamais le symbole d’une Révolution tunisienne éclairée, courageuse, historique et inédite. La révolution de tout un peuple stupéfiant tous les pays qui ne s’attendaient guère à un tel éveil et encore moins dans un pays hautement pacifiste. Une révolution sans commune mesure avec les précédents mouvements sociaux contestataires. Il a soudé et solidarisé le peuple par une force inexistante auparavant. Tout en restant téméraire, ce peuple est resté pondéré. Il a donné une image de souplesse, d’adaptation et de sagesse qui poussent au dépassement. Toutefois, non loin de ce comportement, il faut mal-heureusement déplorer quelques règlements de comptes inévitables. Il est certain qu’un nouvel ordre social, intellectuel, moral, esthétique émergera et transcrira les premières nouvelles pages de sa révolution. Une dictature qui se croyait et que l’on croyait solidement installée a été abattue en moins d’un mois. Ce qui vient de s’accomplir sous nos yeux a été réalisé à mains nues, c’est ce que l’on a appelé « LA RÉVOLUTION DU JASMIN » qui n’en est pas une et je lui préfère « LA RÉVOLUTION CITOYENNE » basée sur la recherche de la dignité, de la justice et de la liberté. Une partie dé-terminée de la jeunesse s’est soulevée spontanément, sans être encadrée par un chef, ni une organisation ou un parti. Elle a payé sa victoire par le sang, au prix à ce jour de 175 morts et deux fois plus de blessés atteints par balles tirées par les milices du Président déchu incarnant un régime liberticide et corrompu. Je vous rends attentif mes FF, l’événement que l’on a eu sous les yeux est une révolution, une vraie, pour ne pas dire un soulèvement. Même s’il y a eu, ici et là du feu et du sang, c’est une révolution pacifique, peu violente en comparaison aux révolutions classiques (repensons au sanguinaire Kadhafi et d’autres). Une révolution de la société civile et non de révolutionnaires enflammés, sans le moindre agenda politique radical. C’est un mélange d’idéalisme et de nationalisme, une affirmation du sens de la communauté et de la fraternité. Depuis le 14 janvier, ceux, qui se sont soulevés à partir du 17 décembre 2010 partant de Sidi Bouzide, savent que leur mission n’est pas terminée. À son sujet, les paroles de tout homme politique trouveront des échos démesurés dans le monde démagogique, avec diverses interprétations. Comme j’espère que les lynchages médiatiques mal intentionnés, frôlant l’indécence, ne soient pas un genre de vérité populiste. On parle facilement d’invasion d’émigrés et du religieux, un lai motif savamment manipulé et inculqué par les dictateurs puis repris par des partis aux yeux éteints voulant revenir à l’âge de pierre. La liberté d’expression qui n’a jamais existé depuis, plus de 130 ans, soit du 12 mai 1881 avec la signature du traité du Bardo au 14 janvier 2011 avec la fuite de Ben Ali, en réalité, elle n’a jamais était connu, et ce qu’elle veut dire exactement. Cinq à six générations successives ont subi depuis la colonisation jusqu’à ce jour l’oppression politique, l’exploitation économique et la misère sociale. Après tout cela, les Tunisiennes et Tunisiens s’en donnent à cœur joie, afin de s’assurer que tout cela n’est pas un trou dans l’eau. À charge pour nous, de ne pas se vanter d’avoir inventé l’eau chaude et pour eux de maintenir le cap, de ne pas se méprendre, de ne pas défoncer des portes ouvertes. Un nouvel ordre politique, une nouvelle constitution, une nouvelle déclaration des droits et des libertés feront avancer les choses. Après un colonialisme dénigrant et une dictature discréditant la personne humaine, le peuple vit sa deuxième indépendance. Elle ne doit pas devenir le prétexte à tous les « forcings », à tous les dépassements, à tous les abus, tout en gardant le sens des proportions sans les perdre, ni cédé aux illusions d’optiques, ni se tromper sur les rapports de force. Sa nouvelle liberté doit être l’écho d’une nation démocratique reconnue selon ses critères et ses valeurs culturelles. Il faut aider et préserver ce peuple des égarements et de se retenir de répondre à chaque aléa, sinon un risque court et transformera cette révolution en un événement cruel. Comme vous l’eussiez constaté, le citoyen spectateur des situations antérieures a cédé sa place au citoyen acteur et s’est insurgé face aux obscénités révoltantes d’un dirigeant mégalomane. Les révolutions ont toujours un côté sombre, l’esprit actuel du peuple est de voir clair en l’aidant à y voir plus clair. Le pouvoir souhaité doit être légitimé dans sa cohésion, dans son partage sans avantager ni une région ni une famille. Une mise en place des commissions de surveillance, d’un contre-pouvoir ont pris leurs as-sises. Les mains qui mettront les bulletins dans les urnes seront accompagnées du cœur, de la mémoire et de l’histoire. Il se dégagera alors un consensus s’ordonnant dans le cadre d’un État séculier démocratique, avec un islam tolérant moderne tel qu’il le fut du VIII au XVII siècle, je l’espère. Sous nos yeux, cette première ébauche d’une démocratie naissante, non importée, dans le monde tunisien n’est plus un rêve. Il devient un rêve arabe qui se réalise et bouleversera les données géopolitiques méditerranéennes assez lentement malheureuse-ment. Il faut digérer tout cela. Je désire terminer par ce qui suit, pour nous FM, de quelles manières entrevoir le volet humanitaire vis-à-vis de ces crises, le chômage, le mal-être des jeunes et sa démesure, le manque de sécurité, la lente progression du racisme, le discrédit généralisé du personnel politique (honnêteté, confiance et responsabilité) le libéralisme abattu par son arrogance. Premièrement présageons nos réflexions, à tous ces problèmes (le droit à la souveraineté, le droit d’ingérence et sa Loi sur les droits pour la protection des personnes mises en danger, les méfaits politiques et les perturbations naturelles). – Secundo, modernisons les vieilles démocraties tronquées et faisons face aux aspirations naissantes des nouvelles revendications de libertés politiques de pensées et d’expressions. Puisqu’il semble qu’aucune solution n’ait été proposée à ce jour, une place merveilleuse nous est offerte sans la laisser tomber entre des mains d’opiniâtres énergumènes. Nos esprits non embourbés dans un ego passionnel, nous permettrons de relever le défi, de régénérer une démocratie plus réelle, en propageant nos points de vue calqués sur nos principes et les confronter aux meilleurs pour une décence des attitudes, des mœurs, de l’agrément honnête de l’esprit attirant le respect de tout le monde.
Abdelhac BEGDI
Débats réservés aux Francs-maçons et Franc-maçonnes
Ancien élève de l’Institut d’études politiques de Paris, Diplômé de l’Institut des Hautes études internationales, Diplômé d’Études Supérieures de Droit Public, Licencié ès Lettres
sur le thème
L’Afrique à l’heure de la mondialisation
Ancien membre de cabinets ministériels, puis directeur de cabinet de Pierre Bas, député-maire du 6e arrondissement de Paris, Didier Doucet a été adjoint du directeur de cabinet de Commissaire Général du Plan, Chargé de mission au ministère des Affaires étrangères. Conseiller au Haut Conseil de la Coopération Internationale, membre de la section des relations extérieures du Conseil Économique et Social, « Conseiller spécial » de Jean-Michel Quillardet, Grand Maître du Grand Orient de France. Professeur à l’institut d’Etudes Européennes et Expert auprès de l’ONU, il est aussi président du Cercle Valeurs et Humanisme. Didier Doucet est l’auteur du livre d’économie et de géo-statégie, « l’élargissement de l’Europe : un risque pour le Sud? » (Éditions l’Harmattan – 2001) et du Best seller » 3 points, c’est tout » (Editions du Valleroy – 2011)
Débats réservés aux Francs-maçons et Franc-maçonnes
Dr en sciences de l’éducation, Université Paris X – Maître d’enseignement et de recherche à l’Institut universitaire de formation des enseignants (IUFE) et à la Section des sciences de l’éducation du l’Université de Genève
sur le thème
Identité de genre
Débats réservés aux Francs-maçons et Franc-maçonnes
Soyez les bienvenu(e)s.
Documents:
1.- Un concept en voie d’incorporation dans l’ordre juridique
Identité de genre: un concept d’une actualité brûlante,qui permet seul de comprendre les véritables fondements et dangers de l’ouverture du mariage aux homosexuels
Le 31 octobre 2012, le Premier ministre, M. Ayrault, a adopté officiellement un « Programme d’actions gouvernemental contre les violences et les discriminations commises à raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre». Ce programme figure sous le timbre « Premier ministre» sur le site internet du gouvernement. La presse n’en a quasiment rien dit, alors que ce programme signifie l’investissement par ce concept de tous les domaines de la vie sociale et son irruption juridique dans la loi française! D’où cette affirmation de Mme Taubira, Garde des Sceaux, à propos du mariage homosexuel : « C’est une réforme de société, et on peut même dire une réforme de civilisation. Nous n’avons pas l’intention de faire comme si nous ne retouchions que trois ou quatre virgules dans le Code Civil »
Que dit ce programme ?
1. Tout d’abord que l’identité de genre est officiellement désormais un axe prioritaire d’action gouvernemental, et qu’il vient se rajouter à la lutte contre « l’homophobie », et la couronner (en réalité il l’inspire). Tous les domaines sont concernés. Par exemple, les inspecteurs du travail l’incorporeront à leurs évaluations, et il sera au cœur de la Charte de l’égalité dans la fonction publique, qui va être révisée en conséquence (p. 11). Les partenaires sociaux l’incorporeront par avenants aux accords sociaux et la question sera directement à l’ordre du jour de la grande conférence sociale de 2013 (ibid). Un module obligatoire sera ajouté à la formation des infirmiers et des médecins, les maisons de retraite devront également s’adapter. Ces modules traiteront au même titre de l’homophobie, de la lesbophobie, de la transphobie (p. 12).
2. Les institutions représentatives des familles seront recomposées pour accueillir des représentants des familles monoparentales en tant que telles. Les transsexuels bénéficieront d’une modification simplifiée de l’état civil, et il ne pourra plus leur être imposé auparavant une opération: ils pourrons faire un choix subjectif d’état civil et le faire acter ! Un homme pourra donc se dire femme et faire acter cette décision par l’état civil, sans même avoir à prouver un changement matériel de sexe par un biais chirurgical. La commission consultative des droits de l’homme va d’ailleurs être saisie pour mettre la chose au point. Ces « personnes trans» (c’est le terme retenu par le texte lui-même) bénéficieront de manière simplifiée d’un n° de sécurité sociale provisoire en attendant l’officialisation de leur nouvelle condition.
3. L’identité de genre sera enseignée « de manière adaptée» dès l’école, la circulaire du 17 février 2003 devant être revue en conséquence et à cette fin. Les enseignants auront un module à leur programme de formation initiale, et une ligne d’écoute téléphonique assurée par les associations de lutte contre l’homophobie sera promue largement en milieu scolaire. Un guide pratique sera diffusé dans les universités dès la rentrée 2013. Les fédérations sportives seront mobilisées, de même que les colonies de vacances et autres structures d’accueil pour les jeunes.
4. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel sera chargé d’élaborer avec les radios et télévisions les lignes directrices de l’action contre les « préjugés homophobes ». Et enfin le ministère de la culture sera chargé de « valoriser l’histoire du mouvement LGBT (Lesbien-homo-bi-transsexuel). » (p. 10).
5. Plus important encore sur le plan juridique: la France va faire inclure (p. 14) le concept dans le protocole na 12 de la Convention européenne des droits de l’homme, qui s’imposera y compris face à la loi et à la constitution françaises (conséquence du traité de Lisbonne pour ce qui concerne la constitution’]. Et le droit d’asile sera modifié également en conséquence, les associations LGBT étant chargées de former les personnels de l’office en charge de l’étude des dossiers! (p. 15).
6. Militante à l’ONU dans ce sens, ainsi qu’au Conseil de l’Europe, la France, enfin, organisera dès le début 2013 une grande conférence internationale régionale, et ses ambassades soutiendront les ONG associées dans tous les pays dans leur action en faveur de l’identité de genre (p. 13).
Il est donc clair au vu de ce qui précède que l’incorporation du concept à l’ordre juridique est en cours.
Bien comprendre ce qu’est l’identité de genre
Deux erreurs à éviter
Tout d’abord, il y a deux erreurs à ne pas commettre: confondre l’homophobie avec le « refus du genre », et confondre le « féminisme paritaire» avec le « féminisme du genre ».
L’homophobie, dans son acception habituelle, c’est le refus de respecter la dignité des personnes et leur opposer des discriminations injustes à raison de leur pratique, de leur « orientation sexuelle ». En tant que partie du concept du genre, l’homophobie est bien davantage: elle existe dès que l’on établit une différence entre les sexes! Il ne s’agit plus du tout d’exiger un respect d’une différence, il s’agit de poursuivre toute personne exposant qu’il existe une différence. Elisabeth Badinter, qui promeut l’idéologie depuis les années 1980 l’indique clairement dans un livre paru en 1992 : « L’homosexualité est une étape vers l’hétérosexualité », celle du choix subjectif du sexe auquel on désire appartenir. Du coup, les couples qui se bornent à s’affirmer biologiquement hétérosexuels sont « homophobes » (d. « XY, de l’Identité masculine », p. 233-234).
De même, alors que le « féminisme» dit « paritaire» cherche à assurer l’égalité des droits entre les hommes et les femmes, lorsque rien ne justifie un traitement inégalitaire, le féminisme « radical» du genre vise à nier toute spécificité de la femme, et remet même en cause la terminologie « femme» et « homme ». quitte à priver les femmes d’avantages dont elles disposaient jusqu’ici à raison de leurs particularités. Deux exemples récents frappants peuvent être donnés à cet égard:
A) Jusqu’en 2004, les femmes ayant porté trois enfants ou plus et ayant exercé leur métier au moins 15 ans pouvaient prendre leur retraite de manière anticipée, avec des droits proportionnels, et 1 Lire absolument sur cette question: Patrice ANDRE, « Mini-traité Européen: la Constitution par la force », éd. François-Xavier de Guibert, préface de Jean Foyer, ancien Garde des Sceaux. jouissance immédiate, sans attendre l’âge légal (60 ans à l’époque, 62 ans aujourd’hui). Au nom de l’identité de genre, la Cour de justice des Communautés européennes a déclaré cet avantage non conforme au droit, en tant qu’il était réservé aux femmes, comme si la femme qui a porté trois enfants était dans la même situation que le père, lequel pouvait d’ailleurs avoir été différent pour chacun des trois! Du coup, l’avantage a été supprimé pour les femmes comme pour les hommes …
B) A partir de janvier 2013, les assurances ne pourront plus faire bénéficier les femmes de primes d’assurances réduites par rapport à celles des hommes, alors que leur « accidentologie» étant sensiblement plus faible, elles bénéficiaient jusqu’ici de cet avantage. Pour la même raison : peu importe les différences concrètes, seule compte l’indifférenciation absolue, quoi qu’il en coûte aux femmes.
La logique est bien exprimée par une militante du «genre», Christina Hoff Sommers, dans son ouvrage « Who Stole feminism ?», Simon & Shuster, New York, 1994, p. 257 : «Nous pensons qu’aucune femme ne devrait avoir à faire le choix de rester au foyer. On ne devrait autoriser aucune femme à rester à la maison pour s’occuper de ses enfants. La société doit être totalement différente. Les femmes ne doivent pas avoir cette option, car si cette option existe, trop de femmes la choisiront ».
Quelle définition de l’identité de genre?
L’identité de genre est promue depuis les années soixante, aux Etats Unis comme en France, mais elle était jusqu’ici beaucoup mieux implantée outre-Atlantique qu’en Europe. Son irruption visible dans les institutions internationales date de la Conférence de Pékin, en 1995, consacrée à la femme, et dont les déléguées présentes ont tout fait pour la transformer en conférence sur le genre. Une résolution officielle officialisant le concept a été adoptée en juin 2011 au Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Une déclaration de même sens a été signée la même année par 85 Etats (le Premier ministre s’y réfère dans son programme d’actions, p. 13).
Selon ce concept, le sexe biologique doit être séparé radicalement du sexe choisi, le genre. Ce sexe biologique ne doit avoir aucune incidence dans la vie sociale, seul compte le choix libre et subjectif de son sexe par chacun. Il n’y a plus deux sexes, quoiqu’en dise la nature, mais … cinq, indiqués par Rebecca Cook, rédactrice officielle du rapport de l’ONU pour la conférence de Pékin: « les femmes hétérosexuelles, les femmes homosexuelles, les hommes hétérosexuels, les hommes homosexuels, et les bisexuels ».
A Pékin, la «commission internationale» LGBT a lancé l’appel suivant : «Les Etats doivent reconnaître pour toute femme le droit à déterminer sa propre identité sexuelle, le droit à contrôler son corps, tout particulièrement au moment d’établir des relations d’intimité, et le droit de choisir, selon les cas, quand et avec qui engendrer et élever des enfants. If s’agit de droit fondamentaux pour toute femme, sans distinction d’orientation sexuelle» (cité par Oscar Revoredo, « Lexique des termes de la famille », 2005, Téqui, p. 571).
Une autre militante indique: « Notre but est d’en finir avec la division sexuelle du travail, dans lequel la femme est mère» (Nancy Chodorow, The reproduction of mothering, Berkeley, 1978 p. 215). L’homme et la femme doivent donc être à égalité pour la procréation, d’où les pressions en faveur de la PMA, et des mères porteuses. «La suppression de la famille biologique fera aussi disparaître l’obligation de procéder à la répression sexuelle. L’homosexualité masculine, le lesbianisme, et les relations sexuelles extra-matrimoniales ne doivent plus être considérées de manière libérale comme des options alternatives, hors du pouvoir de réglementation de l’Etat. Au lieu de cela, même les catégories d’homosexualité et d’hétérosexualité seront abandonnées : l’institution même des « relations sexuelles» où l’homme et la femme exercent un rôle bien déterminé, disparaitra. L’Humanité pourra enfin revenir à sa sexualité perverse polymorphe» (Alison Jagger, Political philosophies of Women’s liberation, Feminism and philosophy, Adams & Co, New Jersey, 1977 p. 13). Le mot « perverse» est ici pris dans le sens de « retournée par rapport à la normalité ». Cette proclamation illustre bien l’ampleur de la révolution poursuivie.
Le Wiktionnaire donne enfin aujourd’hui sur le net cette définition: «L’identité de genre est le sentiment profond d’appartenance à une identité féminine, masculine ou autre, indépendamment des caractéristiques bioloqiques (notamment les productions hormonales et les organes sexuels) et de l’orientation sexuelle. Les personnes transgenre souffrent d’une discordance entre l’identité de genre qui leur a été assignée (perception sociétale liée à leur corps) et l’identité de genre qu’elles ressentent». Il faut bien remarquer la triple discordance entre sexe biologique, sentiment intime d’appartenance à un genre et orientation sexuelle: aussi incroyable que cela puisse paraître, cela veut dire qu’un homme (biologique) qui se dit de « genre femme» (subjectivement) mais qui va avec un homme, aura selon le cas soit des relations homosexuelles avec cet homme (si ce dernier a adopté le genre femme lui aussi, car on a alors deux genres femmes indépendamment du sexe biologique constaté) soit hétérosexuelles (si cet homme a adopté le genre homme, faisant coïncider alors le biologique et le subjectif)! C’est logique, puisque « le genre est un produit de la culture et de la pensée humaine, une construction sociale qui crée la véritable ‘nature’ de chaque individu» (Lucy Gilber, « Les dangers du féminisme, différences de genre, sociologie de la biologie », p. 14).
Terminons avec cette citation d’un militant, Dominique Rolin, parue dans le Figaro du 18 mars 1994 : « Le top dans la rivalité qui oppose les deux sexes serait que la femme se fasse greffer un sexe masculin – tout en conservant le sien, pour s’autoféconder et devenir ainsi le père et la mère de ses enfants». A rapprocher également de ce cas survenu aux Etats-Unis d’une grand-mère se faisant implanter des ovules fécondés par le sperme de son gendre pour que sa fille puisse avoir des enfants … (cité par Christine Boutin, dans « Une Ethique sans citoyens », Ed Universitaires, p. 18).
Les militants de la théorie sont conscients que ces « étrangetés» (!) peuvent être mal ressenties, au moins en un premier temps, par des personnes dotées d’un bon sens simplement élémentaire. Mais il ne faut pas se leurrer: le système est en marche, et il avance, aussi incroyable que cela paraisse. Le mariage homosexuel, y compris avec PMA, s’inscrit exactement dans ce cadre, et ce qui est recherché c’est bien l’abandon par l’Etat, à travers celui du mariage fondé sur l’altérité des sexes en vue de la procréation, de toute différenciation entre les sexes! Car, pour ce qui concerne l’égalité totale des droits entre personnes, à supposer cette égalité légitime, rien n’oblige à recourir au mariage ! Un pacs amendé suffirait ! C’est donc bien d’une reconnaissance philosophique et ontologique qu’il s’agit.
Par ailleurs, l’idée des fondamentalistes du «genre» (car il s’agit bien d’une sorte d’intégrisme idéologique culturel, au véritable sens du terme) est justement de « déconstruire » complètement l’éducation, de manière à ce que les repères disparaissent pour les enfants. Et il est clair que c’est cette démarche qui est suivie dans tous les médias et, de plus en plus, à l’école » et ailleurs. En outre, dans chaque homme, la volonté utopique et prométhéenne de se défaire totalement de la nature est toujours présente. Il existe donc un véritable terrain pour l’identité de genre, à présent que les repères familiaux et naturels les plus élémentaires ont volé en éclats. 2 Le ministre des droits de la femme et porte-parole du gouvernement, Mme Belgacem, vient d’annoncer la mise en place en maternelle de séances instituées « ABCD de l’égalité», destinées à « déconstruire les stéréotypes» qui « enferment chaque sexe dans des rôles préexistants» (FC, 14 décembre 2012, p. 17).
Il est bon de signaler à ce propos la demande de deux députés de l’UMP, Virginie Duby-Muller et Xavier Breton, qui viennent de proposer la réunion d’une commission d’enquête sur la manière dont l’idéologie du genre a été imposée en France (Le Canard Enchainé du 12 décembre 2012). A noter toutefois que la première nommée apparaît en réalité quasiment acquise aux slogans à la mode contre l’homophobie (cf. son «intervention» plus que complaisante lors de l’audition de Mme Belgacem à l’Assemblée Nationale, le 28 novembre dernier, devant la commission des affaires culturelles) … Xavier Breton semble quant à lui conscient des enjeux.
Les arguments à opposer
La première chose à faire est de donner à connaître ce fondamentalisme. C’est l’objet du présent document.
Par ailleurs, il est un argument, important, d’ordre philosophique, qu’il faut bien avoir présent à l’esprit: il consiste à mettre en évidence que le rejet de toute référence naturelle et scientifique conduisent nécessairement à un totalitarisme monstrueux, d’où le terme de «fondamentalisme culturel ». En effet un groupe de lobbying puissant peut imposer ainsi sa vision purement arbitraire et subjective du monde à l’ensemble de la société, par la force s’il le faut, selon un processus qui ne se différencie nullement par sa nature des agissements des totalitarismes du siècle dernier. En effet, si toute référence naturelle et objective est exclue, qu’est-ce qui autorise à faire prévaloir une vision culturelle sur une autre, sinon la force?
Un autre argument peut être avancé, qui concerne les enfants. Le Défenseur des droits, institution officielle présidée par l’ancien maire de Toulouse, Dominique Baudis, vient de s’élever contre l’oubli des intérêts de l’enfant dans l’affaire du mariage homosexuel (AFP, 13 décembre 2012, 16H07). Au- delà, toute action de propagande vers les plus jeunes relève d’une volonté inacceptable d’imposer à ces derniers une vision arbitraire d’adulte » rejetant une nature par ailleurs évidente. Mais, surtout, elle illustre une contradiction fondamentale: car un enfant ne peut se laisser (prétendument) abuser par sa sexualité biologique, en raison d’un prétendu conditionnement éducatif et social lui imposant une vision de lui-même en accord avec cette donnée naturelle, que si ce sexe biologique est vraiment déterminant. S’il ne l’est pas, une prise de conscience à l’âge adulte interviendra nécessairement, quand la personne accèdera à une libre réflexion et à une démarche personnelle. S’en prendre aux enfants et adolescents, c’est avouer que si on laisse faire la nature, elle ne se trompe pas, sauf exception, sur son genre! Et que l’on vise en fait à empêcher la nature de s’exprimer en la bridant et en pervertissant les mécanismes humains de prise de conscience.
Enfin, argument décisif: si on écarte tout critère de filiation ou de procréation naturelle au profit d’un libre choix de genre et de sexualité, on promeut nécessairement la polygamie et l’inceste, en attendant la pédophilie. En effet, qu’est-ce qui peut s’opposer à des relations à plusieurs ou incestueuses si les prétendus obstacles naturels ne sont que des aliénations et des tromperies d’une société écrasante et artificielle?! Voilà donc où mène la théorie du genre!
3 Il faut saluer ici l’intervention d’un jugement important du tribunal administratif de Paris. Par ce jugement, du 26 novembre 2012, le tribunal a annulé l’agrément conféré à l’association « SOS Homophobie » (qui occupe une place de choix dans le programme d’actions gouvernementales du 31 octobre 2012) pour intervenir dans les établissements d’enseignement, au motif que les modules proposés par cette association étaient contraires tant à la liberté de conscience des élèves qu’au principe de neutralité de l’enseignement public (TA de Paris, n° 12-11193/6).
2.- La fécondité intérieure : Est mâle ou femelle celui qui se souvient de l’autre côté de lui-même
Entretien avec Annick de Souzenelle, propos recueillis par Nathalie Calmé
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